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JM Vidéo, le dernier des Mohicans

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Philippe Zaghroun devant son vidéoclub JM Vidéo, ouvert depuis 1982, dans l'est parisien
Philippe Zaghroun devant son vidéoclub JM Vidéo, ouvert depuis 1982, dans l'est parisien
© Radio France - Thibaut Cavaillès

Il est des lieux que la numérisation de la société ont fait disparaître : les cabines téléphoniques, le kiosque à journaux ou encore les vidéo-clubs. C'est dans l'un d'eux que nous emmène Thibaut Cavaillès : JM Vidéo, dans le 11ème arrondissement de Paris : 70.000 films disponibles !

Plus jeune, vous avez sûrement passé quelques mercredis après-midi dans l'un des vidéo-clubs de votre ville à chercher le dernier Bruce Lee ou à relouer pour la 4ème fois le tout premier Retour vers le Futur. Mais ça, c'était avant. Et vos enfants ne connaîtront pas ces moments. Avant qu'Internet nous livre tout à domicile, avant que le téléchargement illégal ou le visionnage en streaming ne soit plus qu'une formalité, avant que Netflix et autres plateformes de VOD nous offrent tout, ou quasiment tout, sur un plateau, pour quelques euros.

Aussi, petit à petit, les vidéos-club ont-ils baissé le rideau, éteint leurs néons, revendu leurs stocks de VHS ou DVD vus et revus. 

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Pourtant, certains n'avaient pas renoncé, se spécialisant dans les films les plus pointus ou les classiques. Vidéosphère, boulevard Saint Michel à Paris, étaient de ceux-là. Jusqu'à ce mois de février 2021 où l'équipe jette l'éponge. Dans la capitale, il en reste désormais une poignée dont JM Vidéo où nous avons laissé traîner notre micro plusieurs jours. Avenue Parmentier, dans le XIème arrondissement - un quartier concentrant une forte population de professionnels du cinéma, vraiment ! - JM vidéo a gardé sa façade et son enseigne d'origine. Ouvert en 1982, il est aujourd'hui dirigé par Philippe Zaghroun, d'abord employé jusqu'en 1993 avant d'en devenir le patron. Et autour de Philippe, Mathis, l'un de ses employés ou Ruben le stagiaire, c'est tout une foule de cinéphiles avertis qui se donne rendez-vous pour louer un DVD et demander des conseils ou donner son avis.  

Philippe Zaghroun devant le micro de Thibaut Cavaillès et sous les yeux de Nathalie, une habituée de JM Vidéo
Philippe Zaghroun devant le micro de Thibaut Cavaillès et sous les yeux de Nathalie, une habituée de JM Vidéo
© Radio France - Jean-François Dars

Épisode 1 : JM Vidéo, le dernier salon où l'on cause !

Premier épisode avec le patron, Philippe Zaghroun... Il est là depuis 1982, année de la sortie sur les écrans de L'As des As, de Tootsie ou encore du Gendarme et les gendarmettes... Ce que revendique le patron, c'est un vidéo-club comme lieu de vie et de rencontre, pour les habitués, cinéphiles avertis ou amateurs, en quête de conseils et d'un choix de références que l'on ne trouve pas forcément sur les plateformes de VOD.

JM Vidéo, dernier QG des cinéphiles parisiens / EPISODE 1

4 min

Le film demandé par une cliente dans l'épisode : "Les Éblouis" de Sarah Suco

Le film demandé par l'acteur et réalisateur Emmanuel Sallinger dans cet épisode : "The Guilty" de Gustav Möller.

Le film de Tony Gatlif "pioché" sur les rayons de JM Video par Philippe Zaghroun : "Swing"

Avec plus de 70 000 références, à JM Vidéo, les DVD colonisent les murs, du sol au plafond
Avec plus de 70 000 références, à JM Vidéo, les DVD colonisent les murs, du sol au plafond
© Radio France - Thibaut Cavaillès

Épisode 2 : Le repaire des cinéphiles

Philippe Zaghroun avait des parents sympas qui, quand il était tout petit, l'autorisaient à regarder des films, tous les soirs. "Dès l'âge de cinq ans" assure-t-il. Aujourd'hui qu'il gère sa boutique aux 70 000 titres, il est fier mais laisse à ses vendeurs le soin de conseiller les clients. Quand ils en ont besoin. Car parfois, les clients de JM Vidéo sont eux-même de grands cinéphiles et là c'est une discussion de passionnés qui peut s'engager entre personnel et habitués du lieu. 

JM Vidéo, dernier QG des cinéphiles parisiens / EPISODE 2

4 min

Les films empruntés par les clients dans cet épisode :

Le stock de VHS de JM Vidéo. Elles servent désormais de décor pour le cinéma.
Le stock de VHS de JM Vidéo. Elles servent désormais de décor pour le cinéma.
© Radio France - Thibaut Cavaillès

Épisode 3 : "Les vidéo-clubs fermaient et moi je récupérais leurs clients."

Comment survivre quand son commerce n'est plus dans l'air du temps ? Philippe Zaghroun assure que son vidéo-club tourne assez bien pour encore, ces derniers jours, avoir dû recruter un quatrième salarié. Certes il y a une vingtaine d'années, il avait besoin de huit employés chez JM Vidéo mais Philippe Zaghroun ne se plaint pas et se sent encore utile. S'il a vu le déclin des vidéos-club arriver avec Internet et le streaming, il ne veut pas taper sur Netflix et les autres plateformes, estimant qu'elles répondent aux attentes du moment. Mais lui se différencie grâce à une collection de films rares. Et cela fonctionne. "Les vidéo-clubs fermaient un à un et moi je récupérais les clients" explique-t-il sans fanfaronner. Avec le confinement et les cinémas fermés, d'ailleurs, il a passé un hiver croulant sous les demandes. De location mais aussi d'achat, via le site de vente en ligne de JM Vidéo.

JM Vidéo, dernier QG des cinéphiles parisiens / EPISODE 3

3 min

Film cité dans cet épisode : "Le Don paisible" de Sergueï Guerrasimov 

Films d'auteurs côtoient blockbusters, sur les rayonnages de JM Vidéo
Films d'auteurs côtoient blockbusters, sur les rayonnages de JM Vidéo
© Radio France - Thibaut Cavaillès

Épisode 4 : "Pourquoi JM Vidéo ? Même Laure Calamy ne sait pas !"

Dans ce dernier épisode on part d'une question évidente : "Pourquoi ce vidéo-club s'appelle-t-il JM Vidéo" pour ensuite aller à la rencontre d'une cliente qui, à 22 ans, préfère venir louer des DVD que les télécharger ou les voir en streaming. Un épisode avec l'aimable participation de Laure Calamy, César de la meilleure actrice pour son rôle dans le film "Antoinette dans les Cévennes".

JM Vidéo, dernier QG des cinéphiles parisiens / EPISODE 4

4 min

Le film "Antoinette dans les Cévennes" de Caroline Vignal, de nouveau à l'affiche à partir du 19 mai 20201.

Le site du vidéo-club : http://jmvideo.fr/