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Jardins privés et parcs municipaux : gare aux tiques !

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Les tiques ne sont plus seulement dans les bois. Regardez-bien, il y en a peut-être dans votre jardin
Les tiques ne sont plus seulement dans les bois. Regardez-bien, il y en a peut-être dans votre jardin
© Getty - EyeEm / Panyawat Boontanom

L'alerte est donnée par les scientifiques de l'INRAE. Les piqûres de tiques ne sont pas réservées aux promeneurs en forêt. Elles concernent tout autant les habitants des maisons avec jardin ou les citadins qui profitent des espaces verts municipaux. Les tiques sont partout mais leur dangerosité varie selon les régions.

Au printemps 2020, précisément entre début mars et début mai, alors que la France était placée en confinement strict, 47% des piqûres de tiques se sont produites dans les jardins, contre 28% seulement les trois années précédentes. Ces pourcentages résultent de la dernière étude de l'INRAE, l'Institut de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. Pascale Frey-Klett, directrice de recherches à Nancy, a utilisé pour cela les données de la nouvelle application de science participative "Citique", une application de signalement des piqures de tiques. 

Cette augmentation est sans doute liée au confinement, car les sorties en forêt ou dans les prairies étaient impossibles, mais elle prouve que les tiques peuvent être féroces dans les jardins ou les espaces verts. Or il y a des différences entre les régions : "On a en effet évalué ce taux de signalement de piqures dans les jardins autour de 35% dans l'ouest de la France et on est plutôt à 26% dans l'est", détaille-t-elle. Pourquoi ? "Sans doute parce qu'il y a moins de forêts dans l'ouest donc les piqûres interviennent plus dans les jardins", explique-t-elle, mais "des tiques, il y en a partout et il en suffit d'une pour être piqué !" D'où les appels à la surveillance de chacun, même après un pique-nique, un barbecue ou une sieste sur la pelouse.  

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Une carte de la dangerosité des tiques

En revanche, d’après cette étude, les tiques sont moins nocives dans l’ouest que dans l’est de la France. Pascale Frey-Klett détaille : "Il y a des régions où la proportion de tiques infectantes est plus importante, sur le Grand Est on est autour de 35% de tiques qui peuvent transmettre au moins un agent pathogène, sans que ce soit forcément la bactérie responsable de la maladie de Lyme__, on est à 43 % en Bourgogne Franche-Comté et seulement à 18% dans les régions de l'ouest".  L'INRAE peut ainsi réaliser une cartographie assez précise de la dangerosité de ces insectes. Par ailleurs 15% des tiques en France peuvent transmettre la bactérie responsable de la maladie de Lyme

La carte de dangerosité des tiques
La carte de dangerosité des tiques
- CiTIQUE / Jonas Durand

Les précautions d'usage ne changent pas : mettre du répulsif pour la peau, préférer les vêtements couvrants, vérifier sa peau partout, y compris sur les parties intimes, et "en cas de piqûre, il faut enlever la tique le plus tôt possible avec un tire-tique"  [surtout pas de pince à épiler], répète la chercheuse, "pour éviter tout risque d'infection".

Globalement, les tiques profitent du changement climatique, mais les chercheurs ne peuvent pas encore prouver avec certitude que leurs populations augmentent nettement sur le territoire français.