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L’orage au Théâtre des bouffes du nord du 12 au 29 janvier 2023

Par
L'Orage
L'Orage
- Jean-Louis Fernandez

L’orage menace, l’orage gronde, l’orage éclate. Est-ce un châtiment ? Est-ce la Nature ? Le monde d’Ostrovski, a-t-on souvent dit, est un monde de ténèbres…

« L’Orage est une pièce sur toutes les formes de peur, de l’angoisse à la terreur. L’Orage, c’est la matérialisation de cette peur fondamentale au principe de la vie des personnages. Tout le monde a peur, des autres, de soi-même, du monde tel qu’il va, de la société, du temps qu’il fait, de la catastrophe imminente.

Nous sommes dans une petite ville sur les bords de la Volga immense, énorme, que vante Kouliguine, toujours émerveillé par le spectacle du fleuve et des choses. On est plus loin que jamais de Moscou, du centre, de la vie intellectuelle, artistique, de la vie tout court, dans un système social figé, dominé par les marchands (bourgeoisie industrielle et commerçante, souvent issue du servage, qui, notamment dans une petite ville, concentre tous les pouvoirs, économiques, administratifs, policiers, à la manière des oligarques dans la Russie post-soviétique). On sent le poids écrasant de la religion, de l’inculture, de l’alcool. L’inertie domine. On va et vient dans cette ville dans une forme d’errance sur place, les gens déambulent, s’arrêtent, repartent et ne vont nulle part. D’un côté la Volga, de l’autre les murs clos des demeures, les secrets enfermés, la violence sourde, l’alcool pour faire semblant d’être libre. Comédie et tragédie tout ensemble, à chaque instant, L’Orage est un classique ébréché, bizarre, très drôle et très dur. Une pièce d’hier pour aujourd’hui. » Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française

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« Qu’est-ce que tu en sais, toi ? Chacun a ses ténèbres et personne ne lit dans le fond des cœurs. » L’Orage, Acte II, Alexandre Ostrovski

L'Orage
L'Orage
- Jean-Louis Fernandez

« La beauté de la pièce tient à la vie, la vie même qui éclaire et tourmente chacun des personnages, qu’ils soient du côté de l’inertie, de la débrouille, du relatif, comme du côté de l’idéal, de la liberté, de l’absolu. Chacun a peur, chacun cherche aussi, malgré tout, sa voie, son rachat. Chacun est en proie à sa propre faiblesse.

Tikhone, le fils alcoolique écrasé par sa mère n’est pas moins touchant que le marchand violent et cupide, qui vient pleurer dans les bras de cette mère effrayante. Varvara, la sœur de Tikhone, sans idéal et sans scrupule, n’est pas moins aimable, tout compte fait, que Katerina, l’héroïne, qui rêve de voler comme un oiseau, d’échapper à ce monde aussi menaçant que menacé. Femme de Tikhone, Katerina n’est note d’intention pas de cette ville. Elle vient d’ailleurs et rêve d’ailleurs. Amoureuse de Boris, mi-noble, lui aussi étranger à cette ville, elle bute sur les interdits, sur sa peur, sur son désir. Pourquoi je me refuse ce que je désire plus que tout ? Je veux bien mourir pour avoir au moins une fois obéi à mon cœur. C’est rigoureusement, à la lettre, ce qu’elle va faire. » Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française

« Quand l’aurore boréale se lève, au lieu d’ouvrir grand les yeux pour accueillir le prodige, c’est le feu de la terreur qui brûle dans vos yeux. Comme dit le poète : « Au cœur de la nuit, l’Aurore resplendit ! » Mais vous, vous restez saisis d’effroi à vous demander si c’est un présage de guerre ou de choléra ! Une comète – regardez-là ! Admirez-là ! Cette splendeur dont on ne devrait pouvoir détacher son regard ! Les étoiles sont là qui nous accompagnent tous les jours de notre vie. Mais une comète – sa fulgurance jamais vue ! On devrait la regarder et l’admirer… Mais non. Vous ne levez les yeux au ciel que pour le craindre et le redouter. Vous regardez la beauté comme un épouvantail. Ah ! Pauvre peuple qui ne voit qu’avec les yeux de la peur… moi je n’ai pas peur, voyez-vous, non… Allez, monsieur, venez… » Kouliguine, personnages d’Ostrovski

L'Orage
L'Orage
- Jean-Louis Fernandez

► Distribution

  • D’Alexandre Ostrovski
  • Adaptation Laurent Mauvignier
  • Mise en scène Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française
  • Assistant mise en scène Laurent Podalydès
  • Scénographie Eric Ruf
  • Assistante scénographie Caroline Frachet
  • Costumes Anaïs Romand
  • Son Bernard Vallery
  • Lumières Stéphanie Daniel
  • Avec Cécile Brune (Fekloucha), Julien Campani (Boris), Philippe Duclos (Kouliguine), Francis Leplay (Chapkine), Leslie Menu (Varvara), Dominique Parent (Dikoï), Laurent Podalydès (Promeneur), Mélodie Richard (Katerina), Nada Strancar (Kabanova), Bernard Vallery (bruitiste et guitare), Geert van Herwijnen (Koudriache), Thibault Vinçon (Kabanov).