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L’Italie en plein "hiver démographique"

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Le Forum des associations familiales a organisé un forum pour tenter de relancer la natalité. Parmi les participants Mario Draghi, le président du Conseil et le pape François
Le Forum des associations familiales a organisé un forum pour tenter de relancer la natalité. Parmi les participants Mario Draghi, le président du Conseil et le pape François
© AFP - POOL / Andrew Medichini

Pour la première fois, en Italie, des États généraux de la natalité sont organisés à Rome non loin du Vatican. Objectif : relancer les naissances dans un pays qui ne fait plus d’enfant selon les organisateurs.

Jamais l'Italie n'a fait si peu d'enfant ! Il y a eu 404.000 naissances en 2020, selon les dernières données de l’Istat (l’Institut statistique italien). Le taux de fécondité s'élève à 1,24 enfant par femme et inscrit l’Italie au dernier rang européen avec l’Espagne. Le Forum des associations familiales a donc organisé l’évènement en affichant clairement sa volonté de relancer la natalité. 

Parmi les participants, Mario Draghi, le président du Conseil, a ouvert la journée en rappelant que le nombre de naissance a diminué de près de 30% en 10 ans. Il déplore cette réalité inquiétante selon lui : 

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Une Italie sans enfant est une Italie qui finit lentement d'exister. Pour le gouvernement c'est donc une priorité, nous nous engageons sur de nombreux fronts pour aider les couples et les jeunes femmes.

Désormais 21 milliards d’euros par an seront consacrés à la famille et à la natalité, dont 6 milliards sont des dépenses supplémentaires par rapport aux dispositifs de soutien existants. L’Italie a entamé une révolution avec "une mesure historique" selon Mario Draghi : un chèque versé chaque fois, pour chaque enfant, jusqu’à 21 ans.

Des allocations familiales à la française

Cette allocation unique qui regroupera tous les dispositifs existants, sera universelle et progressive. Elle entrera en vigueur au mois de juillet, d’abord pour les indépendants qui jusque-là n’y avaient pas droit, puis pour tous en fonction des revenus. Il y aura donc un minimum et un maximum. 

Ces premières allocations familiales sont très appréciées, notamment par le Vatican, qui garde son influence sur la politique italienne. Le pape François a en effet partagé la scène de ces États généraux de la natalité avec Mario Draghi, qu’il a remercié pour son engagement pour la famille, avec Virginia Raggi, la maire 5 Etoiles de Rome ou encore Nicola Zingaretti, le président démocrate de la région Latium. François est inquiet car selon lui "le message qui se répand est que s’épanouir est synonyme de gagner de l’argent et de réussir. Les enfants apparaissant presque comme un obstacle qui ne devraient pas entraver les aspirations personnelles de chacun".

"Je pense avec tristesse aux femmes découragées par leur travail à avoir des enfants ou qui doivent cacher leur ventre" a regretté le Pape. "Comment est-il possible qu'une femme se sente honteuse du plus beau cadeau que la vie puisse offrir ? Ce n'est pas la femme mais la société qui devrait avoir honte !" 

Une société qui n’accueille pas la vie, cesse de vivre. Les enfants sont l'espoir qui fait renaitre un peuple !

Le directeur de l'Istat (l’institut statistique italien), Gian Carlo Blangiardo, n'a pas beaucoup d'espoir dans l'immédiat. Selon lui trois scenarios se dessinent pour l’avenir : un optimiste, un intermédiaire et un pessimiste. "Nous nous dirigeons vers la voie la plus pessimiste" regrette-t-il "avec 350 000 naissances dans un pays de 60 millions d'habitants".
En 2020, la France et ses 66 millions d’habitants a vu naitre 740 000 enfants.