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Il faut "arrêter de changer" le protocole sanitaire à l'école, réclame le président du Conseil scientifique

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Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, en mars 2020 à Paris.
Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, en mars 2020 à Paris.
© Maxppp - LUDOVIC MARIN

Invité de franceinfo mardi matin, le président du Conseil scientifique a donné son avis sur les différents protocoles sanitaires mis en place à l'école. Selon Jean-François Delfraissy, il faut arrêter de les changer et être "constant". Les familles sont "perdues", déplore le professeur.

Le protocole sanitaire en place à l'école ne cesse de faire débattre et réagir, au sein du personnel de l'Éducation nationale, des parents d'élèves, des politiques et même du monde médical. "Il y a eu beaucoup de changements" a effectivement noté Jean-François Delfraissy, invité de franceinfo mardi matin, avant d'ajouter qu'à "un moment donné, il faut arrêter de changer, parce que les familles sont totalement perdues". Le professeur s'est ainsi appuyé sur l'exemple de sa propre fille : "Elle qui me dit 'je t'écoute d'habitude mais là, je ne comprends rien'."

"Soyons un tout petit peu constants"

Même s'il reconnaît que c'est "compliqué", la problématique est la suivante selon le président du Conseil scientifique : "Comment maintenir à la fois ces enfants à l'école, maintenir des classes relativement ouvertes et puis inversement, ne pas laisser partir totalement l'épidémie dans cette tranche d'âge ?" D'après lui, "le dernier protocole mis en place répond en partie à cette question", ce qui amène Jean-François Delfraissy à lancer cet appel : "Soyons un tout petit peu constants.

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En effet, le protocole sanitaire dans les écoles a évolué plusieurs fois depuis début janvier. Les élèves cas contact à l'école doivent désormais se soumettre à seulement trois autotests, l'obligation d'un test antigénique ou PCR ayant été supprimée. Le Premier ministre, Jean Castex, a par ailleurs indiqué jeudi "envisager" un allègement du protocole dans les écoles au retour des vacances de février (soit pas avant le 7 mars), en matière de port du masque ou de tests à réaliser.

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Le Conseil scientifique a dû, à plusieurs reprises, exprimer son avis sur le protocole sanitaire dans les établissements scolaires. Jean-François Delfraissy a ainsi rappelé que "le Conseil scientifique avait émis dès le mois de novembre, voire même dès le mois de septembre, d'autres types de recommandations", c'est-à-dire, "un dépistage régulier, une fois par semaine", proposition qui "pour des raisons diverses, n'a pas été retenue". "Je ne sais pas qui a eu raison ou tort, ce n'est pas l'objet, maintenant on est parti avec ce protocole."

Les écoles ouvertes, "une fierté"

Malgré cette critique émise sur les changements réguliers de protocoles sanitaires, le professeur a néanmoins fait part de sa "fierté" car, "la France est le pays qui a le plus laissé les écoles ouvertes". "Je pense que c'est une grande réussite, pour de multiples raisons mais surtout pour les gamins eux-mêmes. J'ai plusieurs petits-enfants et je le vois." 

Enfin, interrogé sur la vaccination des enfants, Jean-François Delfraissy a jugé qu'elle "s'inscrit maintenant dans une démarche un tout petit peu différente où nombre d'entre eux viennent d'être contaminés par Omicron". Cela dit, pour cette population, il y a "un bénéfice individuel qui n'est pas majeur, mais qui existe". "Les enfants font, dans un certain nombre de cas, un certain nombre de formes sévères qui sont très différentes de celles des adultes et qui surviennent trois ou quatre semaines après l'infection, c'est ce syndrome inflammatoire qu'on appelle les PIMS", a-t-il souligné.