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Greta Thunberg est-elle vraiment devenue pro-nucléaire, comme le disent certains de ses adversaires ?

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Greta Thunberg lors d'une marche pour le climat en mars 2022
Greta Thunberg lors d'une marche pour le climat en mars 2022
© Maxppp - PAUL WENNERHOLM/EPA

Récemment, Greta Thunberg a estimé publiquement que le nucléaire était préférable au charbon. Une déclaration présentée comme une volte-face par certains commentateurs, y compris en France. Dans les faits, c'est un peu plus compliqué que ça.

Le 12 octobre dernier, Greta Thunberg, l'écologiste suédoise de 19 ans, est invitée à s'exprimer sur le débat sur l'énergie qui agite l'Allemagne. Le gouvernement rechigne alors à prolonger la totalité des trois centrales nucléaires au-delà de décembre 2022, date de sortie prévue initialement pour ce type d'énergie. Dans le même temps, pour faire face à l'absence de gaz russe, plusieurs centrales à charbon, bien plus polluantes, vont être remises en fonctionnement.

"Puisque [les centrales nucléaires] sont là, ce serait une erreur de les fermer et de recourir aux centrales à charbon", a estimé Greta Thunberg lors d'une longue interview (à partir de 9 minutes) donnée à la journaliste allemande Sandra Maischberger.

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Ses propos sont alors repris par les conservateurs et les libéraux allemands, partisans d'un report de la sortie du nucléaire. Les Verts et le SPD, membres de la coalition au pouvoir, s'opposent eux à ce prolongement du nucléaire. Quelques jours après cette interview, le gouvernement allemand modifie finalement le calendrier, pour prolonger l'ensemble de ses trois dernières centrales nucléaires jusqu'en avril 2023.

"Leur gourou vient de dire que, pour finir, elle est pour le nucléaire"

Ses propos sont aussi relayés de ce côté-ci du Rhin. Dans une tribune du Figaro, l'essayiste Jean-Paul Oury présente par exemple ces déclarations comme un tournant : " Greta Thunberg elle-même découvre qu'on ne peut pas se passer du nucléaire !", "un peu comme si José Bové déclarait en son temps manger des BigMac avec un steak de soja OGM", caricature-t-il.

Marine Le Pen, qui s'est exprimée à l'Assemblée nationale le jeudi 13 octobre, a elle aussi laissé entendre qu'il s'agissait d'un revirement soudain de Greta Thunberg : "[Les associations anti-nucléaires] vont toutes devenir pro-nucléaires. J'ai lu que leur gourou (…) vient de dire que, pour finir, elle est pour le nucléaire, merci Mademoiselle Thunberg !"

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Mais la déclaration de Marine Le Pen est réductrice à double titre. Greta Thunberg n'est pas "pour le nucléaire" comme l'affirme la députée du Rassemblement national, puisqu'elle considère simplement que c'est un moindre mal par rapport au charbon, et soutient les énergies renouvelables. Par ailleurs, les propos de la militante ne sont pas nouveaux.

"Je suis contre le nucléaire mais..."

Déjà en mars 2019, dans un long message sur Facebook, elle présentait un point de vue nuancé : "Je suis contre l’énergie nucléaire, mais d’après le GIEC, elle peut être une petite partie de la grande solution qu'est l'énergie décarbonnée, en particulier dans les pays qui peinent à développer les énergies renouvelables à grande échelle". Elle ajoute toutefois que le nucléaire est "extrêmement dangereux, coûteux et chronophage".

Plus récemment, comme l'a repéré Libération, Greta Thunberg s'est opposée à une décision du Parlement européen contre la taxonomie verte européenne, qui accorde le projet de "label vert" pour le gaz et le nucléaire. "Nous avons désespérément besoin de vraies énergies renouvelables, pas de fausses solutions", disait-elle sur Twitter en juillet 2022.

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Greta Thunberg a d'ailleurs répondu au détournement de ses propos dans un tweet le 19 octobre : "C'est important de se méfier de ceux qui n'écoutent les vérités qui dérangent, que lorsque ça correspond à leur vision. Pour s'attaquer à cette crise, ne retenir que certains aspects, présenter des propos hors de leur contexte en ignorant le reste ne nous mènera nulle part"

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