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Joe Biden annonce 500 millions de vaccins pour cent pays pauvres : est-ce suffisant ?

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Joe Biden s'apprête à participer au Sommet du G7
Joe Biden s'apprête à participer au Sommet du G7
© AFP - BRENDAN SMIALOWSKI /

Alors qu'il entame en Europe son premier voyage d'État, le président américain annonce le financement de 500 millions de doses de vaccin Pfizer-BioNTech envoyés en Afrique dans l'année. Joe Biden contre ainsi les critiques accusant les États-Unis d'avoir stocké des centaines de millions de doses.

Joe Biden a entamé ce jeudi un voyage d'État de six jours en Europe mercredi. Au menu : une rencontre avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, le sommet du G7 dans les Cornouailles, puis une rencontre avec Vladimir Poutine. Il en a profité pour contrer les critiques et les comparaisons faites avec la Chine et la Russie, qui mettent à disposition leurs vaccins aux pays en développement : les États-Unis vont donner 500 millions de doses de vaccins Pfizer-BioNTech à une centaine de pays pauvres, notamment en Afrique. Les États-Unis paieront les doses de vaccins au prix coûtant, Pfizer-BioNTech ne réalisera donc pas de profit. Les 200 premiers millions de doses seront distribués avant la fin de cette année, suivis par 300 autres millions d'ici juin 2022. Ces doses seront distribuées par le biais du programme des Nations Unies Covax.

Nous devons mettre un terme au Covid-19, pas juste chez nous, ce que nous faisons, mais de partout. Aucun mur n'est assez grand pour nous protéger de cette pandémie ou de la prochaine menace sanitaire auxquelles nous devrons faire face, et il y en aura d'autres. Cela impose une action commune multilatérale.

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Les observateurs s'attendent à ce que Joe Biden profite de son voyage européen pour lancer un appel aux autres pays riches afin qu'ils participent eux aussi aux dons de vaccins dans le monde.

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Grâce à son vaccin à ARN messager, Pfizer a réalisé 3,5 milliards de chiffre d'affaires sur les seuls trois premiers mois de cette année, soit près d'un quart de la totalité de son chiffre d'affaire annuel habituel. Mais le laboratoire a dû faire face lui aussi à de multiples critiques et notamment qu'il aidait les pays riches alors que l'un de ses patrons, Albert Bourla, avait promis que la firme s'assurerait "que les pays en développement aient le même accès à la vaccination que le reste du monde". Les 200 premiers millions de doses que l'administration de Joe Biden prévoit d'acheminer cette année équivalent à 7% des trois milliards de vaccins que le laboratoire doit produire. Pfizer devrait également fabriquer 800 autres millions de doses à destination des pays à faibles ou moyens revenus, au travers d'accords avec ces pays par le biais de Covax.

Joe Biden est bien loin du compte

Les 500 millions de doses annoncées ne sont qu'une goutte d'eau par rapport aux 11 milliards de vaccins jugés nécessaires par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) pour vacciner le monde entier, mais sont au-delà tout de même des engagements pris au début par les États-Unis. D'autres pays ont supplié les États-Unis de partager une part de leur abondant stock de vaccins.

Moins de 1% de la population est entièrement vaccinée dans de nombreux pays d'Afrique, alors que 42% le sont aux  États-Unis et au Royaume-Uni.

Donner des doses ne suffit pas

Des critiques avancent que l'administration Biden doit aider certains pays à pouvoir fabriquer eux-mêmes des vaccins, en effectuant notamment un transfert de technologie.

Cité dans le New-York Times, Peter Maybarduk, directeur du programme "Public Citizen’s Access to Medicines" affirme : 

Le monde a un besoin urgent de pouvoir fabriquer des milliards de doses dans l'année, pas juste d'engagements de dons de doses. Nous n'avons toujours pas vu un plan du gouvernement américain ou du G7  pour fabriquer des milliards de doses en plus pour enrayer cette pandémie.

Un premier pas vers d'autres accords ? 

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Cela dit, cet accord avec Pfizer pourrait bien en entrainer d'autres dans son sillage, notamment avec la firme Moderna, qui a été développé grâce à des financements américains. L'administration Biden a également passé un marché avec Merck pour qu'il participe à la production du vaccin Johnson & Johnson, et ces doses pourraient être elles aussi rendues disponibles dans d'autres pays.