Publicité

L'usage de l'écriture inclusive devient-il courant dans les administrations ?

Par
L'usage de l'écriture inclusive devient la règle dans quelques municipalités, marquées à gauche
L'usage de l'écriture inclusive devient la règle dans quelques municipalités, marquées à gauche
© Maxppp - FRANCOIS DESTOC

Le député LREM de l'Indre François Jolivet a déposé ce mercredi une proposition de loi pour "interdire l'écriture inclusive dans les documents administratifs". Une proposition soutenue par une soixantaine de députés de la majorité. Mais l'usage du langage épicène est-il si courant dans la sphère politique ?

Il fait la guerre au point médian. Le député LREM de l'Indre François Jolivet a déposé ce mercredi une proposition de loi visant à "interdire l'écriture inclusive dans les documents administratifs", écriture qu'il définit comme un choix "personnel" et "militant". Dans l'exposé des motifs de cette proposition de loi, il affirme que cette graphie "complexifie l'apprentissage de la langue française" et que "les experts de la dyslexie, dyspraxie et dysphasie sont préoccupés et alertent sur les difficultés supplémentaires engendrées par cette forme d'écriture". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

François Jolivet dit s'inquiéter de l'apparition de "mots nouveaux" dans des publications "parfois officielles" comme "iels" pour "ils/elles", "toustes" pour "tous/toutes" ou "celleux" pour "celles/ceux". Une ligne déjà défendue en 2017 par l'ancien Premier ministre Edouard Philippe dans une circulaire où il invitait ses ministres à ne pas faire usage de l'écriture inclusive. 

Publicité

Cet usage dans les administrations est-il si fréquent ? 

L'écriture inclusive, ou langage épicène, a un objectif qui devrait à priori prêter au consensus : éviter les discriminations sexistes et redonner de la visibilité au féminin. Si François Jolivet s'oppose spécifiquement au point médian, qui permet d'employer pour un même mot à la fois le genre masculin et féminin, bien d'autres procédés permettent de féminiser le langage. Le fait d'accorder les fonctions, métiers, grades et titres selon le genre est une forme d'écriture inclusive, tout comme le fait de désigner à la fois le féminin et le masculin quand on parle d'un groupe de personnes : "Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes". Dans certaines formes d'écriture inclusive, on privilégie l'accord de proximité plutôt que la règle du masculin qui l'emporte sur le féminin. Enfin, les règles d'écriture inclusive encouragent à éviter le terme "Homme" et à plutôt utiliser le mot "humain" quand il s'agit d'évoquer l'humanité dans son ensemble. 

Si la pratique est de plus en plus courante à gauche, l'usage de l'écriture inclusive reste limité à des instances locales. C'est notamment le cas à la mairie de Paris, à la demande de la maire socialiste Anne Hidalgo  :

Capture d'écran du site de la mairie de Paris
Capture d'écran du site de la mairie de Paris

C'était aussi une des premières mesures votées par la municipalité écologiste à Lyon élue au printemps dernier : désormais toute la communication se fait en langage épicène. 

Cette féminisation de l'écriture fait maintenant partie du règlement intérieur de la mairie de Périgueux, dirigée par la socialiste Delphine Labails. Une mesure qui lui a valu d'être attaquée par un ancien élu de la ville fin janvier. Patrice Reboul, aujourd'hui membre du Parti Radical de Gauche, a adressé une requête devant le tribunal administratif de Bordeaux "demandant l'annulation du règlement intérieur de la Ville de Périgueux rédigé en écriture dite inclusive". 

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a rapidement balayé la proposition de loi de François Jolivet lors du compte-rendu du Conseil des ministres ce mercredi, rappelant que le gouvernement entendait se consacrer "aux priorités de notre pays" comme "la crise sanitaire" et "la crise économique".