Publicité

La liberté de la presse frappée par le virus

Par
Les régimes autoritaires, comme le Brésil, ont profité de la pandémie pour donner un tour de vis aux médias, mais aussi pour désinformer leur opinion publique sur la Covid-19
Les régimes autoritaires, comme le Brésil, ont profité de la pandémie pour donner un tour de vis aux médias, mais aussi pour désinformer leur opinion publique sur la Covid-19
© AFP - Leo Malafaia

RSF publie ce mardi son rapport annuel sur la liberté de la presse dans le monde. Même si l'Europe reste le continent le plus favorable à l'exercice du métier de journaliste, l'épidémie de Covid-19 a eu des conséquences négatives sur la liberté des médias.

Sans surprise, comme chaque année, les pays scandinaves – Norvège (1e), Finlande (2e) et Suède (3e, +1) – trustent les premières places du classement établi par Reporter sans Frontières (RSF).

Mais la pandémie de COVID a cette année impacté très sérieusement la liberté la presse, constate Pauline Ades-Mevel, porte-parole de RSF : "La Hongrie a été a première dans l’Union européenne à mettre en place une législation liberticide, avec des peines de prison pour la diffusion de soi-disant fausses informations." En Hongrie, les médias étrangers ont été visés par une campagne d’intimidation de la part des autorités. Le régime de Victor Orban n’a pas cessé de censurer des médias indépendants comme le site Index, dont la quasi-totalité des journalises a démissionné à la suite de sa prise de contrôle par des hommes proches du Premier ministre.

Publicité

"En Espagne, on a vu des journalistes empêchés d’accéder à des conférences de presse ou de poser des questions, poursuit Pauline Ades-Mevel. Il y a eu aussi des restrictions en Italie. Des journalistes en Grèce qui ne pouvaient pas accéder à l’information."

La désinformation bat sont plein en Amérique du sud

Dans le reste du monde, les régimes autoritaires ont profité de la pandémie pour donner un tour de vis aux médias, mais aussi pour désinformer leur opinion publique sur la Covid-19. Plusieurs pays d’Amérique du sud sont pointés du doigt dans le rapport de RSF.

"Bolsonaro au Brésil ou Maduro au Venezuela ont fait la promotion de médicaments dont l’efficacité n’avait jamais été prouvée par le monde médical", constate Pauline Ades-Mevel. "Heureusement grâce à des journalistes qui ont produit des enquêtes poussées, la vérité des faits a pu être rétablie au Brésil et au Venezuela."

Quant à la France, elle stagne à la 34e place du classement de RSF. Les principales violations des droits de la presse dans l'hexagone se sont principalement déroulées lors des manifestations contre le nouveau schéma national de maintien de l’ordre et le projet de loi de "sécurité globale", dont la première version interdisait la diffusion d'images des membres des forces de l'ordre.

7 min