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L'édition 2021 des Eurockéennes de Belfort est annulée

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L'édition 2019 des Eurockéennes de Belfort avait accueilli 135 000 festivaliers.
L'édition 2019 des Eurockéennes de Belfort avait accueilli 135 000 festivaliers.
© AFP

Les Eurockéennes de Belfort n'auront pas lieu en 2021. Le festival est annulé pour la deuxième année consécutive, comme beaucoup d'autres événements musicaux du même type.

Un festival annulé, un de plus. Après, cette semaine, le Main Square, le Lollapalooza ou le Festival Beauregard ; le Hellfest, Garorock ou Solidays plus tôt dans l'année, les Eurockéennes de Belfort 2021 sont annulées. Pour la deuxième année consécutive, le festival, qui devait se tenir du 1er au 4 juillet, n'aura pas lieu cet été. Impossible de tenir les contraintes sanitaires et les conditions imposées par le gouvernement, disent les organisateurs, à savoir une jauge de 5 000 personnes maximum et un public entièrement assis. D'ordinaire, l'événement accueille plus de 130 000 festivaliers sur quatre jours. 

Les festivals "sacrifiés"

Pour le directeur des Eurockéennes, Jean-Paul Roland, "ce carcan allait être très difficile à tenir, ne serait-ce que sur l'esprit même du festival, (...) un lieu d'interaction, avant d'être un lieu où il y a des spectateurs qui assistent sagement à des représentations". La programmation impossible à maintenir, les contraintes sanitaires et le fonds de soutien insuffisant ont poussé à l'annulation du festival. "Au lieu de nous dire, 'montez dans l'avion, il y a un parachute', on nous a dit, 'montez dans l'avion, et il y aura un matelas en bas qui amortira votre chute'", ironise Jean-Paul Roland. Selon lui, "on était en train de discuter de l'épaisseur du matelas".

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Le patron du festival dénonce un "vertige" et un message adressé "à la jeunesse" qui est : "Cet été, le grand rendez-vous que vous attendez n'aura pas lieu". Pour Jean-Paul Roland, c'est en "contradiction" avec "un message d'espoir salvateur qui a été lancé par le président de la République". "J'ai l'impression que nous en sommes les sacrifiés", regrette le directeur des Eurockéennes.  

"Rejet de la contrainte assise" 

Ces dernières semaines, de nombreux festivals avaient participé à l'action #DeboutLesFestivals sur les réseaux sociaux. Petits rassemblements comme géants du secteurs faisaient part, à travers ce slogan, de leur opposition aux règles sanitaires annoncées par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, le 18 février dernier, pour permettre aux évènements de se tenir malgré le contexte de crise du coronavirus. 5 000 personnes maximum par jour, tout le monde distancié, masqué et assis. C'est ce dernier point qui a provoqué la colère des professionnels, pour qui c'est tout simplement inconcevable et irréaliste. 

Plusieurs organisateurs avaient aussi lancé des études auprès de leurs publics (les Eurockéennes, Musilac, We Love Green) afin de prendre la température. "Elles ont montré qu'il y avait à la fois une prise de conscience citoyenne des festivaliers, qui acceptent en majorité masques et tests à l'entrée, mais aussi un rejet de la contrainte assise", expliquait alors Jean-Paul Roland.