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François Gabart pourra-t-il prendre le départ de la Route du Rhum avec son bateau ?

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Le nouveau trimaran volant de François Gabart a déjà dépassé les 47 noeuds en pointe de vitesse, soit près de 90 km/h
Le nouveau trimaran volant de François Gabart a déjà dépassé les 47 noeuds en pointe de vitesse, soit près de 90 km/h
© Radio France - Jérôme Val

La justice doit trancher l’imbroglio autour du trimaran géant de François Gabart, déclaré non conforme par les autres skippers et les armateurs de la Classe Ultim. François Gabart et son sponsor contestent cette position.

Eux le déclarent non conforme, lui assure que tout est en règle. Le nouveau trimaran SVR-Lazartigue de François Gabart est au cœur d'un litige concernant un problème de conformité, selon le règlement de la Classe Utlim, dans laquelle il concourt. Le bateau ne serait pas conforme aux règles de sécurité, ce qui empêcherait le marin de prendre le départ de la Route du Rhum en novembre prochain. Mais François Gabart et son sponsor contestent cette position. C'est maintenant à la justice de trancher.

Délai dépassé

Un seul point technique sera au cœur des débats. Et c’est sur une question de date que va se jouer ce procès inédit. Lors d’une réunion le 16 février dernier entre tous les acteurs de la Class ultim 32/23, celle qui définit les règles de ces trimarans géants de 32 mètres de long et 23 de large, un protocole d’accord est signé. Dans ce contrat, il est demandé à la fédération internationale de voile (World Sailing) de se prononcer dans ce litige avant le 4 mars. Passé ce délai, le bateau de François Gabart serait autorisé à prendre le départ de la Route du Rhum.

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Or sa décision est tombée le 7 mars, 3 jours trop tard, pour Guillaume Vitrich, l’avocat de François Gabart et de son sponsor. "Mécaniquement, la classe est contrainte de nous accorder une dérogation pour permettre au trimaran SVR Lazartigue d’être sur la ligne de départ le 6 novembre de la Route du Rhum. Ça permettrait de débloquer le problème sans trancher le débat au fond."

Gain de vitesse

Mais le fond de cette affaire, c’est bien de savoir si le bateau de François Gabart, mis à l’eau à l’été 2021, est conforme aux règles édictées par la classe à laquelle il appartient. Ce trimaran volant a adopté un design révolutionnaire : la partie où les manœuvres se font est encaissée dans la coque centrale. Le pont est donc absolument lisse, ce qui lui apporte un gain de vitesse conséquent.

Problème selon les autres skippers et armateurs de cette catégorie : cela entrave la vision du marin et la question de la sécurité à bord est posée. Faux, répond le navigateur détenteur du record du monde en solitaire en 42 jours. Un groupe d'experts indépendants lui a donné raison. "C’est ridicule la façon dont on instrumentalise la question de la sécurité" dans ce dossier, estime d’ailleurs Guillaume Vitrich. La classe ultime 32/23 persiste et ne veut pas lui donner le feu vert pour la Route du Rhum.

Départ le 6 novembre

Pour le moment, répondre à ces interrogations extrêmement complexes n’est pas d’actualité. À un peu plus de 4 mois du départ de la course majeure de la saison, il est urgent de trouver une porte de sortie. C'est la priorité. "Un skipper comme François Gabart doit s’entraîner, il y a beaucoup d’organisation pour une course de cette ampleur, développe l’avocat. Il fallait trancher très vite le sujet et c’est pour ça que l’exécution forcée d’un accord est le bon moyen d’y parvenir plutôt que s’intéresser au fond. Ce n’est pas le thème compatible dans son calendrier avec un départ le 6 novembre."

Les avocats de la Class Ultim et des autres skippers n’ont pas souhaité s’exprimer avant ce procès unique en son genre, pas vraiment reluisant pour le monde de la course au large. La décision du tribunal judiciaire de Paris devrait être rendue avant la mi-juillet et elle sera susceptible d’appel.