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Kiev privée d'eau et d'électricité après des frappes russes : Zelensky dénonce des "crimes contre l'humanité"

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Des frappes ont touché la ville de Vyshgorod, en périphérie de Kyiv le 23 novembre 2022.
Des frappes ont touché la ville de Vyshgorod, en périphérie de Kyiv le 23 novembre 2022.
© AFP - Genya SAVILOV

Des frappes russes sur les infrastructures ukrainiennes ont entraîné des coupures massives d'électricité et d'eau et fait au moins six morts, mercredi, au neuvième mois de guerre. Le président ukrainien Zelensky a dénoncé des "crimes contre l'humanité" devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Au neuvième mois de guerre, l'Ukraine a de nouveau été la cible d'un déluge de feu mercredi. Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a tiré environ 70 missiles de croisière sur le pays, dont 51 ont été abattus, et envoyé cinq drones kamikazes. Ils ont visé des infrastructures stratégiques, provoquant des coupures massives d'eau et d'électricité, au moment où des températures hivernales s'installent en Ukraine.

Zelensky dénonce un "crime contre l'humanité"

Intervenant par visioconférence devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé un "crime contre l'humanité". "Avec des températures en dessous de zéro, plusieurs millions de gens sans fourniture d'énergie, sans chauffage et sans eau, il s'agit évidemment d'un crime contre l'humanité", a-t-il fustigé lors d'une brève déclaration, durant une réunion d'urgence qu'il avait lui-même réclamée.

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L'ambassadeur français à l'ONU Nicolas Rivière a qualifié les frappes russes de "violation manifeste du droit international humanitaire" et réaffirmé le soutien de la France à l'Ukraine, lors de ce Conseil de sécurité. "Incapable de gagner dans un combat loyal avec l'armée ukrainienne, la Russie livre une guerre de terreur lâche contre les civils", a pour sa part dénoncé le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. "La terreur russe échouera. L'Ukraine gagnera." Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a quant à lui dit mercredi que le Kremlin ne doutait pas du "succès" de son offensive en Ukraine, malgré les revers des derniers mois sur le terrain.

Au moins six morts

Selon le chef de la police ukrainienne, Igor Klymenko, ces nouveaux bombardements ont fait au moins six morts et 36 blessés. À Kiev, "trois personnes ont été tuées. Parmi elles, figure une jeune fille de 17 ans", a indiqué le maire de la capitale, Vitaly Klitschko.

Ailleurs dans le pays, les frappes ne cessent de tomber chaque jour. Kherson, libérée il y a une dizaine de jours, a par exemple été visée par des tirs d'artillerie toute la matinée de mardi, indique la correspondante de RTS et Radio France dans le sud de l'Ukraine Maurine Mercier, invitée de France Inter. Un bébé "né il y a deux jours " a été tué dans la nuit de mardi à mercredi dans une frappe russe sur une maternité à Vilniansk, dans la région de Zaporijjia (sud), ont déclaré les secours à l'AFP.

Le bilan humain de cette guerre est pour le moment très difficile à chiffrer. Après neuf mois d'invasion, les pertes ukrainiennes se chiffrent au minimum à plus de 28 000 morts : plus de 6 500 civils (chiffre avancé vendredi dernier par le bureau du Haut-commissariat pour les droits de l'homme de l'ONU) et au moins 9 000 militaires tués (dernier chiffre publiquement donné par le chef d'État Major de l'armée ukrainienne fin septembre).

Des coupures d'eau et d'électricité

Le maire de Kiev a annoncé que des infrastructures avaient été touchées et que l'approvisionnement en eau avait été "suspendu dans tout Kiev" à cause des bombardements. Des travaux ont permis dans la soirée de rétablir le courant sur la rive droite de Kiev, selon les autorités régionales.

À la suite de ces frappes, trois centrales nucléaires ont été "déconnectées" du réseau électrique, sans entraîner à ce stade de conséquences sur le niveau de radiation. L'approvisionnement de celle de Zaporijjia (sud), occupée par les Russes, a été stoppé.

À Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, l'électricité est partiellement revenue, mais avec des coupures périodiques, d'après les autorités. La deuxième ville du pays, Kharkiv, dans le nord-est, restait, pour sa part, sans courant dans la soirée.

Autre conséquence directe de ces frappes russes, la Moldavie, déjà en proie à d'importants problèmes énergétiques causés par la guerre en Ukraine, était victime de "pannes d'électricité massives", a déploré son vice-Premier ministre, Andreï Spinu.

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La Russie qualifiée "d'État promoteur du terrorisme"

Sur le front diplomatique, le Parlement européen a qualifié mercredi la Russie d'"État promoteur du terrorisme", au cours d'un vote quasiment neuf mois jour pour jour après le début de l'invasion russe de l'Ukraine. Ce vote a été rapidement salué par le président Zelensky pour qui "la Russie doit être isolée à tous les niveaux et tenue pour responsable afin de mettre fin à sa politique terroriste". Le Parlement européen a ensuite annoncé que son site internet avait été la cible d'une cyberattaque revendiquée par un "groupe pro-Kremlin".

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a de son côté proposé de qualifier le Parlement européen de "promoteur de l'idiotie".