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La nouvelle politique agricole commune sera-t-elle vraiment en faveur de l'agriculture bio ?

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En France, fin 2019, le pourcentage de surfaces cultivées en bio se montait à 8,5%.
En France, fin 2019, le pourcentage de surfaces cultivées en bio se montait à 8,5%.
© Radio France - Claire Leys

Julien Denormandie doit présenter vendredi ses arbitrages sur le plan stratégique national (PSN) de la France, déclinaison de la future PAC qui s'appliquera jusqu'en 2027. Une PAC qui devrait être plus verte et plus juste, selon le ministère, ce que contestent les agriculteurs bio qui ont déjà fait leurs calculs.

Comment seront répartis les 9 milliards d’euros par an de la prochaine PAC attribués à la France pour les années 2023-2027 ? On y verra un peu plus clair vendredi midi : le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie réunit dans la matinée un conseil supérieur d’orientation, consacré aux arbitrages de la France pour la prochaine PAC, Politique agricole commune. Il y présentera le Plan stratégique national, déclinaison nationale de cette PAC qui devrait être plus verte et plus juste selon le ministère. 

"Mieux vaut une petite marche avec beaucoup de gens dans la maison, qu’une ambition plus élevée mais beaucoup qui reste dehors" : Voilà une phrase (une image même) entendue en réunion par des syndicalistes agricoles et attribuée aux conseillers du ministère de l’Agriculture. Et elle résume assez bien, semble-t-il, les arbitrages de la France pour cette prochaine PAC. 

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Un simulateur et beaucoup de déçus

Bien sûr, il y aura les fameux "éco-régimes" qui conditionnent les aides, à des efforts environnementaux. Mais le gouvernement les veut très inclusifs justement, donc peu exigeants. Les agriculteurs de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) s’en plaignent déjà. Avec les informations qu’ils ont pu recueillir, ils ont mis au point un simulateur d’aides PAC et, selon leurs calculs, leurs aides sont systématiquement en baisse

Irène Carasco, arboricultrice bio, dans le Lot-et-Garonne a pour activité principale la culture de 23 hectares de pruniers. Elle raconte volontiers qu’elle était jusque-là très optimiste pour cette nouvelle PAC, dans l’air du temps avec le "green deal" et des promesses d’aides pour services environnementaux. Mais elle a senti, dit-elle, un revirement, confirmé par le simulateur. "En le remplissant, je me suis aperçue que je touchais 34 000 euros jusqu'ici et, dans la nouvelle PAC, je ne vais toucher que15 924 euros. Je perd plus de la moitié de les aides, 55% en fait." Essentiellement parce qu’il n’y aura plus d’aides au maintien, ni de paiement vert, remplacé par une nouvelle aide unique de 70 euros à l’hectare. 

Tout pour la conversion et plus d'aides au maintien en bio

Le gouvernement semble vouloir mettre de gros moyen sur la conversion en bio, mais au bout de cinq ans, plus rien… C’est contre-productif, déplore Loïc Madeline, secrétaire national de la FNAB. "C'est un désaveu de cet engagement en faveur d'un mode de production dont on connaît les aménités et qui a la vertu de préserver l'environnement et les écosystèmes. Je pense que c'est un vrai désaveu. Ça va beaucoup semer le doute chez ceux qui sont les candidats à la bio de demain." Conclusion de Loïc Madeline : cette nouvelle PAC ne sera qu’une redite de l’ancienne. 

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