Publicité

Incidence, positivité, hospitalisations : le virus recule mais la situation sanitaire reste fragile

Par
Les terrasses de café doivent rouvrir à partir du 19 mai.
Les terrasses de café doivent rouvrir à partir du 19 mai.
© Radio France - HL / Anna Kurth - RF

Si la situation sanitaire semble s'améliorer, elle reste très précaire et appelle à la prudence pour la seconde phase de déconfinement qui doit débuter le 19 mai.

Tout le monde regarde ces chiffres avec fébrilité. Le 19 mai, la France doit commencer à se déconfiner, rouvrir ses musées, cinémas, ses terrasses de cafés. Mais le chef de l'État a bien précisé que des "freins d'urgence" seraient utilisés dans les départements ou métropoles qui connaîtraient une situation sanitaire trop tendue. Une question clé, alors que ces derniers jours, la situation semble s'améliorer. Pour preuve, plus aucun département français n'a désormais un taux d'incidence supérieur à 400, dernier seuil fixé par le président. Mais si certains éléments semblent vraiment encourageants, il faut encore rester (très) prudents. 

Première fois que le R est aussi bas depuis décembre

Cet indicateur, qui donne une idée de la vitesse à laquelle le coronavirus se transmet et donc se propage, n'a pas été aussi bas depuis le tout début du mois de décembre 2020 : 0,89 d'après les dernières données disponibles. Entre temps, il est passé largement au-dessus de la barre du 1, toute la période entre mi-février et mi-avril, mais sans aller jusqu'à 1,5, un stade connu au coeur de l'été 2020 ou mi-octobre, avant le deuxième confinement.  

Publicité

Incidence : plus aucun département au-dessus de 400

Autres "bonnes nouvelles", l'incidence nationale baisse de façon continue depuis trois semaines (223,8 actuellement) et, surtout, plus aucun département n'est au-dessus de 400 cas hebdomadaires pour 100 000 habitants. Précisons que les données, qui émanent des tests virologiques, sont sans doute légèrement sous-estimées en raison du très faible nombre de prélèvement réalisés les jours fériés (dont le 1er mai).    

Néanmoins, comme le montre notre carte, les départements, jusqu'ici les plus touchés, restent les même (ceux de la région Île-de-France, Oise, Bouches-du-Rhône) mais tous ont franchi ce seuil fixé par le chef de l'État lors de sa dernière intervention. La situation reste néanmoins fragile pour Val-de-Marne (390,8) ou la Seine-Saint-Denis (389,8). Globalement, ce taux est, ces sept derniers jours, en baisse dans tous les départements de métropole

Ce critère est toutefois contesté. "Vous ne trouverez pas un seul pays au monde qui retienne comme seuil de déconfinement une incidence de 400 cas pour 100 000 habitants. Tous les autres pays retiennent des seuils beaucoup plus bas : 40 au Japon, 100 dans de nombreux pays. En France aussi, nous avions même un seuil à 50 qu’on a oublié", fait d'ailleurs remarquer l'épidémiologiste Dominique Costagliola, dans une interview au Monde. Selon elle, "ce seuil de 400 a été choisi, car il était plausible que toutes les régions l’atteignent au 19 mai. Mais la probabilité pour que ça passe [sans générer de quatrième vague, NDLR] est toute petite"

Rappelons d'ailleurs que lors du dernier déconfinement, le seuil fixé était de 250 cas pour 100 000 habitants, seuil que 22 départements dépassent encore aujourd'hui. 

Nombre de nouveaux cas quotidiens

Sur le même principe, actuellement, plus de 21 400 personnes sont testées positives chaque jour, en moyenne, contre jusqu'à 35 000 mi-avril. Il faut là encore prendre en compte l'effet "jours fériés" (moins de tests). À l'automne, Emmanuel Macron estimait que le déconfinement pouvait être envisageable une fois la barre des 5 000 cas quotidiens passée.  

Dans les hôpitaux, décrue encore un peu timide

La situation sanitaire s'améliore-t-elle pour autant ? Du côté des hôpitaux (et des réanimations, l'autre critère d'Emmanuel Macron), on compte encore aujourd'hui 5 504 personnes hospitalisées en soins critiques. C'est 126 de moins qu'hier et, depuis les 6 000 patients atteints fin avril, ce chiffre ne cesse de baisser. Nous sommes aussi passés durablement sous la barre des 30 000 personnes hospitalisées avec 28 427 personnes positives à la Covid-19 actuellement à l'hôpital. Rappelons que lors du deuxième déconfinement, fin novembre, Emmanuel Macron avait imposé l'objectif d'être sous les 3 000 personnes en soins critiques. 

Il faut toutefois souligner que les nouvelles admissions quotidiennes (à l'hôpital comme en soins critiques) sont globalement en baisse depuis la mi-avril, environ moins 20 % ces sept derniers jours :