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James Webb contre Hubble : on a comparé les images des deux télescopes

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L'image de Webb (au centre) permet de voir les boules rouges incandescentes des étoiles en train de se former
L'image de Webb (au centre) permet de voir les boules rouges incandescentes des étoiles en train de se former
- IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

James Webb a encore livré une image grandiose cette semaine, avec le cliché des "Piliers de la création", une zone de formation stellaire. Ils avaient déjà été capturés par Hubble, mais de manière moins précise. On vous explique les différences entre les deux télescopes.

Là où naissent les étoiles : le télescope ultra puissant James Webb, a capturé et publié ce mardi une image des "Piliers de la création". De gigantesques colonnes brunes et orange se dressent, à 6.500 années lumières de la Terre, dans notre galaxie. La zone s'étend sur environ huit années lumières, soit des dizaines de milliers de milliards de kilomètres.

Le télescope Hubble a été saisi une première fois en 1995, puis revisité en 2014 (image du dessus). En 2022 c'est au tour de Webb de saisir le cliché
Le télescope Hubble a été saisi une première fois en 1995, puis revisité en 2014 (image du dessus). En 2022 c'est au tour de Webb de saisir le cliché
- SCIENCE: NASA, ESA, CSA, STScI, Hubble Heritage Project (STScI, AURA)

Ce n'est pas la première fois que ces "Piliers de la création" sont photographiés, puisque le télescope Hubble avait déjà envoyé des images dans les années 90 et en 2014. Mais cette fois-ci, on peut voir à travers la poussière et les gaz, qui laissent apparaitre des boules rouges : ce sont des étoiles en formation. Selon la Nasa, cette nouvelle image "va aider les chercheurs à revoir leurs modèles de formation stellaire, en identifiant un compte bien plus précis d'étoiles nouvellement formées, ainsi que la quantité de gaz et de poussière dans cette région."

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L'occasion de comparer les travaux de Hubble et de son successeur James Webb, qui a pris des dizaines de clichés depuis son décollage en décembre 2021. Hubble, lancé en 1990 et toujours en fonctionnement, celui-ci a bien une petite capacité infrarouge mais opère surtout dans la lumière visible et les ultraviolets. Webb peut observer l'infrarouge, un champ invisible à l'œil nu.

Les étoiles émergentes dans la nébuleuse de Tarentule

Cette nébuleuse est connue depuis longtemps par les scientifiques étudiant le processus de formation des étoiles, mais les images envoyées par Webb le 7 septembre (en bas) permettent d'en révéler de nouveaux détails, dont des milliers de jeunes étoiles jusqu'ici invisibles aux yeux des précédents télescopes. Au centre de l'image de Webb, prise par l'instrument NIRCam, qui opère dans l'infrarouge proche, se trouve un amas de jeunes étoiles bleues très brillantes.

Un autre instrument, NIRSpec, a lui permis de distinguer une étoile tout juste en train d'émerger de son pilier de poussière, tout en maintenant un nuage autour d'elle. Une étape de sa formation qui n'aurait pas pu être observée sans les incroyables capacités de James Webb. Les chercheurs pensaient jusqu'ici que cette étoile était en réalité plus vieille, et à un stade plus avancé.

IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team
IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

L'amas de galaxies SMACS 0723 et son immense profondeur de champ

C'est la première image dévoilée par le télescope Webb, en juillet dernier (en bas). Il représente des milliers de galaxies, dont certaines formées peu après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d'années. En agissant comme une loupe, il a également permis de faire apparaître des objets cosmiques très lointains situés derrière lui. Chaque petit point sur le cliché est une galaxie, qui renferme des millions voire des centaines de milliards d'étoiles. Il s'agit du premier "champ profond" de James Webb, c'est-à-dire une image prise avec une longue durée d'exposition afin de détecter les plus faibles lueurs. Ici, 12,5 heures, contre plusieurs semaines pour Hubble (en haut). Cette image ne fait qu'effleurer les capacités du télescope dans ce domaine.

IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team
IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

Jupiter et ses lumières fluorescentes

Début septembre, Webb nous a envoyé une image de Jupiter (en bas) avec un traitement en fausses couleurs. C'est une image composite, faite à partir de plusieurs filtres (sensibles à différents éléments chimiques). Aux pôles de la planète la plus massive de notre système solaire on peut voir des lumières comme fluorescentes : ce sont les aurores de Jupiter qui, comme pour notre Terre, sont constituées de particules venues du Soleil qui réagissent au champ magnétique de l'astre. On voit aussi la surface de cette géante gazeuse avec ses vents, tempêtes et brouillards. Les données collectées, qui seront étudiées par les chercheurs pour mieux comprendre le fonctionnement interne de Jupiter, ont été adaptées pour en tirer ces illustrations visibles par l'œil humain.

IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team
IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

Neptune et ses anneaux

Neptune est bleutée à la lumière visible (image du haut), en raison de présence de méthane dans son atmosphère. La vision infrarouge de Webb élimine tout l'éblouissement dû à la réflexion du soleil sur la surface de Neptune et la pollution lumineuse de son environnement, de façon "à commencer à deviner la composition atmosphérique" de la planète, a dit à l'AFP Mark McCaughrean, conseiller pour la science et l'exploration à l'Agence spatiale européenne (ESA). Et cette image permet aussi de voir les anneaux de Neptune, très difficile à observer à la lumière visible en raison de leur faible capacité à réfléchir la lumière.

IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team
IMAGE: NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team