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"Le cinéma est un moteur de la liberté, l'endroit où l'altérité est reine" : Le Best-of de boomerang

"Le cinéma est un moteur de liberté, l'endroit où l'altérité est reine" - Elisha Karmitz et Gaël Morel dans boomerang cette semaine
"Le cinéma est un moteur de liberté, l'endroit où l'altérité est reine" - Elisha Karmitz et Gaël Morel dans boomerang cette semaine
© Getty - Flashpop

Ne manquez pas les moments forts des entretiens de Boomerang : la chanteuse Hélène Segara, le metteur en scène et directeur artistique belge Ivo Van Hove, l'écrivaine Simone Schwarz-Bart, les cinéastes et frères Karmitz, le réalisateur et comédien Gaël Morel étaient les invités d'Augustin Trapenard.

Retrouvez le mix du best-of de Boomerang réalisé par Anouk Roche

Le best-of de Boomerang du vendredi 21 mai 2021

15 min

Simone Schwarz-Bart

L'écrivaine sera, dès samedi, l’invitée du 30e festival Étonnants Voyageurs. Simone Schwarz-Bart était l'invitée de Boomerang

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SS-B : "La liberté, ça se conquiert, c'est tout simplement une manière d'imposer aux autres ce que l'on est et recevoir également ce qu'ils sont. C'est un échange, la liberté. C'est tout simplement un regard neuf. C'est tout simplement de retirer vos lunettes et de regarder la personne vraiment.

On a envie de raconter les histoires parce qu'elles sont une façon de recoudre le tissu qui a été brisé. Les histoires nous reconnectent avec nous-mêmes. Elles nous pénètrent jusque dans le plus intime de nous-mêmes. C'était, pour moi, tout simplement me réapproprier mon héritage, mon histoire, qu'elle soit visible à moi-même et la transmettre également à mon tour. C'était aussi rendre vivantes toutes ces femmes qui ont été oubliées par l'histoire et qui méritaient tant de faire partie du grand chant du monde". 

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Gaël Morel

GM : "Quand on dit 'lieux de culture', c'est comme simplement dire bonjour et au revoir aujourd'hui. Un lieu de culture, c'est un endroit où il y a des gens qui vivent leur passion et qui ne peuvent pas aller vivre ailleurs. Je pense à toutes ces jeunes filles et ces jeunes garçons qu'on a privés de ces moments-là. C'est très important. Une année, ce n'est pas rien quand on a 18 ans…

Vraiment, je pense que, ce qui me constitue fondamentalement, c'est l'endroit où j'ai grandi et c'est le milieu d'où je viens. Issu d'un milieu ouvrier, on allait au cinéma une fois par an pour récompenser le passage à la classe supérieure. Avec mes parents, on allait voir surtout Superman dans les années 70 et, en vérité, c'est la télé qui m'a vraiment donné le goût du cinéma. On avait le droit de regarder le mardi soir et le vendredi soir, très tard le cinéma de minuit, on pouvait regarder ce qu'on voulait. 

J'ai commencé à faire du cinéma au début des années 90. Venant du milieu ouvrier, je pense que l'obsession de mes parents, c'était de ne pas faire triompher justement le déterminisme social. Ce n'était pas aussi théorique que ça, mais c'était simplement que mon père ne voulait absolument pas que je le remplace à la chaîne, dans l'usine qu'il allait quitter, parce que c'est ce qui se passait par rapport à beaucoup de ses amis.

C'est finalement pas très courant dans le cinéma français. Et, bizarrement, je sens toujours cette différence de classe. On m'a toujours laissé l'idée que je n'étais peut-être pas vraiment à ma place car je n'ai pas suivi le cursus ordinaire [...]

L'homophobie elle commence dans la manière qu'on a de parler de l'homosexualité, par exemple, quand il y a des jeunes qui sont mis à la rue de chez eux parce qu'ils sont homosexuels, on va dire qu'ils sont mis à la rue de chez eux parce qu'ils sont homosexuels. En réalité, ce n'est pas pour ça. Ils sont mis à la rue parce que leurs parents sont homophobes.

Aujourd'hui, on veut se raconter que l'homophobie a disparu, mais en réalité, ce qui a totalement disparu, c'est la parole de ces personnes que j'ai citées. Avant, ils étaient au centre, aujourd'hui, ils sont vraiment à la marge. Et je ne trouve pas, par exemple, que le mariage pour tous a apporté quelque chose de radical dans la lutte contre l'homophobie".

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Hélène Segara

À l'occasion de la sortie de son douzième album "Karma" Hélène Segara était au micro d'Augustin Trapenard. Retrouvez l'intégralité de son entretien

HS : J'étais dans une famille plus que modeste où j'avais zéro optique, zéro option qui s'offrait à moi, notamment pour rencontrer quelqu'un, pour des relations. Je n'avais pas de moyens. Je m'habillais comme un as de pic, je n'avais jamais quitté ma région.

Chez moi, il n'y avait pas de professionnels de la musique, mais on chantait à chaque repas. Dès qu'on avait un repas de famille, ma grand-mère chantait. Mon grand-père écoutait parce qu'il adorait quand ma grand-mère chantait, lui chantait de l'opéra. Chacun poussait sa petite chansonnette. Moi, je chantais ce qui nous tombait sous la main à l'époque. J'essayais de chanter un peu de tout pour faire plaisir à tout le monde.

Ils aimaient tous ma voix. Mon grand-père, sur son lit de mort, m'a dit que c'était un grand bonheur pour lui et qu'il était convaincu qu'il se passerait quelque chose pour moi. J'avais 16 ans. Je ne pouvais pas imaginer qu'il disait vrai. C'était inimaginable. Je vivais dans un rez-de-chaussée de 15 m2 avec mon fils. On crevait la dalle".

Ça a été tellement magnifique de passer de l'ombre à la lumière. Les doutes, c'est peut-être ce qui nous force à aller au bout de nos rêves

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Nathanael Karmitz et Elisha Karmitz

Les deux frères cinéastes mènent le fameux groupe Mk2, devenu un grand symbole du cinéma d'auteur. Alors que le cinéma va progressivement rouvrir ses portes, ils se sont exprimé sur les pouvoir essentiels que véhicule le 7e art dans l'âme humaine. Nathanaël et Elisha Karmitz se sont confiés au micro d'Augustin Trapenard

EK : "Ça repart fort pour le septième art. C'était très plein et très émouvant, d'abord de re-rencontrer notre public, c'était un moment extraordinaire. Je les ai accueillis avec des petits macarons. 

C'est un acte actif de sortir de chez soi et d'aller au cinéma. C'est avant tout une fonction sociale de proximité

L'important, c'est de s'inscrire dans une relation avec ses spectateurs, avec son quartier et donc d'animer, de proposer, de partager et ne surtout pas être un robinet à films.

Il y a un sujet de modèle de société, de modèle pour nos villes, de modèle d'urbanisme, de modèle de diffusion de la culture qui est en jeu autour des lieux de culture en règle générale. 

La digitalisation, ce sont de formidables outils, mais il ne faut surtout pas oublier la vie. Et encore une fois, je pense que cette pandémie nous a plutôt montrés qu'on avait besoin de sortir, besoin des uns des autres, besoin de rire et pleurer ensemble, que c'est cette fonction sociale que ces lieux et ces lieux de culture entretiennent.

Il y a un problème de pouvoir d'achat. On ne peut pas avoir vécu cette crise en ayant vu les images qu'on a vu avec des jeunes qui font la queue, pour pouvoir juste manger et se dire que la place de cinéma est accessible. Mais les jeunes ont cet amour du cinéma. 

La salle de cinéma est d'abord un lieu de confrontation avec l'altérité. C'est quand on va au cinéma qu'on peut se mettre dans la peau de l'autre, qu'on peut se mettre dans des histoires qui ne sont pas les nôtres. 

Ce rapport à l'altérité est essentiel. C'est ça la fonction sociale du cinéma. Le cinéma est un moteur de la liberté. Cette confrontation à l'altérité est un élément qui, par conséquent, crée de la liberté. Ce désir de liberté est une manière de créer une forme de citoyenneté éclairée qui permet de développer l'esprit critique. 

On est passé dans une économie de l'attention et, aujourd'hui, que ce soit le secteur du jeu vidéo ou des réseaux sociaux, tout le monde se bat pour capter l'attention. Nous, on essaie de se battre, pas simplement pour créer de l'addiction à l'attention à nos produits, mais pour que l'accès vers MK2 crée de la curiosité, pouvoir sortir du film, sortir de la bulle, sortir de chez soi. 

C'est en sortant qu'on se crée des moteurs de liberté et que cette liberté est un moteur de démocratie".

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Ivo Van Hove

À l'occasion de sa nouvelle représentation "La ménagerie de verre" à l'Odéon, où une famille dysfonctionnelle est confrontée à son passé, il est venu se confier sur ce que représente à ses yeux la scène de théâtre : 

IVH : "C'était crucial cette reprise. J'étais en Grèce et j'ai aussi visité l'Acropole. C'était quelque chose qui était devenu très important pour moi parce que la politique, la religion, la science, la vie judiciaire, toutes étaient connectées avec la Russie. Et ça, pour moi, c'était une expression de l'importance immense que l'art avait dans le temps des Grecs.

La salle de cinéma est l'endroit où tout le monde se retrouve et l'endroit où tout le monde échange, tout le monde débat

Le théâtre est un des arts le plus important dans le 21e siècle, parce qu'on vit dans un siècle où tout est virtuel. On va aussi au théâtre parce qu'il y a des hommes et des femmes qui sont vivants sur scène. On va hâter cette expérience. Le divertissement, on peut voir ça à la maison, à la télé aussi, avec les ordinateurs. 

On a tout mais le théâtre est quelque chose qui se passe entre deux êtres humains : ce sont des corps qui parlent 

Le théâtre américain parle toujours des tensions de l'individu et de la société. Comment être soi-même dans une société qui veut qu'on s'adapte aux règles de la société ? C'est leur tragédie grecque. C'est la tragédie américaine. C'était un autre temps où on ne pouvait pas être homosexuel dans la vie publique, alors tout était dans le secret".

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Aller plus loin 

🎧  SUIVRE - Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05 

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