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"L'inventaire de la biodiversité ne fait que commencer" : l'exploitation des fonds marins inquiète

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Des ONG et des scientifiques demandent un moratoire international pour bloquer tout projet d'extraction dans les fonds marins.
Des ONG et des scientifiques demandent un moratoire international pour bloquer tout projet d'extraction dans les fonds marins.
© Getty - Rowan Coe

L’exploitation des fonds marins sera l’un des thèmes abordés lors du sommet mondial de l'océan qui débute aujourd’hui. Des sénateurs publient un rapport et appellent à lever le pied.

C'est une question qui revient avec insistance à chaque rendez-vous international sur l'océan. Faut-il exploiter les fonds marins et envoyer des robots à plusieurs milliers de mètres sous l'eau pour extraire du cobalt, du manganèse ou d'autres minerais nécessaires à la transition écologique ? Le sujet divise et il en sera question cette semaine lors du sommet mondial de l'océan qui démarre ce lundi à Lisbonne. Un rapport parlementaire publié la semaine dernière appelle à la plus grande prudence et à ne pas se précipiter.

Mieux connaître ce milieu

Les sénateurs ont travaillé plus de cinq mois et mené 70 auditions pour rédiger leur rapport de 159 pages : Ils ont écouté des scientifiques, des ONG, des industriels. Leur conclusion est très claire, ces abysses sont mal connus, il est donc prématuré de prendre le risque de les abîmer pour exploiter des minerais. "L'inventaire de leur biodiversité ne fait que commencer et la compréhension de leur fonctionnement, des interactions entre écosystèmes, et du rôle des grands fonds dans le système océanique et climatique de la planète demeure lacunaire" peut-on lire dans un résumé du rapport.

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"L’inventaire de la biodiversité ne fait que commencer. On pensait que ces fonds marins étaient vides mais ils sont peuplés de nombreuses espèces et êtres vivants" explique Teva Rohfritsch, sénateur de la Polynésie française et rapporteur de la mission d’information. "Il y a besoin de mieux connaître ce milieu avant d’envisager quelques exploitations que ce soit."

Parmi les recommandations listées dans le rapport, les sénateurs réclament un délégué interministériel aux fonds marins et de "créer un conseil scientifique réunissant des représentants de l’ensemble des disciplines scientifiques concernées par la compréhension des grands fonds marins". Mais, "la mission estime prématuré de se prononcer sur la prospection et l’exploitation des ressources minières".

La position ambigue de la France

Des ONG et des scientifiques vont dans le même sens, ils demandent un moratoire international pour bloquer tout projet d'extraction de mines dans ces grands fonds. Car des États et des industriels sont prêts pour envoyer leurs robots au fond de l'eau. François Chartier, chargé de campagne chez Greenpeace, espère que le sommet de Lisbonne sera l'occasion de mettre un coup de frein à ce désir d'expansion : "Il faut voir un pays comme la Norvège qui est aujourd’hui sur les starting-blocks pour déjà explorer leurs fonds marins. Il y a aussi des pays asiatiques : l’Inde, le Japon, la Chine mènent des explorations. On voit aussi derrière des géants du parapétrolier qui sont très intéressés. L’urgence est de rallier ce moratoire que l’on porte."

Pour le moment la France n'a pas signé ce moratoire, sa position reste ambiguë selon les ONG. En revanche des parlementaires européens vont profiter de ce sommet de Lisbonne pour s'opposer clairement à cette extraction minière dans les fonds marins.