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La passion du houblon : de plus en plus de Français cherchent à devenir brasseurs

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À la brasserie de l'Aurore, à Tauxigny en Indre-et-Loire.
À la brasserie de l'Aurore, à Tauxigny en Indre-et-Loire.
© AFP - Pascal Avenet / Hemis.fr

Le houblon donne des idées. Il existe une poignée de formations en France pour devenir brasseur. Elles rencontrent un succès fou et de nombreux candidats sont recalés.

IPA, ambrée, blonde, blanche, stout : des brasseries artisanales fleurissent un peu partout dans le pays. La France en comptait une quarantaine au début des années 2000, 200 en 2009 et plus de 2.300 aujourd'hui. En moyenne, les Français boivent 30 litres de bière par an et par personne. Cela reste peu par rapport aux 100 litres bus chaque année par les Allemands, soit 200 pintes !

Mais dans l'Hexagone, de plus en plus d’entrepreneurs se lancent dans l’aventure et montent leur brasserie, certains par amour du houblon, d’autres car ils y voient un bon filon, parfois un peu des deux. Preuve que le métier de brasseur attire, au cours des deux dernières années, les ventes de bière ont progressé de 9% en volume et de 16% en valeur.

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Le renouveau des formations

Au fil des années, la France est devenue le pays de l'Union européenne qui compte le plus grand nombre de brasseries. Le succès devrait se prolonger car les formations, qui avaient disparu en France au milieu des années 80, sont de nouveau prises d'assaut. La première promotion est sortie en 2019 et depuis, le succès ne se dément pas, notamment auprès des salariés en reconversion.

À Douai, dans le Nord, le lycée agricole propose une formation pour décrocher le titre de brasseur professionnel. 450 candidatures sont reçues chaque année, pour 24 places. Trois autres centres en France proposent ce cursus, à Poligny, Nancy et La Rochelle. Elle n’est pas obligatoire pour se lancer mais c’est un gage de sérieux, notamment pour décrocher des prêts auprès des banques. Le matériel pour s’installer coûte cher, plusieurs centaines de milliers d’euros.

Comment expliquer ce succès ?

Le renouveau a commencé il y a une dizaine d'années, avec des microbrasseries dans le Nord et l'Alsace, terres de prédilection des amateurs de bière, mais aussi en Bretagne, en Corse et en Franche-Comté. Ces bières pont remporté les plus prestigieuses reconnaissances, comme la Brasserie du Mont-Blanc basée en Savoie ou plus récemment la bière blonde Anosteké de la brasserie du Pays Flamand à Merville dans le Nord.

La bière des Hauts-de-France, la Goudale, a même réussi à se hisser à la septième place du classement des ventes dans la grande distribution l’an dernier, derrière les géants Heineken et 1664 mais devant Affligem et Pelforth, d’après le magazine Rayon boissons d’avril 2022.