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INFOGRAPHIES - En Guyane, c'est une situation critique qui a poussé les autorités à reconfiner

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Le taux d'incidence a dépassé les 345 cas pour 100.000 habitants en Guyane.
Le taux d'incidence a dépassé les 345 cas pour 100.000 habitants en Guyane.
© AFP - Hans Lucas / Thibaud Vaerman

Avec une incidence très élevée, des infrastructures hospitalières aux petites capacités et une vaccination très en retard, la situation en Guyane a obligé les autorités à reconfiner mercredi pour un peu plus de deux semaines.

"C'était inévitable", a estimé vendredi le préfet de Guyane Thierry Queffelec. Invité par nos confrères de franceinfo, le représentant de l'État a confirmé qu'il était indispensable de reconfiner pendant 17 jours et "limiter de façon rapide et brutale les contacts sociaux", face à la progression du variant brésilien, qui représente aujourd'hui 84% des tests PCR criblés dans la région d'outre-mer. "Depuis quelques jours, on a une très forte hausse, environ 30 %, des contaminations", expliquait d'ailleurs la directrice de l'Agence régionale de santé, Clara de Bort, jeudi sur Inter. Alors même que le territoire était déjà "sur un plateau assez haut"

Un virus qui circule beaucoup 

"On avait une incidence de 240 cas pour 100.000 habitants, pendant une dizaine de jours, avant cette forte augmentation", constatait jeudi Clara de Bort, pour "des contaminations qui touchent toutes les classes d'âge". En effet, l'incidence a fortement augmenté ces dernières semaines pour atteindre les 345 cas hebdomadaires pour 100.000 habitants au 10 mai. C'est le plus fort taux en France, au-dessus de la Seine-Saint-Denis, l'un des départements de métropole les plus touchés par la crise sanitaire, qui affiche aujourd'hui une incidence de 320 cas pour 100.000 habitants. 

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"C'est une forme d'escalier ascendant. On espérait que le palier que nous avions atteint préjugeait d'une redescente, et malheureusement non", a d'ailleurs regretté la directrice générale de l'ARS en Guyane. Par ailleurs, selon le tableau de bord de l'épidémie du ministère de la Santé, le taux de reproduction effectif du virus est très haut en Guyane, avec un "R" à 1,18, alors qu'il est passé sous la barre du 0,75 à l'échelle nationale. Chez les plus jeunes (10-19 ans) particulièrement, les contaminations sont en forte hausse.

Des infrastructures hospitalières fragiles

Avec initialement 13 lits de soins critiques, la Guyane n'est a priori pas en capacité de supporter une surcharge hospitalière trop importante. Avec la crise sanitaire, le nombre de lits de soins critiques à été porté à plus de 35 places, occupées actuellement à 70% par des patients Covid, au nombre de 24. Depuis quelques jours, un module militaire de réanimation de 6 lits ainsi que 35 professionnels sont arrivés en soutien des équipes hospitalières. Au total, plus de 80 personnes atteintes du coronavirus sont hospitalisées (soins critiques ou non).

La vaccination très en retard 

En Guyane, seulement 10 % de la population (29 260 personnes) a reçu une première dose de vaccin, contre désormais près de 30 % de la population à l'échelle nationale. On compte aussi près de 5 % de la population totalement immunisée (deux doses de vaccin) contre plus de 13 % à l'échelle de la France entière. Pourtant, depuis fin avril, la vaccination est élargie aux plus de 16 ans, sans conditions.  

D'ailleurs, le problème réside plus dans le manque de volontaires que dans l'approvisionnement en doses. "Il y a des freins parce que les gens ont estimé que le vaccin arrivait trop vite (...). Certains pensent aussi que la pharmacopée guyanaise serait suffisante", explique le préfet de Guyane.  La Guyane qui se retrouve être l'un des départements qui ont aujourd'hui le moins vacciné, juste après d'autres territoires d'outre-mer : Mayotte, la Guadeloupe et Saint-Martin.