L'historien Patrick Buisson, figure de la droite conservatrice et de l'extrême droite, est mort

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L'historien Patrick Buisson, figure de la droite conservatrice et de l'extrême droite, est mort

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Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, et théoricien de la droite conservatrice est mort mardi 26 décembre 2023 à 74 ans.
Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, et théoricien de la droite conservatrice est mort mardi 26 décembre 2023 à 74 ans.
© AFP - Miguel MEDINA

Patrick Buisson est mort ce mardi 26 décembre à l'âge de 74 ans. Cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Élysée a été un penseur majeur de la droite conservatrice et de l'extrême droite. Ces dernières années, il avait été mis en cause et condamné dans plusieurs affaires politico-judiciaires.

Conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy, soutien d'Éric Zemmour à la dernière élection présidentielle, Patrick Buisson est mort ce mardi 26 décembre aux Sables d'Olonne, en Vendée. Il avait 74 ans. Marine Le Pen a salué sur X "un homme d'une grande culture (...) et un amoureux fou de la France. Son esprit parfois provocateur et sa plume acérée manqueront au débat politique", a-t-elle ajouté. Hommage partagé par Jordan Bardella, président du RN, pour qui Patrick Buisson "a fait progresser les idées du camp national comme très peu d'intellectuels y sont parvenus".

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De son côté, Eric Ciotti, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale a exprimé son "émotion" , et salué un homme qui "vit avant beaucoup, les grands dangers qui menacent notre pays" .

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Partisan de l'union des droites

D'abord jeune militant au sein de l'extrême droite maurassienne, Patrick Buisson s'était vu proposer par Jean-Marie Le Pen d'être candidat du Front National aux élections législatives de 1986, ce qu'il avait refusé. "C'était quelqu'un qui était assez proche de nos idées", analysait en 2016 le cofondateur du FN  dans un reportage de France 2. "Mais je crois qu'il tenait à rester à l'écart de l'engagement politique formel."

De fait, Patrick Buisson a préféré le champ des idées et le conseil politique, idées au premier rang desquelles son obstination précoce pour l'union des droites. À l'époque directeur de la rédaction de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, il affirme en 1986 que "Le Pen, le RPR et le PR, c'est la droite", réduisant leurs écarts idéologiques à "une feuille de papier à cigarette qui sépare les électeurs des uns ou des autres". Conviction réaffirmée bien plus récemment,  en 2017 sur l'antenne de France Inter, où il estimait que "la droite ne [pourrait] pas reconquérir le pouvoir avec la reconquête du centre", et "n'[avait] pas d'autre choix que de plumer la volaille frontiste". Il considérait par ailleurs que "le Front National n'[était] pas un parti conservateur".

Historien et homme de médias

Ancien étudiant en histoire, Patrick Buisson a consacré de nombreux ouvrages et documentaires à l'histoire de France, et plus particulièrement aux guerres d'Algérie et d'Indochine, ainsi qu'à la guerre de Vendée. Homme de médias, il a dirigé la rédaction de Valeurs Actuelles dans les années 1990, et a travaillé en tant que chroniqueur pendant plusieurs années, notamment pour le Figaro ou LCI. Il a également dirigé pendant 11 ans la chaîne Histoire, propriété du groupe TF1.

Dès le milieu des années 1990, il devient également conseiller politique pour l'aile droite du RPR, qui devient l'UMP en 2002. Il entre à l'Elysée en 2007 en tant que conseiller de Nicolas Sarkozy, et le restera jusqu'en 2012 et la défaite électorale de l'UMP.

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Conseiller de Nicolas Sarkozy

C'est justement son rôle à l'Elysée auprès de Nicolas Sarkozy qui lui a valu d'être condamné par la justice dans plusieurs affaires. En 2014 d'abord, pour avoir enregistré à leur insu des discussions avec Nicolas Sarkozy, alors président de la République, ou avec son épouse Carla Bruni.

Il avait par ailleurs été mis en examen l'année suivante dans l'affaire dite des "sondages de l'Elysée". En cause : 130 factures, dont une quinzaine pour des sondages, qui lui avaient été payées par la présidence de la République sans appel d'offres préalable. Dans cette affaire, il a été condamné en 2022 à deux ans de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics.

Au cours de la dernière élection présidentielle, Patrick Buisson avait soutenu la candidature d'Eric Zemmour, recherchant un candidat "qui ne serait pas issu du Rassemblement national, mais passerait un accord de gouvernement avec le RN".

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