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La première exploration du Titanic avec Jean-Paul Nargeolet

L'épave du Titanic
L'épave du Titanic
© Getty

“La proue du Titanic vient de surgir dans le faisceau des projecteurs de notre sous-marin de poche. Un grand silence s'abat instantanément dans l'habitacle. Soixante-quinze ans plus tard, le spectacle est saisissant à cette profondeur."

Invité dans le temps d’un bivouac, Paul-Henri Nargeolet a plongé 35 fois pour remonter des vestiges de la plus grande catastrophe de l’histoire maritime. Dans cette émission, ce spécialiste du Titanic en raconte sa première exploration.

Premières recherches

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic faisait naufrage lors de sa traversée de l’Atlantique vers New York. Ce paquebot de plus de 260 mètres de long, qu'on pensait insubmersible, se brise en deux et coule après avoir percuté un iceberg. Un drame qui coûta la vie à 1500 personnes.

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photo digitale du Titanic lors de son naufrage
photo digitale du Titanic lors de son naufrage
© Getty

Depuis la tragédie, l’Atlantique nord a été le lieu de nombreux projets de recherche de l’épave. Faute de moyens techniques pour explorer les grandes profondeurs, les premières véritables tentatives de localisation commencent dans les années 1950. Le Titanic reste introuvable pendant plusieurs décennies car la position au moment du SOS du naufrage était erronée. Pourtant, 25 kilomètres plus loin repose la carcasse du gigantesque paquebot transatlantique de la White Star Line.

C’est en septembre 1985 que l’océanographe Robert Ballard et son équipe découvrent l’épave lors d’une expédition en partenariat avec l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Grâce au submersible Argo, utilisé à la place du sonar pour sonder les fonds marins, les premières images du Titanic apparaîssent.  Même si la découverte est attribuée à Ballard, c'est l'équipe française de l'Ifremer dirigée par Jean-Louis Michel qui a exploré 80% de la zone avant que l'équipe américaine prenne le relai. 

Paul-Henri Nargeolet raconte que Robert Ballard dormait au moment de l'apparition des images sur les écrans de contrôle.

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L'exploration de 1987

En 1987 est programmée une nouvelle mission. Les fonds nécessaires pour la financer sont réunis. Paul-Henri et deux autres hommes embarquent pour la première expédition d’exploration de l’épave. Résultant d’une collaboration entre l’Ifremer et la société américaine Oceanic Research Exploration Ltd, l’objectif de cette mission est de récupérer des objets du Titanic.

Entre le 25 juillet et le 9 septembre 1987, il y a 35 ans, 32 plongées seront effectuées par le petit sous-marin "Le Nautile", soit plus de 150 heures passées au fond de l’océan Atlantique. Un moment qui restera à jamais gravé dans la mémoire de l’ancien commandant de la marine nationale. Deux heures de descente dans l’obscurité la plus totale, toute trace de lumière disparaissant au-delà de 600 mètres de profondeur. Des animaux étranges frôlent le sous-marin de poche. La pression de l’eau est de 400 kg / cm² sur la fine coque : si un accident arrive, personne ne pourra les sauver. Le moindre courant peut s’avérer fatal. La solitude pèse sur les trois explorateurs, mais l’excitation de la proche découverte du navire est plus forte que l’angoisse et leur fait supporter les 12 heures passées enfermés dans la minuscule cabine au fond de l’océan.

“Quand on s'est retrouvé sur l'épave, il y a eu de la joie parce qu'on s'est dit 'Ça y est, enfin, on y est enfin, on va voir le on voit le Titanic. Et puis, très rapidement, je suis passé à de la tristesse parce qu'on était face à un désastre.” dit Paul-Henri Nargeolet avec émotion. “Et il y a toute l'histoire, tout ce que vous avez lu, appris, qui nous est revenu en pleine figure.” Il se souvient encore de la première fois qu’il a observé le nid de pie, depuis lequel la sentinelle a vu l’Iceberg qui provoquera le drame.

L'épave du titanic
L'épave du titanic
© Getty

C’est un champ de débris qui s’étend sur une large zone de 1900 mètres de long par 900 mètres de large. L’épave, gisant à 4000 mètres de profondeur, offre un spectacle saisissant. Paul-Henri est saisi d’un sentiment étrange face au lieu du drame. “J'ai eu ce sentiment au moment où on est arrivé pour la première fois sur le site, parce que j'y pensais beaucoup, alors que j'ai déjà vu ça au fond”, confie-t-il. “Parce que pour moi, le drame s'est passé en surface. Les gens ne se sont pas noyés. Ils sont morts de froid dans l'eau.”

Des objets étonnamment intacts ont pu être remontés. Le premier objet ramené par l’équipe : une petite assiette en métal argenté. Lors de ces 55 jours d’expéditions, de la vaisselle, du champagne, des dictionnaires, et même un morceau de coque, ont pu être récupérés.

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53 min