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Grandes écoles : "J'irai au concours même si je suis testée positive à la Covid"

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Les candidats se préparent depuis plusieurs années, au prix de journées de travail sans fin. Il était inimaginable pour ces étudiants de ne pas passer les épreuves
Les candidats se préparent depuis plusieurs années, au prix de journées de travail sans fin. Il était inimaginable pour ces étudiants de ne pas passer les épreuves
© AFP - Thomas Samson

Le Premier ministre Jean Castex a confirmé cette semaine le maintien des concours vers les écoles de l'enseignement supérieur, au grand soulagement des étudiants de classes préparatoires, paniqués par l'annonce de la fermeture des établissements scolaires. Mais l'organisation de ces épreuves reste un enjeu de taille.

"Les concours sont maintenus", a annoncé Jean Castex jeudi dernier. Soulagement pour les centaines de milliers de candidats qui préparent des concours très sélectifs. Ceux des écoles d'ingénieurs notamment, Polytechnique et l'École normale supérieure commençant la semaine prochaine. Ils rassemblent le plus grand nombre de candidats, 100 000 environ dans tout le pays. L'an dernier, les épreuves avaient été repoussées à l'été.

Les candidats se préparent depuis deux, parfois trois ans, au prix d'énormes sacrifices et de journées de travail sans fin. Il était inimaginable pour ces étudiants de ne pas passer les épreuves, comme le confie, Jeanne, qui se présente à trois concours d'écoles d'ingénieurs : "Après deux ans de préparation, c'est un aboutissement. J'essaie de ne pas trop me mettre la pression mais il y en a quand même un peu parce que tout se joue en quelques semaines et si on rate, c'est perdu, et on doit refaire une année."

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"Deux ans de travail ruinés"

La jeune fille a très vite été rassurée sur la tenue des concours. "Je suis soulagée, je ne vais pas avoir à me poser de questions pendant plusieurs semaines. Je vais juste me concentrer sur mon travail pour pouvoir passer les concours sereinement", dit-elle avec le sourire. 

Rien ne doit perturber ces élèves dans la dernière ligne droite. Pas même le virus qui circule. "On nous a dit que les candidats positifs ou cas contact ne peuvent pas aller passer les concours", poursuit Jeanne. "Mais je connais pas mal de gens qui disent que s'ils sont cas contact, ils ne vont pas le déclarer et ils ne se feront pas tester de peur d'être positifs. Deux ans de travail ruinés juste parce qu'on est peut-être positif, ça paraît énorme dans notre tête !" Elle-même reconnaît que si elle est cas contact, elle se rendra aux épreuves.

"Les tables sont déjà pas mal espacées, je ferai attention, mais c'est trop dur de se dire qu'on ne va pas aller au concours volontairement. Il n'y a pas de rattrapage, donc soit on est là le jour J,  soit on fait une année en plus et personne n'en a envie !"

Pas de test PCR obligatoire

L'éventualité d'avoir des jeunes contaminés par le virus a bien sûr été prise en compte par les organisateurs des concours. Des salles de secours sont prévues, à l'écart, au cas où un étudiant présenterait des symptômes pendant une épreuve. Mais un test PCR ne sera pas obligatoire à l'entrée. La question a été tranchée vendredi lors d'une réunion du comité de pilotage des concours et des examens nationaux au ministère de l'Enseignement supérieur. Le ministère en appelle simplement à la responsabilité de chacun, de ne pas se présenter en cas de symptômes, et rappelle que tout candidat empêché de composer pour raison médicale a le droit de recomposer l'année suivante, comme le prévoient les règlements des concours. 

Le ministère estime également que les protocoles sanitaires sont suffisamment stricts. Les écoles d'ingénieurs ont d'ailleurs travaillé depuis l'automne dernier sur le sujet, en imaginant des conditions drastiques, explique Jacques Fayolle, le président de la Conférence des directeurs des 200 écoles d'ingénieurs en France : "On a fait notre boulot d'ingénieur, on a prévu le pire des scénarios"

Les écoles ont en effet multiplié les centres d'examens à travers toute la France pour limiter la taille des salles et les regroupements de candidats. Elles ont prévu un échelonnement de leur arrivée. "Quand on a un centre d'examen qui regroupe 200 ou 300 candidats qui vont plancher dans des salles suffisamment grandes, certains candidats sont convoqués à 7h30 ,d'autres à 7h40 et d'autres encore à 7h50, pour qu'ils puissent intégrer la salle sans une trop grande proximité entre eux. La distanciation est fondamentale", précise Jacques Fayolle. Les tables seront espacées d'un mètre minimum. Les masques et le gel hydroalcoolique apporteront une sécurité supplémentaire. 

Jeanne, comme la plupart des candidats, va de toutes façons s'isoler pour réviser et éviter ainsi les risques de contamination pendant les prochaines semaines. Avec la fermeture des lycées, tous les élèves des classes préparatoires vont devoir rester à la maison, y compris les internes qui ont dû rentrer chez eux. 

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