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Jean Castex en campagne (à distance) dans les Pyrénées-Orientales

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En 2015, Jean Castex était le chef de file des LR dans les Pyrénées-Orientales. Aujourd'hui, l'ancien Maire, ici avec Yves Delcor son successeur, va à Prades pour les vacances
En 2015, Jean Castex était le chef de file des LR dans les Pyrénées-Orientales. Aujourd'hui, l'ancien Maire, ici avec Yves Delcor son successeur, va à Prades pour les vacances
© AFP - Georges GOBET

Le Premier ministre va devoir trancher, ce mardi, entre le report et le maintien des élections départementales et régionales en juin. S'il se montre toujours très préoccupé par la situation sanitaire, Jean Castex s'intéresse aussi de près à ce scrutin dans son département des Pyrénées-Orientales que le RN convoite.

Quatre jours avant son arrivée à Matignon, Louis Aliot décroche la mairie de Perpignan avec 53% des suffrages. Une vraie claque pour Jean Castex : la preuve que le RN progresse sur ses terres, et fait tomber la droite. L'ancien maire de Prades se dit "mécontent" de la campagne LR du maire sortant Jean-Marc Pujol. Il veut désormais tout faire pour éviter que l'histoire se répète lors des élections départementales. 

En 2015, Jean Castex fut le chef de file des LR dans les Pyrénées-Orientales. "Il n'a pas perdu la main", reconnaît un de ses proches. "Il maîtrise toujours bien la carte électorale et les rapports de force". Résultat : il organise la riposte, canton par canton, en lien direct avec des élus locaux sur place, dont l'actuel maire de Prades. Jean Castex échange aussi régulièrement avec le patron de la République En Marche, Stanislas Guérini. "Il a la main sur les investitures", reconnaît un cadre du parti. 

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Loin des yeux, loin du cœur ? 

En face, le RN estime pouvoir décrocher 10 des 17 cantons en misant sur une première année de mandat "quasi-sans encombre" pour Louis Aliot et sur la discrétion de Jean Castex. "Il n’est jamais revenu ici à part pour ses vacances", tacle le maire de Perpignan, contacté par France Inter. "Aucun Premier ministre n'a laissé tomber comme lui son département d'élection", estime Louis Aliot. "Rien sur la LGV ! Rien sur la RN 116 ! Rien sur le train jaune ! Aucune implantation d'entreprise". La campagne est lancée. Et le dirigeant du RN y poursuit sa stratégie d'ouverture. Il place, en chef de file, Alain Cavalière, ancien marcheur, ex-président du Tribunal de Commerce. 

À Matignon, on admet que c’est un "sujet de préoccupation" pour le Premier ministre, qui chaque matin se passe de la presse nationale, mais lit le journal local l’Indépendant. 

Cet affrontement Castex vs Aliot pourrait bien servir la gauche au pouvoir depuis 1998 dans les Pyrénées-Orientales. Pour le moment, le Premier ministre n'a pas prévu de déplacement sur ses terres. Mais "il prendra ses responsabilités pour éviter une bascule RN", admet un de ses conseillers.