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Français, ils ont mis au point un échographe ultra précis et sont finalistes du Prix de l'inventeur européen

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Explorer, l'échographe nouvelle génération, qui utilise des ondes de cisaillement
Explorer, l'échographe nouvelle génération, qui utilise des ondes de cisaillement
- capture d'écran Européen patent office

Une révolution dans le domaine de l'imagerie médicale. Mathias Fink et Mickael Tanter, deux physiciens français, sont choisis parmi les finalistes du Prix de l'inventeur européen, une nouvelle preuve de l'excellence française dans ce domaine.

Le Prix de l'inventeur européen a choisi, parmi ses finalistes, deux chercheurs qui travaillent à la frontière entre physique et sciences médicales. Grands spécialistes des ondes et des images, Mathias Fink et Mickael Tanter ont mis au point un échographe de haut vol qui repose sur l'émission d'ultrasons à haute cadence_._ Il permet des diagnostics extrêmement précis de l'état des tissus à l'intérieur de notre corps et évite les biopsies. Tous les appareils nouvelle génération intègrent désormais cette technologie. 

Comment ont-ils mis au point leur découverte ? 

C'est parce qu'il cherchait des trésors archéologiques sous la mer, que Mathias Fink le physicien a fabriqué un premier sonar, une machine qu'il a ensuite essayée sur le corps humain. Nous sommes en 1975. C'est le début des échographes développés par Philipps et General Electric. Il est de la partie. Il se passionne pour les ondes et les images et découvre la réversibilité des ondes acoustiques et le retournement temporel. Une technique à la base de l'échographe à ultrasons rapides, distinguée aujourd'hui, raconte Mathias Fink, professeur à l'ESPCI Paris Tech. "Avec cette technique, on a fabriqué le premier échographe qui voit à 10 000 fois par seconde l'intérieur du corps, et en faisant cela, on pouvait faire des cartes de la rigidité du corps humain tous les millimètres. C'est un paramètre important pour diagnostiquer des pathologies. Un médecin qui fait de la palpation, il cherche à voir s'il y a des endroits trop rigides dans le corps, il comprend que ce n'est pas normal mais il ne peut pas faire d'image. Ici, c'est comme si on avait 1 million de médecins qui font de la palpation."

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Pour quelles maladies utilise-t-on cet échographe révolutionnaire ?

Au début, c'est pour détecter les cancers du sein que l'appareil a été développé. En fournissant au médecin une image de l'organe et de son élasticité, il conduit à éviter certaines biopsies. "Un acte douloureux et parfois inutile" ajoute Mickael Tanter, directeur de recherche à l'INSERM et cofondateur de la start-up Supersonic Imagine. "On se rend compte que 90% des biopsies sont négatives donc auraient pu être évitées si on avait eu une bonne qualité d'imagerie. En cartographiant cette rigidité du sein, on est capable d'améliorer énormément le diagnostic de l'échographie et ça nous permet aujourd'hui de diminuer les biopsies par 2."

Depuis, d'autres applications se sont ajoutées : détection des cancers du foie, de la tyroïde, des maladies artérielles et même le suivi musculaire chez les sportifs.

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Un outil puissant mais qui n'est plus français

Cette success story s'est heurté à une grande faiblesse française : on n'investit pas assez dans notre savoir-faire, nos start-up. Après avoir produit 3 000 machines, Supersonic Imagine a été rachetée par une entreprise américaine. Pour grandir, il faut lever des fonds et en France, banques et investisseurs sont frileux. Les brevets ont été revendus à Philipps et General Electric.