La Nasa dévoile les futurs combinaisons de ses astronautes (et non, elles ne seront pas noires...)

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La Nasa dévoile les futurs combinaisons de ses astronautes (et non, elles ne seront pas noires...)

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Si le prototype présenté mercredi était orange et noir, la combinaison des futurs astronautes de la prochaine mission lunaire restera en réalité bien blanche.
Si le prototype présenté mercredi était orange et noir, la combinaison des futurs astronautes de la prochaine mission lunaire restera en réalité bien blanche.
© AFP - Mark Felix

Une nouvelle combinaison, plus sophistiquée et permettant des mouvements plus amples et plus facile a été présentée par la Nasa mercredi. Elle sera utilisée pour la prochaine mission Artémis 3 vers la Lune, prévue pour 2025.

Photo non contractuelle. La nouvelle combinaison destinée à l’usage de la mission Artémis 3 a été présentée par la Nasa et l’entreprise Axiom Space, conceptrice de ces habits. Cette mission de l'agence spatiale américaine, officiellement prévue en 2025, doit faire atterrir des astronautes sur la surface de la Lune pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle, dont la premièr femme.

Et si le prototype présenté mercredi était orange et noir, la combinaison des futurs astronautes de la prochaine mission lunaire restera bien blanche. Le blanc permet de mieux réfléchir les rayons du Soleil, pour mieux réguler la température à l'intérieur du scaphandre et la version sombre n’était en fait qu’une façon de garder confidentiels certains aspects du développement, pour cause de concurrence sur les missions suivantes avec une autre entreprise, Collins Aerospace.

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Plus de mobilité, plus d’agilité

La Nasa a déboursé 228,5 millions de dollars pour ce premier contrat concernant Artémis 3. A Houston, l’événement était donc de taille : l'ingénieur en chef Jim Stein, sélectionné pour revêtir le scaphandre, a procédé à une démonstration en agitant les bras, se baissant, et même en se mettant accroupi. L'amélioration de la mobilité et de l'amplitude des mouvements est l'une des grandes avancées de cette combinaison moderne, par rapport à celles du programme Apollo.

Sur la Lune, les combinaisons devront pouvoir affronter un environnement particulièrement rude. Le pôle sud, où les missions Artémis atterriront, peut endurer des températures de plus de 50°C, mais aussi très froides (jusqu'à moins de 200°C au fond de certains cratères). Autres difficultés : la poussière, ou encore les pierres tranchantes.

Les matériaux utilisés pour les différentes couches de la combinaison sont donc isolants, résistants face au risque de déchirure, et empêchent la poussière d'adhérer.

Le prototype présenté mercredi était orange et noir mais la combinaison des futurs astronautes de la prochaine mission lunaire restera bien blanche
Le prototype présenté mercredi était orange et noir mais la combinaison des futurs astronautes de la prochaine mission lunaire restera bien blanche
© AFP - MARK FELIX

Différentes tailles, équipement complet mais...

Les combinaisons ne seront pas complètement réalisées sur mesure pour chaque astronaute, mais différentes tailles existeront. Le casque comporte des lumières frontales, et une caméra à haute résolution pour permettre de suivre en direct la sortie depuis la Terre. Les astronautes enfileront la combinaison en l'ouvrant par le dos. Ils porteront également un sac à dos, avec à l'intérieur ce dont ils ont besoin pour rester en vie, “une bouteille d'air comprimé et un climatiseur très sophistiqués, combinés”, a décrit Russell Ralston, chef adjoint du programme des sorties spatiales chez Axiom Space.

Les combinaisons pourront être portées durant au moins huit heures d'affilée, pour réaliser prélèvements et autres recherches scientifiques. Si l'entreprise a décrit l'habit comme “révolutionnaire”, une chose ne changera pas par rapport au temps d'Apollo : pour leurs besoins naturels, les astronautes devront toujours porter, en-dessous, des couches.

Pesquet plutôt tenté

"N'importe quel européen aurait un look d'enfer là-dedans, et nul doute que plusieurs auront l'occasion de le porter... ", a réagi sur Twitter l'astronaute français Thomas Pesquet, qui a assisté à la présentation, la qualifiant de "moment important dans notre chemin vers la Lune" . "Mais je ne sais pas, je trouve qu'il m'irait quand même pas mal, non ?"

Plus sérieusement, Thomas Pesquet a noté qu'il s'agissait de scaphandres nouvelle génération "très innovants", avec notamment des articulations "qui permettent une plus grande amplitude de mouvement pour marcher ou plier les genoux plus facilement… Le tout afin d'effectuer des tâches géologiques et scientifiques plus précises".

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Les scaphandres "que nous utilisons en sortie l'ISS sont entièrement conçus pour être utilisés en flottant. Ils seraient bien trop lourds et pas assez flexibles même sur la Lune : une fois tombés sur le dos avec ça, impossible de se relever" , a expliqué l'astronaute français, qui a effectué deux missions dans la Station spatiale internationale.

Combinaisons en location

Développer une combinaison spatiale est d'une immense difficulté, et n'a pas été fait aux Etats-Unis depuis l'époque des navettes spatiales. La technologie de celles utilisées actuellement pour les sorties à l'extérieur de la Station spatiale internationale (ISS) est ainsi la même qu'il y a environ 40 ans.

Axiom Space et Collins Aerospace sont également chargés de développer de nouvelles combinaisons pour les sorties dans le vide de l'espace. Jusqu'ici, la Nasa était propriétaire de ses combinaisons, mais elle a décidé d'un modèle différent pour l'avenir, en les louant au secteur privé.

Celles développées par Axiom, appelées AxEMU (pour Axiom Extravehicular Mobility Unit), sont toutefois issues à environ 50% des récentes recherches et développements de la Nasa, qui a mis ses connaissances à la disposition des entreprises, a précisé Michael Suffredini, le patron d'Axiom Space. La société prévoit de construire sa propre station spatiale, et aura ainsi elle-même besoin de combinaisons pour ses futurs clients à bord.