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"Je voulais agir" : ces Français sur le départ pour combattre en Ukraine

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Un soldat de l'armée ukrainienne en patrouille devant le métro de Kiev
Un soldat de l'armée ukrainienne en patrouille devant le métro de Kiev
© AFP - AYTAC UNAL / ANADOLU AGENCY

Depuis une semaine et le début de la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, des milliers de Français préparent leur départ au front. Répondant à l'appel du président ukrainien Zelensky, ils s'organisent sur les réseaux sociaux pour rejoindre la frontière.

Aux premières heures du conflit, l'idée de renforts européens a vite émergé des nombreuses prises de paroles du président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux. "Si vous avez une expérience du combat (...), vous pouvez venir dans notre pays pour défendre l'Europe", avait-t-il déclaré dans une vidéo vendredi, au deuxième jour de l'invasion russe. Dimanche, il annonçait la création d'un "département d'étrangers" au sein de la défense, "la légion internationale de la défense territoriale de l'Ukraine" et renvoyait vers l'attaché de défense de l'ambassade d'Ukraine dans le pays de résidence des candidats, pour les formalités.

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En France, l'ambassade d'Ukraine a relayé cet appel, formulaire de candidature en ligne à l'appui. Parallèlement, de nombreux Français se sont organisé sur les réseaux sociaux, avec de multiples groupes de "volontaires" ou de "soutien". 

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Des démarches auprès des autorités ukrainiennes

L'un d'eux, qui compte ce jeudi plus de 3000 membres, a été créé par Ugo, étudiant de la région lilloise de 22 ans. "J'ai voulu agir d'une façon ou d'une autre et le seul moyen c'est de me rendre directement en Ukraine", explique-t-il à France Inter, reconnaissant que sa famille s'est d'abord inquiétée avant de soutenir sa démarche. "J'ai fait six mois dans l'armée et j'ai quelques connaissances que je voudrais mettre à profit de l'armée ukrainienne". Pour autant, pas question pour lui de faire les choses hors d'un cadre légal. "On doit forcément intégrer les forces armées ukrainiennes, sinon on est considéré comme mercenaires et, dans ce cas, il n'y aura pas de retour possible". 

Son frère Arno, qui ne partira pas mais l'aide à gérer le groupe Facebook, dit être en contact avec les autorités ukrainiennes et avoir des relais dans le pays, sans davantage de précision. L'initiative a pris de l'ampleur sur les réseaux, avec des candidatures sérieuses et d'autres moins : "je ne m'attendais pas à ce qu'il y en ait autant", dit-il. 

Un volontaire écrit sur le groupe Facebook
Un volontaire écrit sur le groupe Facebook
- Capture d'écran

Déjà, des convois s'organisent. Certains seraient déjà entrés en Ukraine. "Les gens partent avec leurs voitures, nous, on met les conducteurs en relation avec d'autres personnes pour charger leurs voitures en matériel et en personnels", explique Arno. 

D'anciens militaires ou policiers, de simples civils

Sur le groupe, un modérateur précise tout de même avoir contacté "l'attaché de défense de l'ambassade d'Ukraine", rappelant que les autorités exigent un passeport ou une carte d'identité en règle, et un extrait de casier judiciaire pour ceux et celles souhaitant s'engager militairement. L'enregistrement peut être opéré à l'ambassade à Paris, mais aussi, semble-t-il, directement au poste frontière.

Un message sur le groupe Facebook de volontaires pour partir en Ukraine
Un message sur le groupe Facebook de volontaires pour partir en Ukraine
- Capture d'écran

Parmi les candidats ou les membres du groupe Facebook, qui prennent des renseignements, des anciens militaires ou de simples civils. "Ancien policier de la BAC depuis 8 ans, ce soutien combattif me tient énormément à cœur", écrit ainsi l'un d'eux.

"S'il faut creuser des tranchées, j'ai le coup de pelle"

D'autres n'entendent pas se battre. Djo*, 25 ans, ne le fera pas tant qu'il n'aura pas reçu de formation militaire. Mais il entend bien partir "dans les prochains jours". "Ma candidature a été retenue pour mes compétences professionnelles", précise le jeune homme, prêt à servir en deuxième ligne. "J'ai un CAP en plomberie, en soudeur, j'ai fait du terrassement, fossoyeur dans les pompes funèbres donc s'il faut creuser des tranchées j'ai le coup de pelle".

Lui aussi se sent directement concerné par un conflit qui se déroule en Europe. "L'Ukraine est à deux heures de Paris" rappelle-t-il simplement, ajoutant qu'il préfère agir dès maintenant. "Une guerre peut en déclencher une autre".

*prénom d'emprunt