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JO : entre déception et espoir, beaucoup d’athlètes doivent encore patienter pour se qualifier

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La karatéka Alexandra Feracci devra attendre le 13 juin pour savoir si elle est qualifiée pour les JO de Tokyo
La karatéka Alexandra Feracci devra attendre le 13 juin pour savoir si elle est qualifiée pour les JO de Tokyo
- Alexandra Feracci

À un peu plus de deux mois des Jeux Olympiques de Tokyo, beaucoup de questions restent en suspens, dont celle de leur maintien. La crise sanitaire a également bousculé le calendrier de préparation des athlètes et dans de nombreuses disciplines. Beaucoup ne savent pas encore s'ils pourront aller au Japon.

Cela fait deux ans qu’Alexandra Feracci ne pense qu’à ça. Les Jeux Olympiques de Tokyo seront les premiers de l’histoire pour sa discipline, le karaté. Installée à Ajaccio où elle a appris ce sport dans le club de ses parents à l’âge de 4 ans, depuis 2019 elle se consacre à 100 % à sa préparation. "Il reste peu de temps avant les Jeux", explique-t-elle_. "C’est pour ça qu’on se prépare comme si on y allait vraiment_."

La jeune femme de 28 ans, médaillée de bronze aux championnats d’Europe en 2019, ne sait toujours pas aujourd’hui si elle ira bien au Japon. Le tournoi de qualification olympique (TQO) qui devait avoir lieu il y a un an est finalement organisé dans quatre semaines à Paris, du 11 au 13 juin. "On aurait aimé que ce soit un peu plus tôt pour être au moins soulagé et finir notre préparation en sachant que l’on est sélectionné", regrette la karatéka corse_. "Mais ça fait partie du jeu et maintenant je le prends comme ça vient"._

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"Pas peur d'avoir un train de retard"

Alexandra Feracci est spécialisée dans le kata, une discipline où l’on combat des adversaires imaginaires. Et des adversaires, ces derniers temps elle n’en a pas manqué. Elle a été malade du Covid il y a quelques semaines. Si elle va "beaucoup mieux",  elle se sent encore "un peu fatiguée" et fait "encore plus attention". Malgré la maladie et des échéances longtemps incertaines, elle estime être prête pour ce rendez-vous olympique. "Je n’ai absolument pas peur d’avoir un train de retard parce que ma préparation est vraiment basée sur les Jeux Olympiques", résume Alexandra Feracci. "De manière générale, l’équipe de France nous a super bien accompagnés. Elle nous avait mis à disposition un préparateur mental. Je n’ai pas ressenti de manques." 

Des bleus à l’âme dans cette période si mouvementée, d’autres sportifs les ont reçus de plein fouet. "Il y a de la déception, il y a parfois des pleurs, de l’incompréhension", se rappelle Sylvie Neuville, directrice de la natation artistique à la Fédération française. Les qualifications auraient dû avoir lieu il y a un an, puis en mars dernier, puis ce mois de mai. Elles ont été à chaque fois annulées. "C’était tellement difficile ces annulations à répétition. Et pendant quinze jours, on n'a plus eu de son, ni d’image de la part des organisateurs à Tokyo ou de la fédération internationale. Nous étions à attendre et à nous dire : mais que va-t-il va se passer ?"

"Se poser en victime ne fait pas avancer" 

Le tournoi de qualification se déroulera finalement à Barcelone du 10 au 13 juin avec un énorme enjeu pour les Français : les Bleues peuvent décrocher une première qualification dans l’épreuve du ballet d’équipe depuis les Jeux de Sydney en 2000 (elles avaient terminé quatrièmes). Maintenant, il faut aller de l’avant, à 68 jours de la cérémonie d’ouverture. "C’est hypra désagréable comme situation", développe Sylvie Neuville_. "Mais se poser en victime et se dire qu’on est les oubliées, ça ne nous aurait pas fait avancer non plus. C’est une épreuve qu’il faut traverser et avec laquelle nous devons nous construire."_

Se construire avec l’idée aussi que les Jeux sont encore incertains. Le climat de défiance des Japonais est très fort dans un pays confronté à une quatrième vague de l’épidémie. Loana Lecomte devrait être à Tokyo en VTT et l’étudiante, proche de réaliser un rêve d’enfant, veut dédramatiser cette situation précaire. "Ça ne me perturbe pas du tout", rigole celle qui a remporté la première étape de Coupe du Monde début mai_. "Si les Jeux ont lieu, tant mieux pour nous. S’ils sont annulés, tant pis, ce sera pareil pour tout le monde. On se prépare comme s’ils étaient maintenus. De toute façon, il faut savoir être adaptable."_ 

Pour tous ces sportifs ballottés depuis plus d’un an entre déception et espoir, aller aux Jeux serait déjà une première victoire.