Publicité

BANDE DESSINEE - « L’institut des benjamines » d’Anne Simon : l’école du féminisme

Par
Détail de la couverture de "L'institut des benjamines"
Détail de la couverture de "L'institut des benjamines"
- Misma

La dessinatrice publie le cinquième album des « Contes du Marylène », sa saga féministe où animaux et humains se mélangent. Un opus qui raconte la formation d’une élite féminine contre un tyran.

Ouvrir un livre de cette série BD d’Anne Simon est la promesse d’une plongée dans un univers très fantaisiste. Mais avec un fond militant des plus valables qui pousse à la réflexion. Cette fois-ci, on ouvre les portes de l’Institut des benjamines, une école qui forme une poignée de jeunes filles à la résistance au tyran Boris, qui a pris le pouvoir en promettant des frites à tout le monde… La directrice, Simone (une cigogne inspirée par la philosophe française Simone de Beauvoir), personnage repris d’un des précédents livres (Perséphone aux Enfers), mène l’école de main de maître.

Les jeunes filles y apprennent les rudiments de la préparation d’un coup d’Etat

Grâce à son trait très fin à la plume, Anne Simon nous embarque dans son univers non dénué d’incohérences : pourquoi la directrice, qui se dit féministe se fait-elle appeler "le directeur" ? Pourquoi apprendre l’opposition et la quête de liberté, en ne laissant pas le choix aux jeunes recrues enlevées à leur milieu d'origine ? Anne Simon explique : « Simone se trompe un peu sur certains aspects du féminisme. Elle considère qu'être l'égale de l'homme, ce serait quand même un accomplissement. Alors que je pense qu'il faut assumer d'être une femme et combattre en tant que femme sans pour autant prendre les atours masculins. »

Publicité

Le titre du livre est inspiré du roman de Robert Walser L’Institut Benjamenta, où l’on suit Jacob von Gunter qui a quitté sa famille aisée pour entrer dans un pensionnat où l’on apprend une seule chose : obéir sans discuter.

Derrière l’aventure foutraque et décalée, L’Institut des benjamines, comme les précédents albums, interroge de façon subtile le pouvoir et ses dérives, les conséquences sur les individus qui l’exercent, les fonctionnements dictatoriaux… L’autrice qui se dit autant inspirée par Simone de Beauvoir que par Émile Zola, les Beatles ou la publicité, continue avec ses animaux aux noms improbables à dénoncer les travers de notre monde contemporain tout en nous distrayant.

Anne Simon : « Comment dessiner L’Institut des benjamines » ?

L’Institut des benjamines d’Anne Simon est paru chez Misma

On en profite pour relire les précédents tomes chez le même éditeur : La Geste d’Aglaé, Cixtite impératrice, Boris l’enfant patate, Gousse et gigot.

"L'Institut des benjamines ?" par Anne Simon
"L'Institut des benjamines ?" par Anne Simon
- Misma