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La Chine, nouveau poids lourd diplomatique au Proche-Orient

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Wang Yi, chef de la diplomatie chinoise, Pékin, avril 2021
Wang Yi, chef de la diplomatie chinoise, Pékin, avril 2021
© AFP - WANG ZHAO

Alors que la guerre se poursuit entre Israël et le Hamas, les États-Unis appellent au cessez-le-feu, mais refusent l'intervention du Conseil de Sécurité de l'ONU. À sa tête, la Chine essaie de débloquer la situation, et endosse un nouveau rôle, inédit, de pays médiateur au Proche-Orient.

Que vient faire une puissance, si lointaine, au Proche-Orient où la confrontation armée se poursuit entre Israël et le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 ? Depuis la reprise des hostilités, 3 700 roquettes ont été tirées en 9 jours, et au moins 230 personnes sont mortes, dont une soixantaine d’enfants, en majorité palestiniens.

Se poser la question, c'est sous-estimer le rôle que joue la Chine, depuis plusieurs années déjà, dans une région où les États-Unis et l’Europe sont les traditionnels et principaux partenaires : le gouvernement chinois entretient des relations suivies avec Israéliens et Palestiniens.

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Manœuvres chinoises pour le processus de paix

En mai 2013, puis en 2017, Xi Jinping  avait invité à Pékin Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, venus tous deux séparément en visite officielle. Appuyer le processus de paix a fait partie des échanges.

Lors de sa tournée au Proche-Orient en mars dernier, Wang Yi, le ministre des Affaires Étrangères a offert une nouvelle fois aux Israéliens et aux Palestiniens de venir en Chine pour des négociations. Mais l’offre n’avait pas été prise au sérieux "parce que la Chine n’est pas considérée comme un acteur important dans le conflit", relève ce matin le South China Morning post, grand quotidien de Hong Kong.

Pour le moment, il n’est pas question de choisir entre les États-Unis et la Chine : le président palestinien plaidait, il y a quelques jours encore, pour une intervention diplomatique de Washington dans le conflit. Mais la Chine, qui a des intérêts économiques grandissants au Proche-Orient avec les nouvelles routes de la soie, gagne en importance et se préoccupe de la sécurité et de la stabilité dans cette région.

Tacle envers l'administration américaine

La présidence tournante du Conseil de Sécurité de l’ONU, que la Chine assure pendant le mois de mai, lui offre une tribune pour avoir un rôle plus actif en appelant à un cessez-le-feu immédiat et en dénonçant "l’obstruction des États-Unis", qui ont refusé trois projets de texte appelant à la fin des violences.

"Le Conseil de Sécurité doit prendre des mesures ; à cause de l’obstruction d’un pays, le Conseil n’a pas été capable de parler d’une seule voix" (Wang Yi, ministre des Affaires Étrangères chinois)

Le gouvernement chinois, qui est actuellement sous la pression de l’opinion publique occidentale pour sa politique de répression des musulmans dans sa province nord-ouest du Xinjiang, tacle ainsi l’administration américaine pour son attitude envers les Palestiniens.

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