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"House of One" à Berlin, un lieu de culte unique au monde

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Le projet retenu pour cette "House of One" est celui du cabinet Kuehn-Malvezzi
Le projet retenu pour cette "House of One" est celui du cabinet Kuehn-Malvezzi
- cabinet Kuehn-Malvezzi

Avec, ce jeudi 27 mai 2021, la pose de la première pierre de la maison de l'unité "House of One" à Berlin, c'est la promesse de l'ouverture d'ici 2025 d'un bâtiment unique au monde abritant une église, une mosquée et une synagogue. Un lieu de culte et de dialogue entre les trois religions monothéistes.

Cela fait 10 ans que ce projet a été lancé. D’abord par la communauté protestante, propriétaire du terrain, qui s’est associée à la communauté juive puis toutes deux ont ouvert le dialogue avec les musulmans. La pose de cette première pierre (à suivre en direct ce jeudi 27 mai 2021 à 11h) est l’aboutissement d’un long chemin commun auquel a participé le théologien chrétien et président du conseil d'administration de la "House of One", Roland Stolte : "Juifs, chrétiens et musulmans ont planifié ensemble un lieu d’entente, une maison de paix, où chacun apporte le plus beau et le plus sublime de sa tradition religieuse.  Et ça donne ce petit miracle !" 

Pendant tout ce processus, toutes ces années à travailler ensemble, il s’est passé quelque chose de spécial, on a appris à se connaître et se comprendre les uns les autres.

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Cette maison de l’unité, sur l'île aux Musées en plein cœur de la ville, sera bâtie d’ici 4 ans sur les ruines de l'église protestante St Pierre (Petrikirche) la toute première église du Berlin médiéval endommagée pendant la seconde guerre mondiale puis détruite en 1964 par les autorités de l'ex-RDA. 

Plutôt que de bâtir une nouvelle église, un projet unique a été imaginé

Des traces de ce passé, les fondations de l'ancienne église seront visibles depuis le grand hall qui sera aussi un lieu de réunion et de dialogue, ainsi que des célébrations communes. Depuis ce hall, on accèdera aux trois lieux de culte, la synagogue, l’église et la mosquée. 

Les trois religieux à l'origine du projet : le pasteur Gregor Hohberg, le rabbin Andreas Nachama et l'imam Kadir Sanci (de g. à dr.) devant la maquette de la "House of One"
Les trois religieux à l'origine du projet : le pasteur Gregor Hohberg, le rabbin Andreas Nachama et l'imam Kadir Sanci (de g. à dr.) devant la maquette de la "House of One"
- Klemens Renner

L’imam Kadir Sanci insiste sur un geste fort à destination d'une jeunesse musulmane "qui parle l'allemand et non le turc, l'arabe ou le pakistanais" et qui a besoin d'affirmer les valeurs d'un Islam d'Allemagne : "Avec ce lieu emblématique et symbolique, c’est la preuve que les musulmans et l’islam font partie de l'Allemagne. Cela donnera un autre signal à l’ensemble de la société qui y verra notre travail de prévention et notre lutte contre l’antisémitisme, la violence." 

On pourra alors depuis cette maison faire rayonner un message de paix et de sécurité.

Pour les musulmans, il s’agira de la première mosquée construite dans le centre de Berlin. Et parmi ces hommes de foi, nul n’ignore les tensions entre les communautés, d’autant plus vives en Allemagne et surtout dans la capitale depuis que le conflit a repris violemment au Proche-Orient.

Le rabbin Andreas Nachama pense que cela ne donne que plus de sens à cette maison commune aux trois grandes religions monothéistes, comme l’est la ville de Jérusalem : "Nous connaissons les problèmes qui existent dans le monde, et nous savons aussi que nous ne sommes que des voix individuelles. Cela signifie donc que généraliser ce que je dis à tous les juifs est tout aussi inapproprié que de généraliser ce qu’un musulman pourrait dire." 

Mais chacune de nos voix porte quand même dans nos communautés et j’ose croire que c’est un bon début.

Vue sur l'entrée principale de la future "House of One". Du sommet, une vue imprenable sur Berlin.
Vue sur l'entrée principale de la future "House of One". Du sommet, une vue imprenable sur Berlin.
- Kuehn Malvezzi

Ce lieu veut être un moteur pour plus de tolérance. Le pasteur protestant Gregor Hohberg : "Ce projet de maison commune est une démarche positive de la part de nos trois religions, une contribution importante pour une coexistence pacifique entre chaque être humain, les laïcs, les autres religions. Parce que la société est devenue plurielle." 

Les questions religieuses, qui ont pris beaucoup de place ces dernières années, ne méritent pas des débats enflammés.

Après un appel à concours aux architectes du monde entier remporté par le cabinet berlinois Kuehn-Malvezzi, il a fallu réunir environ 47 millions d’euros pour ce projet. Une bonne moitié financée par le gouvernement fédéral et la ville de Berlin, le reste par des dons privés. Il manque encore 8 millions d'euros. Si l'idée vous séduit, vous pouvez soutenir ce projet en achetant pour 10€ une pierre pour finir de bâtir cet édifice unique au monde.