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Il n'y a jamais eu autant de journalistes emprisonnés dans le monde déplore Reporters sans frontières

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Le reporter de l'AFP Sammy Ketz, se met à couvert lors de tirs de snipers à Maaloula, en Syrie, en septembre 2013
Le reporter de l'AFP Sammy Ketz, se met à couvert lors de tirs de snipers à Maaloula, en Syrie, en septembre 2013
© AFP - Anwar AMRO

Comme chaque année, l'ONG Reporters sans frontières vient de publier son rapport sur le nombre de journalistes tués et emprisonnés dans le monde en 2021. Avec 488 détenus, il n'y en a jamais eu autant que cette année.

Reporters sans frontières vient de publier son rapport annuel sur le nombre de journalistes tués, détenus et disparus dans le monde. Avec 488 personnes recensées, "jamais RSF n'avait enregistré un nombre aussi élevé de journalistes emprisonnés". La hausse est exceptionnelle, de l'ordre de 20% en un an, soit du 1er janvier au 1er décembre 2021. 

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La Chine est le pays qui en détient le plus

Les cinq pays où le plus grand nombre de journalistes étaient détenus, au 1er décembre, sont la Chine (127), la Birmanie (53), le Vietnam (43), la Biélorussie (32) et l'Arabie Saoudite (31). À eux seuls, ils détiennent plus de la moitié des journalistes actuellement derrière les barreaux. Pour la Chine par exemple, l'une des explications selon l'ONG est la loi de sécurité nationale imposée en 2020 à Hong Kong et qui a provoqué une augmentation en flèche des détentions de journalistes dans ce territoire. D'après son secrétaire général, Christophe Deloire, 70 professionnels ouïghours sont également détenus dans la région du Xinjiang.

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Le nombre de femmes emprisonnées en nette augmentation

Dans le monde, 87,7% des journalistes emprisonnés sont des hommes. Néanmoins, Reporters sans frontières annonce également n'avoir "jamais recensé autant de femmes journalistes détenues", au total 60, soit un tiers de plus qu'en 2020. La part de reporters féminines emprisonnées, sur le nombre total, est ainsi de 12,30% en 2021 contre 11,08% en 2020. En 2017, ce chiffre n'était que de 6,59%.

En Biélorussie par exemple, au 1er décembre, 17 femmes étaient sous les verrous contre 15 hommes. Le régime du président bélarusse Alexandre Loukachenko, qui mène sans relâche une répression visant tout opposant, avait d'ailleurs provoqué un tollé international fin mai avec l'arrestation du journaliste d'opposition en exil, Roman Protassevitch. Le chef d'Etat avait dérouté un avion de ligne à bord duquel il se trouvait.    

Depuis 20 ans, il n'y a jamais eu aussi peu de journalistes tués 

Concernant le nombre de reporters tués, l'ONG affiche en revanche une tendance positive : il a atteint son niveau le plus bas en 20 ans. "Cette tendance à la baisse, qui s'est accentuée depuis 2016, s'explique notamment par l'évolution des conflits régionaux (Syrie, Irak et Yémen) et la stabilisation des fronts après les années 2012 et 2016, particulièrement meurtrières", analyse l'organisme.  En effet, excepté en 2018, ce chiffre ne fait que largement chuter depuis plusieurs années.

Pour Christophe Deloire, le Covid-19 a aussi limité "les sorties des journalistes et donc les moments où ils sont en risques". D'autre part, "peut-être une forme d'autocensure" a conduit les journalistes à "moins aller sur des territoires dangereux".  Néanmoins, "65% des tués sont sciemment ciblés et éliminés", dénonce RSF. 

Le Mexique et l'Afghanistan demeurent encore cette année les deux pays les plus dangereux pour les journalistes, avec respectivement sept et six tués, suivis du Yémen et de l'Inde en troisième place, avec quatre journalistes tués chacun.  La proportion de femmes journalistes tuées a elle aussi augmenté, avec quatre tuées en 2021 contre deux l'an passé.   

Parmi celles-ci, trois collaboratrices de médias afghans dans deux attaques revendiquées par le groupe État islamique et une journaliste yéménite, morte dans l'explosion de sa voiture piégée. RSF indique que "trois journalistes tués sur cinq l'ont été dans des pays qui ne sont officiellement pas en guerre", comme l'assassinat en Grèce au printemps d'un reporter qui enquêtait sur la corruption au sein de la police ou d'un journaliste néerlandais cet été. L'ONG comptabilise également au moins 65 journalistes et collaborateurs de médias retenus en otage dans le monde, soit deux de plus que l'an passé. "Tous sont otages dans trois pays du Moyen-Orient: Syrie (44 journalistes), Irak (11) et Yémen (9)", sauf le journaliste français Olivier Dubois, retenu depuis avril au Mali.