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L'hommage de Titiou Lecoq à celles qui ont lutté pour des droits dont elles n’ont jamais profité

Manifestation de sufragette - 1934
Manifestation de sufragette - 1934
© AFP - AFP

Pour sa carte blanche dans "Boomerang", Titiou Lecoq a rendu hommage à ces féministes qui, à travers le temps, ont mené le combat pour l'égalité. Dans les larmes, mais aussi dans la joie.

"J’ai une dette envers Eugénie Niboyer. C’est grâce à elle que je peux soupirer "Je sais pas pour qui voter". Parce que si je vote, c’est grâce à elle. C’est aussi grâce à Jeanne Deroin, Flora Tristan, Nathalie Lemel. Madeleine Pelletier avec Hubertine Auclert et Marguerite Durand, et de nombreuses autres, étaient prêtes à casser un paquet de carreaux pour que je puisse voter. Pour que les femmes puissent voter.

Elles ont consacré leurs vies à lutter pour des droits dont elles n’ont jamais profité. 

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Et pourtant, c’est grâce à elles toutes que j’ai une carte d’électrice. Parce qu’elles se sont enchaînées dans des rues, parce qu’elles ont harcelé des députés, parce qu’elles ont créé des journaux, écrit, manifesté, brûlé des codes civils, tenu des barricades, monté des clubs politiques, parce qu’elles ont consacré leurs jours et leurs nuits à la lutte.

Et si je peux décider d’avoir un enfant ou pas, c’est aussi grâce à des femmes. C’est parce que Simone Iff, Gisèle Halimi, Yvette Roudy, Thérèse Clerc, Monique Wittig, Jacqueline Manicom et tant d’autres anonymes (dont ma mère) se sont battues.

Ce sont les femmes qui ont amélioré la vie des femmes.

Ce matin, je pense aussi à Christine Delphy, à Michelle Perrot, à Françoise Vergès. Je pense à Ernestine Ronai, à Michelle Hufnagel et à toutes celles qui continuent inlassablement le combat pour l’égalité.

Il existe une longue chaine des féministes à travers le temps. À chaque fois que nous l’oublions, nous nous perdons nous-mêmes. Et n’oublions pas non plus leur joie. Sur les images, elles chantent, elles rient. Elles pleurent aussi bien sûr. Elles inventent des slogans, elles dessinent. Elles se tiennent la main. Elles s’enlacent. Elles s’embrassent. Elles crient. 

Images en noir et blanc ou en couleurs, des années 1970 ou de 2022 : je vois des femmes de tous les âges qui se mobilisent pour rendre le monde un peu meilleur.

N’écoutez pas les esprits chagrins qui vous disent qu’elles vont trop loin. Ces femmes sauvent le monde".

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