Publicité

Fin du commerce des poids lourds à énergie fossile en 2040 : "c'est un défi énorme"

Par
Défilé de camions sur la RCEA (route Centre-Europe Atlantique) dans l'Allier en juin 2019.
Défilé de camions sur la RCEA (route Centre-Europe Atlantique) dans l'Allier en juin 2019.
© Radio France - Emmanuel Moreau

Les députés ont voté en première lecture un amendement à la loi climat et résilience pour interdire le commerce de poids lourds et autocars à énergie fossile en 2040. Un défi considérable pour la filière constructeur, qui ne dispose pas encore, selon un expert, de technologies suffisamment avancées pour se réinventer.

En France, le parc poids lourds compte plus de 600.000 véhicules, tous diesel, d'une longévité d'une dizaine d'années environ. Un amendement à la loi climat et résilience a été voté en première lecture par les députés pour interdire le commerce de poids-lourds et autocars à énergie fossile en 2040. Ces véhicules pourront continuer à rouler après 2040, mais la filière constructeur va devoir se réinventer pour adapter son offre d'ici là. Le gouvernement espère par cette mesure arriver à une neutralité carbone en 2050. 

2 min

La technologie avance trop lentement

Le défi est "énorme", pour Jean-Jacques Chanaron, chercheur au CNRS et spécialiste de l’industrie automobile. La limite, fixée à un horizon de moins de 20 ans, ne lui semble pas réaliste au vu de la vitesse d’évolution des technologies, électriques notamment. "On a commencé la recherche sur la voiture électrique après le choc pétrolier de 1973, explique le chercheur. Ça fait près de 50 ans ! Même si beaucoup de progrès ont été faits, ce n’est pas encore la panacée."

Publicité

Les poids-lourds, qui eux peuvent rouler à l’hydrogène, ne bénéficient pas d’une technologie plus simple à étendre. "Un camion peut aujourd’hui parcourir des centaines de kilomètres sans faire le plein de carburant, détaille Jean-Jacques Charanon. S’arrêter pour faire le plein d’hydrogène, c’est très compliqué__. Peu d’entreprises savent le faire."

Des constructeurs déjà en difficultés

Pour arriver à renouveler entièrement une gamme, les constructeurs vont devoir investir dans la recherche et le développement. Difficile, pour Jean-Jacques Charanon, lorsque les dettes s’accumulent déjà : "Je pense à Renault par exemple !"

Pour le chercheur, cette interdiction ne peut se faire sans aides, ni harmonisation au niveau européen. "Les constructeurs auront besoin que les autres pays fassent la même chose, et tous n’en sont pas encore capables." Une mesure incitative plutôt qu'une interdiction aurait été, selon lui, plus adéquate.