Publicité

Ils vont jouer un rôle majeur dans la lutte contre la Covid : huit choses à savoir sur les autotests

Par
Depuis le 12 avril, les autotests peuvent être distribués dans les pharmacies françaises.
Depuis le 12 avril, les autotests peuvent être distribués dans les pharmacies françaises.
© Maxppp - Clementz Michel

Les autotests, disponibles en pharmacie depuis le 12 avril, sont appelés à jouer un rôle majeur dans la lutte contre la propagation du Covid à l'école. Voici tout ce que vous devez savoir sur ces nouveaux outils de dépistage.

En France, les autotests nasaux, qui permettent de se dépister soi-même pour rechercher la présence du virus covid-19, sont arrivés en pharmacie lundi 12 avril. Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, 500 000 autotests ont déjà été distribués en officine. Ils seront aussi déployés dans les écoles pour les plus de 15 ans à partir du 3 mai, comme le recommandait le Conseil scientifique dans son avis publié ce jeudi.

Comment vont-ils être déployés dans le système scolaire français ?

"Nous avons passé des premières commandes massives 64 millions d'auto tests qui arriveront à partir de la semaine prochaine et seront proposés à tous les personnels de l'Education nationale dès la semaine prochaine", a annoncé le premier ministre Jean Castex, lors de sa conférence de presse ce jeudi. Le gouvernement assure que ces autotests sont actuellement "en train d'être distribués dans les 60 000 écoles, collèges et lycées de France". Chaque prof en recevra deux par semaine "qui pourront être faits à la maison".

Publicité

Pour les lycéens, la distribution de tests va commencer le 10 mai. "il y aura un autotest par semaine" dans des "lieux dédiés" pour chaque élève, explique le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui précise qu'il y aura "des tutoriels" et "des personnels formés pour expliquer aux élèves ce geste simple que l'on doit pratiquer lorsque l'on fait les tests". S'agissant de la maternelle et du primaire, "la Haute Autorité de santé se prononcera en début de semaine prochaine sur la possibilité de les proposer à des élèves plus jeunes", selon le premier ministre.

Le gouvernement n'a pas encore précisé comment sera organisé le suivi de ces autotests chez les élèves. Mais le Conseil scientifique, dans son avis remis le 19 avril, conseille "le développement d’une plateforme numérique sécurisée enregistrant les résultats des tests, ou tout autre mode de communication précisant la réalisation du test et son résultat (exemple carnet de correspondances)."

Comment ça marche ?

Le principe est le même que pour les tests "antigéniques" jusqu'ici effectués en pharmacie : il s'agit d'un coton-tige que l'on introduit dans sa narine, en y effectuant cinq rotations. L'écouvillon est un peu plus épais que celui utilisé pour les tests réalisés par les professionnels, mais le prélèvement est moins profond (3-4 cm), et donc, moins désagréable. Le coton-tige doit ensuite être placé dans un tube rempli d'une solution. Puis, il faut mettre quelques gouttes de ce liquide sur une lamelle. En moins d'une demi-heure, une bande de contrôle doit apparaitre pour s'assurer que le test a bien fonctionné. Si le test est positif, une seconde bande colorée apparaît.

Qui peut les utiliser ?

Sur recommandation de la Haute autorité de Santé (HAS), les autotests peuvent être utilisés par des personnes sans symptômes de plus de 15 ans. Il n'y a actuellement pas de données d'efficacité chez les moins de 15 ans, et cela "pour des raisons anatomiques puisque pour les enfants qui ont des narines petites, c'est un peu plus compliqué", explique Cédric Carbonneil, chef du service d'évaluation des actes professionnels à l'HAS.

Où les trouve-t-on ?

Un arrêté du ministre de la Santé, publié le 11 avril au Journal officiel, autorise la vente en pharmacie d'autotests de dépistage du Covid-19 sur prélèvement nasal. En revanche, malgré leur demande auprès du gouvernement, les grandes surfaces n'ont pas le droit de les commercialiser. Une mauvaise nouvelle pour Carrefour ou Système U qui avaient fièrement annoncé la mise à disposition prochaine d'autotests dans leurs rayons.

Le gouvernement mène également une politique ciblée pour "aller chercher les publics qui sont aujourd'hui encore en moyenne moins testés que le reste de la population", notamment "les publics précaires", explique le ministre de la Santé, Olivier Véran. Ainsi, depuis le 12 avril, en Ile-de-France, une "grande expérimentation" est menée pour distribuer 500 000 autotests "au sein des accueils de jour, des centres d'hébergement d'urgence, des campements de gens du voyage ou des campements roms", précise-t-il. Il annonce que 700 000 autotest supplémentaires seront déployés "dans les quartiers prioritaires de la ville", tandis que 200 000 autotests ont d'ores et déjà été envoyés en outre-mer.

Combien ça coûte ?

Le prix est encadré : il ne pourra excéder 6 euros jusqu'au 15 mai, puis 5,20 euros. Les Français devront dans leur grande majorité payer les autotests de leur poche, car la Sécurité sociale ne les remboursera pas, à l'exception de quelques cas particuliers. Ils seront ainsi délivrés gratuitement, sur présentation d'un justificatif et avec un plafond de 10 autotests par mois, aux salariés à domicile intervenant auprès de personnes âgées ou en situation de handicap, ainsi qu’aux proches accompagnant ces personnes (mentionnés à l'article L. 441-1 du code de l'action sociale et des familles).

Qui les fabrique ?

Douze kits sont pour l'heure homologués en France. Ils sont en majorité produits par des groupes chinois mais deux entreprises françaises, AAZ et Biosynex, sont aussi sur les rangs. Aucun test antigénique par prélèvement nasal ne bénéficiant encore du marquage CE nécessaire à sa commercialisation dans l'Union européenne, les fabricants intéressés doivent déposer une demande de dérogation auprès de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). La décision finale de mise sur le marché revient au ministère de la Santé.

Quelle est leur fiabilité ?

Pour être autorisé en France, un autotest doit avoir une sensibilité, c’est-à-dire une capacité à détecter le virus chez une personne malade, de 80%. Ils sont "un outil de plus" mais ne doivent pas se substituer aux tests existants, car "le prélèvement des autotests n’étant pas réalisé par un professionnel de santé, mais par l’usager lui-même, la possibilité d’obtenir un “faux négatif” causé par une erreur de prélèvement est bien réelle", souligne le ministère de la Santé.

Ainsi, un résultat négatif ne signifie pas nécessairement que l’utilisateur n’est pas porteur du virus, et les personnes symptomatiques et les cas contact doivent continuer à faire des tests antigéniques et PCR, effectués par des professionnels. Par ailleurs, selon l'avis publié le 16 mars par la HAS, tout autotest positif doit faire l'objet d'une confirmation par test PCR, notamment pour le comptabiliser comme cas positif et pour caractériser un éventuel variant, afin de suivre l'épidémie.

Quels pays pratiquent déjà les autotests ? 

Alors qu'en France, les autotests ont longtemps été interdits par arrêté ministériel, d'autres pays européens n'ont pas tardé à les déployer. Au Royaume-Uni, le gouvernement distribue gratuitement deux autotests par semaine à toutes les personnes âgées de plus de 18 ans depuis le 9 avril. Dès le 8 mars, il avait déjà mis en place un système d'autotests dans les écoles secondaires. En Allemagne, les autotests sont également utilisés dans les écoles, pour les tranches d'âge qui ont cours en présentiel. Le pays a autorisé la vente d'autotests en grande surface le 6 mars. 

En Autriche, depuis mars, chacun peut avoir accès à cinq autotests gratuits par mois en pharmacie, et un programme national de testing par autotest en milieu scolaire est déployé depuis le 7 février 2021. Même chose en Suisse où cinq autotests gratuits par mois et par personne sont disponibles, depuis le 7 avril.