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La voiture à conduite automatisée est en retard, mais elle avance

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Le projet Urbanloop créé par des étudiants en école d'ingénieurs pourrait voir le jour en 2024 à Nancy
Le projet Urbanloop créé par des étudiants en école d'ingénieurs pourrait voir le jour en 2024 à Nancy
© AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Depuis deux ans, on parle moins de la voiture autonome sauf quand il s'agit d'accidents. Mais le véhicule à conduite automatisée n'est pas mort et les expérimentations se poursuivent. Parmi les enjeux toujours d'actualité, les questions de sécurité routière, de responsabilité en cas d'accident ou d'impact social.

Après l'Allemagne et la Commission européenne, la France vient de rendre son rapport sur les enjeux éthiques de la voiture autonome. Le Comité national pilote d'éthique du numérique fait des recommandations. Tout d'abord, ne parlez plus de "voiture autonome" mais de véhicule à conduite automatisée. Quelle différence ? Aucune. Mais l'expression "véhicule autonome" vient de la robotique et crée une ambiguïté susceptible de faire peur ou de créer des malentendus. Cela sous-entendrait en effet que la voiture déciderait de manière autonome, qu'elle choisirait d'elle-même par exemple de renverser telle personne plutôt que telle autre. Les membres du comité d'éthique recommandent donc de changer l'appellation dans les textes réglementaires, et de dire "véhicule à conduite automatisée".

Sujet épineux : le dilemme du choix de la victime 

En cas d'accident inévitable en effet, terrible question : quelle victime choisir ? La voiture ou les piétons qui traversent, les plus vieux ou les plus jeunes ? C'est l'un des points les plus épineux et les plus étudiés. Pour y répondre, faut-il anticiper tous les types de situations, tous les scenarios d'accidents dès la conception du véhicule afin de pouvoir le programmer ? 

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Cela ne résoudra pas les cas de situations inattendues sur la route. De plus, quels critères fournir à l'algorithme pour identifier les personnes ou les objets présents et comment programmer le choix d'action du véhicule ? Le dilemme, c'est une question morale et humaine. Or, un algorithme n'est ni humain, ni moral. D'où la difficulté. 

Aussi révolutionnaire que l'invention de la voiture ?  

Qui veut d'un véhicule à conduite automatisée, qui peut savoir si les changements seront aussi importants que lorsque la voiture a remplacé le cheval par exemple ? Il faudrait s'assurer par exemple que les économies d'énergie promises sont bien au rendez-vous, ou encore que la baisse des morts sur la route est bien réelle, ou bien enfin l'intérêt pour la filière automobile.

Les usagers sont sensibles à l'équité. C'est ce que l'on constate des expériences menées, sur des circuits courts et peu fréquentés, mais aussi des différents débats citoyens notamment. La voiture autonome doit être utile à tous, notamment aux personnes isolées en campagne par exemple. Cela conduit le comité d'éthique à préconiser la consultation des citoyens avant d'introduire ces véhicules. La mise en place d'un plan équitable des infrastructures connectées, la présence d'un accompagnant humain lors du trajet pour les personnes qui en auront besoin, comme les personnes âgées ou handicapées.

Ces recommandations éloignent-elles la perspective de voir ces véhicules arriver rapidement ? 

Il reste encore beaucoup d'obstacles techniques. Mais à la lecture de ce rapport, on sent qu’ils ne sont pas insurmontables. Pouvoir reprendre le contrôle manuel, former les opérateurs à distance pour contrôler des flottes de bus sans conducteur par exemple, c’est possible.

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Concernant la réglementations, les choses avancent également. En attestent deux ordonnances prises le mois dernier. Elles encadrent la collecte de données et la responsabilité pénale. Les données seront anonymisées mais si besoin, des enquêteurs pourront y avoir accès. Et en cas d'accident, le conducteur ne pourra être tenu pour responsable sauf s'il est en mode manuel. Le constructeur devra assumer les dommages.