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"La vérité, je la donnerai" promet Nordahl Lelandais au 3e jour de son procès

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Le procès a commencé lundi devant la cour d'assises de la Savoie, à Chambéry
Le procès a commencé lundi devant la cour d'assises de la Savoie, à Chambéry
© AFP - Jeff Pachoud

L'ex-militaire Nordahl Lelandais est jugé depuis lundi pour le meurtre du caporal Arthur Noyer, à Chambéry en 2017. Devant la cour d'assises de la Savoie, il s'est montré décontenancé, ce mercredi, par la confrontation avec l'une de ses anciennes meilleures amies, avec qui il a fait la fête le lendemain du drame.

Jugé depuis lundi pour le meurtre du caporal Arthur Noyer il y a quatre ans, Nordahl Lelandais a demandé pardon, mardi, face au portrait de la victime posé devant ses proches dans la Cour d'assises. Ce mercredi soir, il a failli en dire beaucoup plus. Confronté à l'une de ses meilleures amies avec laquelle il a fait la fête le lendemain du drame. 

Véronique raconte d’abord cette soirée hallucinante avec ses meilleurs amis : "Il était bien, il était beau, il était festif, il était normal. Il était comme toujours." Alexandra et Nordhal se croisent tous les jours ou presque au boulot. "Rien ne pouvait nous faire penser à l’atrocité qu’il a pu faire. On est ahuri, on a de la peine de faire entrer une personne comme ça dans sa vie. On n’est pas prêt en tant qu’humain à vivre ça."

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"Il vous a trompée ? demande le président.
-  Moi j’ai rien perdu, juste un ami".

Et Alexandra se tourne vers le box. 

"C’est assez compliqué de savoir le mal que t’as fait. Tu leur dois la vérité, Nordahl. T’as été un super mec, continue de l’être et assume.
- La vérité, oui, je la donnerai. Mais je sais même pas quoi dire.
- Dis leur ce qu’il s’est passé, tu le sais au fond de toi, tu le sais, tu peux pas dire que c’est un accident, c’est pas possible, c’est pas possible.
- C’est compliqué, répond l’accusé, c’est une grosse carapace.
- Vous cachiez des choses ? insiste le président.
- C’est pas une histoire de cacher les choses, je ne pouvais pas expliquer, j’essayais d’être naturel.
- On aurait même pu t’aider, proteste Alexandra, mais pas à dissimuler la vérité, à l’assumer.
- Mes jours et mes nuits n’ont jamais été pareils, je suis désolé de vous dire ça Monsieur et Madame Noyer, je sais que les vôtres sont pires que les miennes. À ce moment-là, je ne savais pas quoi faire, je ne savais plus quoi faire. Je ne voulais pas montrer à mes amis que je n’étais pas bien". 

L’avocat de Nordahl Lelandais entre en scène. 

"Qu’est-ce qu’il se passe dans ta tête ? On a l’impression qu’il y a le moins et le plus qui se touchent, là. Qu’est-ce qu’il se passe ?
- C’est compliqué, c’est irréel… se perd Lelandais.
- Véronique a de l’affection pour toi. Qu’est-ce que tu peux lui dire ? Qu’est-ce que tu peux lui donner comme explication vraisemblable ?  
- Je comprends pas, répond Lelandais, comme s’il craignait d’un coup que son avocat le lâche.
- Comment un homme normal a non seulement commis l’acte et est capable d’aller à une soirée ? poursuit Me Jakubowicz.
- J’avais besoin d’eux, se contente l’accusé.
- Madame, demande l’avocat en se tournant vers la barre des témoins, quelle est votre lecture de tout ça ? De ce déphasage ? Tout le monde a en tête ce terme de monstre. C’est quoi la césure, votre lecture à vous ?
- Mon cerveau n’arrive pas à le voir comme il est réellement. Pardon pour mes propos, mais je n’arrive pas à le voir comme un monstre. Quand je parle de lui, c’est Nordahl, que des bons souvenirs avec lui. Mon cerveau a bloqué. On ne passe pas à autre chose quand on vient de tuer une personne.
- Et s’il ne l’était pas, ce monstre ?
- C’est à vous de le prouver, Maître, c’est pas mon métier."