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"La crainte du début d’une troisième vague" : l'épidémie de Covid-19 au Royaume-Uni en cinq chiffres

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Une infirmière injecte une dose de vaccin AztraZeneca dans un centre de Hull, dans le nord-est du pays, le 7 mai 2021.
Une infirmière injecte une dose de vaccin AztraZeneca dans un centre de Hull, dans le nord-est du pays, le 7 mai 2021.
© AFP - Oli Scarff

Des hospitalisations qui augmentent, un variant indien qui se propage à toute vitesse, "ce que nous voyons ici sont les signes d’une vague précoce" estime Ravi Gupta, le spécialiste des maladies infectieuses au Royaume-Uni. Le pays redoute une troisième vague.

Ce sont les bons élèves de la vaccination, mais ils ne doivent pas baisser la garde. Au Royaume-Uni, la situation de l’épidémie est scrutée de très près. Des signaux inquiètent depuis quelques jours et plusieurs experts craignent de voir les prémices d’une troisième vague. L'un des premiers à alerter est Ravi Gupta, spécialiste des maladies infectieuses et membre du Sage, l’équivalent du conseil scientifique outre-Manche. Sur la BBC, il déclare : "Le nombre de cas est relativement faible pour le moment. Toutes les vagues commencent par un faible nombre de cas qui augment petit à petit puis deviennent explosifs. Ce que nous voyons ici sont les signes d’une vague précoce." Voici cinq chiffres pour y voir plus claire sur la situation au Royaume-Uni.

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C’est le nombre de nouveaux malades du Covid-19 en Grande-Bretagne le 31 mai. Plus de 3000 patients testés positif. Cela fait six jours d’affilée que c’est le cas. C’est important de le souligner car cette barre n’avait plus été franchie depuis près de deux mois. A la mi-avril, le pays était même passé sous la barre des 2000 cas plusieurs jours de suite.

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133 

Là encore, il y a un frémissement de la courbe. 133 patients ont été admis à l’hôpital le 25 mai. Si cela est bien loin du pic des 4500 malades hospitalisés par jour au pic de l’épidémie dans le pays, cet indicateur est en hausse quand on compare à la semaine précédente.

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Comme le nombre de décès à cause du Covid-19 recensé le 31 mai. Depuis un pic le 19 janvier, la courbe redescend. Le même jour, la France a enregistré 126 liés au coronavirus. Le 10 mai, il n'y a eu aucun mort du Covid en Angleterre, et seulement quatre si on ajoute l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord. Le Royaume-Uni reste le pays le plus endeuillé d'Europe, avec 152 000 décès.

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Près de 75% des adultes ont reçu au moins une première dose de vaccin au Royaume-Uni. 25 millions de Britanniques ont reçu les deux doses. C’est quasi deux fois plus qu’en France. Pourtant, certains indicateurs repartent à la hausse depuis le mois de janvier alors que la population ne cesse d’être vaccinée. La cause ? Le variant dit indien, B.1.617.2, beaucoup plus contagieux, est l’une des hypothèses. Les vaccins ne sont totalement efficaces qu’après l’injection de la seconde dose. Au Royaume-Uni, une majeure partie de la population est vaccinée avec AstraZeneca, mais il n’est pas celui qui immunise le mieux.

+160%

C’est un chiffre préoccupant. Le 20 mai dernier, le Guardian affirmait que le nombre de contaminations au variant indien avait augmenté de 160%. "Les cas affectent toujours principalement le nord-ouest de l'Angleterre, en particulier Bolton et Londres, mais nous voyons des regroupements de malades à travers tout le pays". Pour les experts du Sage, l’équivalent du conseil scientifique en France, il est "tout à fait possible que ce nouveau variant B.1.617.2 soit 50% plus transmissible que le B.1.1.7", soit le variant dit "anglais", qui a précipité le pays dans la seconde vague de l’épidémie. L’agence de santé britannique affirme que le variant indien représentait plus 58% des cas positifs dans le pays.  

Une étape du déconfinement repoussée ?

Ces chiffres peuvent-ils remettre en cause la dernière étape du déconfinement, très progressif, au Royaume-Uni ? Des voix s’élèvent et lance un appel à la prudence. “Une réouverture complète en juin n’est pas compatible avec un contrôle du virus”, estime le professeur d’épidémiologie d’Harvard William Hanage, dans le Guardian. Ne pas se précipiter alors que dans trois semaines, le 21 juin, les mesures de distances sociales devaient prendre fin. Les limites pour les rassemblements doivent disparaître. Le calendrier pourrait changer.