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"Je ne suis pas un tueur" : les derniers mots d'Abdeslam au procès du 13-Novembre

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Salah Abdeslam a prononcé ses derniers mots dans le procès du 13-Novembre
Salah Abdeslam a prononcé ses derniers mots dans le procès du 13-Novembre
© Radio France - Valentin Pasquier

Le principal accusé du procès du 13-Novembre a reconnu des "erreurs" face aux victimes, prononçant ses dernières paroles au terme de dix mois d'audience. Abdeslam estime qu'une condamnation "pour assassinats" serait "une injustice". La cour s'est retirée pour délibérer, verdict attendu mercredi.

C'est le jour des derniers mots. Dernières paroles des accusés, en attendant le verdict au procès du 13-Novembre. Les quatorze présents devant la cour d'assises spéciale de Paris disposent lundi matin d'une dernière occasion de s'exprimer avant que les juges professionnels n'entament leur délibéré pour rendre leur verdict, attendu mercredi soir. Ultime journée d'audience de ce procès-fleuve, commencé en septembre, le plus long de l'histoire judiciaire criminelle française d'après-guerre.

Comme le prévoit la loi, chaque accusé était invité à prendre la parole. Quasiment muet durant l'instruction, Salah Abdeslam - seul membre encore en vie des commandos qui ont causé la mort de 130 personnes à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015 - a beaucoup parlé durant l'audience. Avant que la cour ne se retire pour délibérer, il s'est exprimé une dernière fois ce lundi, reconnaissant des "erreurs" et se défendant d'être "un tueur".

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"Si vous me condamnez pour assassinat..."

Habillé d'une fine doudoune beige, Salah Abdeslam a évoqué ses conditions d'incarcération, soulignant "l'évolution" qui a été la sienne, le "choc social" d'être confronté à autant de monde durant le procès, avant d'être plus "apaisé, pas parce que j'ai entendu votre souffrance, mais parce que j'ai réussi à retrouver ce semblant de vie sociale", a-t-il dit, s'adressant aux victimes.

"C’est avec l’épée du parquet sur le cou que je m’adresse à vous", a ensuite ajouté Salah Abdeslam face à la cour. "L’opinion publique dit que j’étais dans les terrasses avec une kalachnikov à tirer sur les gens, l’opinion publique pense que j'étais au Bataclan et que j'ai tué des gens : vous savez que la vérité est à l’opposé", a-t-il affirmé. "J’ai reconnu dans cette enceinte que je n’était pas parfait. J'ai fait des erreurs, c'est vrai, mais je ne suis pas un assassin, je ne suis pas un tueur, et si vous me condamnez pour assassinats, vous commettrez une injustice", a terminé le principal accusé de ce procès, dont le verdict doit tomber d'ici mercredi soir.