Publicité

La Cour des comptes pointe la mauvaise gestion des absences des enseignants dans l'Education nationale

Par
 Une enfant dans une salle de classe lève la main pour être interrogée, à Vannes, le 12 mai 2021
Une enfant dans une salle de classe lève la main pour être interrogée, à Vannes, le 12 mai 2021
© AFP - Gwenvael Engel

Les absences d’un enseignant de plus de deux semaines sont remplacées dans 96% des cas dans le secondaire mais la situation est différente lors d’une indisponibilité de courte durée. Le coût de l’ensemble des absences dans le premier et dans le second degré est estimé à près de quatre milliards d’euros par an.

_"L’appréciation des absences des enseignants est une question délicate car la mesure statistique et la perception qu’en ont les élèves et leurs familles ne coïncident pas exactement" s_ouligne la Cour des Compte dans son rapport publié ce 2 décembre. Il révèle qu'u collège et au lycée, les deux tiers des absences des enseignants sont liés à des obligations de service.

Situation "plus complexe" dans le secondaire

Le rapport révèle une situation très différente entre le primaire et le secondaire. Dans les écoles, 80% des absences sont remplacées dès le premier jour. Concernant les collèges et les lycées, "la situation est plus complexe" écrit la Cour des comptes. Pour les absences de longue durée, plus de 15 jours, le remplacement est assuré dans 96% des cas. Mais au fil des années, ce chiffre diminue, la situation se dégrade légèrement, en raison notamment des difficultés de recrutement. D’après la Cour des comptes :

Publicité

Près de 10 % des heures de cours ont néanmoins été "perdues" lors de l’année scolaire 2018-2019, soit une augmentation de 24 % par rapport à l’année précédente.

En revanche, les absences de courte durée, de moins de 15 jours, sont moins bien remplacées. Une solution de remplacement est trouvée dans seulement 20% des cas selon la Cour des compte. Ces absences "représentent à elles-seules près de 2,5 millions d’heures, dont seules un peu plus de 500 000 sont remplacées" précise le rapport.

Des absences surtout liées à des obligations professionnelles

La Cour des comptes s’est penchée sur les raisons de ces absences, leur motif. Dans le secondaire, dans un tiers des cas, ce sont pour raisons personnelles, parce que l’enseignant est malade ou a un enfant malade, un examen de santé etc. Les deux tiers des absences sont liées à des obligations professionnelles, "provenant du fonctionnement même de l’éducation nationale" affirme les sages de la rue Cambon, avec par exemple les formations et la participation à un jury d’examen. 

Or ces absences pourraient être mieux planifiées pour ne pas empiéter sur le temps de classe. La Cour des comptes préconise par exemple de prévoir dans la semaine des plages de temps de formation afin de ne pas pénaliser les élèves. Elle propose aussi que les professeurs effectuent, en plus de leur obligation de service, des remplacements rémunérés en heures supplémentaires. Ces absences ne sont pas une fatalité et l’Éducation nationale peut mieux faire, dit la Cour des comptes.

L’institution scolaire doit faire en sorte que l’organisation des examens ou des concours et des réunions pédagogiques ne morde pas systématiquement sur le temps de cours des élèves, que les stages de formation aient lieu en dehors du temps d’enseignement et que les professeurs participant à des voyages ou des sorties scolaires soient systématiquement remplacés.

La Cour des comptes estime que ces absences institutionnelles coûtent plus d’un milliard d’euros. Au total, le coût du remplacement et le coût du non-remplacement et donc du service non rendu aux élèves est évalué à quatre milliards d’euros. "Les enseignants ne sont pas plus absents que les autres agents de la fonction publique d’État, et le sont moins que les agents des fonctions publiques territoriale et hospitalière" pointe enfin le rapport. Mais c’est à l’institution de trouver des solutions en interne pour mieux organiser la gestion de ces absences.