Jacques Ferrandez : "Comment dessiner Suites Algériennes ?"

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Jacques Ferrandez : "Comment dessiner Suites Algériennes ?"

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Le dessinateur publie une bande dessinée, le troisième cycle de sa série sur l’Algérie. Il aborde les difficultés rencontrées depuis l’indépendance en 1962, de la victoire confisquée par le FLN aux années de plomb de la guerre civile et jusqu’à la révolte populaire de 2019. Il explique ici à Anne Douhaire comment il s'y est pris.

"D'abord, c'est une histoire.... Ça fait maintenant un peu plus de trente ans que je suis sur ce sujet-là. J'avais traité toutes les périodes coloniales la conquête, la colonisation, puis la guerre d'Algérie. Et puis cela avait commencé à me titiller de travailler sur ce qu'a été l'histoire après 1962.

C'est quand même une histoire qui est assez peu connue, peu racontée. Et comme moi, j'avais des personnages que j'avais laissés à ce moment-là. Je me suis demandé : "Mais que sont-ils devenus ?"

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Donc, je suis reparti un peu comme un feuilletoniste avec ce que j'avais laissé pour essayer de construire une histoire qui pourrait se dérouler à partir de 1962 jusqu'à jusqu'à la période actuelle.

Il se trouve que moi, je retourne assez souvent en Algérie. J'étais, à Alger le 1er novembre 2019, c'était le 37ème vendredi du Hirak. Ces manifestations du vendredi qui avaient démarré en février 2019 et qui avait abouti dans un premier temps à la destitution du président Bouteflika. Et comme j'étais à Alger à ce moment-là, j'en ai profité pour faire une espèce de petit pèlerinage familial, c'est à dire d'aller voir les tombes de mes deux arrière-grands-pères paternels dans les deux cimetières chrétiens d'Alger.

C'est dans un cimetière chrétien d'Alger et j'avais commencé à dessiner un personnage qui était un peu moi, et c'est la première fois que je me mets un peu en scène parce que parce que c'était commode pour moi de dire bon, puisque ça m'est arrivé autant que tout autant que ce soit quelqu'un qui me ressemble un petit peu sur la sur les premiers dessins en me disant bon, ce sont les premiers essais, un peu de versions de travail, je pourrais toujours modifier le visage du personnage. Ça viendra peut-être en cours de route...  Et mon éditeur m'a dit : "C'est très bien, laisse comme ça, parce que du coup, ça veut dire aussi que tu t'engages dans une histoire à laquelle tu as participé". Là, c'est la première fois que je vais pouvoir utiliser des événements dont j'ai été témoin..."