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Le Conseil constitutionnel valide le pass vaccinal mais rejette le pass sanitaire pour les meetings politiques

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L'entrée du Conseil constitutionnel à Paris.
L'entrée du Conseil constitutionnel à Paris.
© Maxppp - Julien Mattia / Le Pictorium

Le Conseil constitutionnel a validé vendredi l'essentiel du projet de loi sur le pass vaccinal. Il entrera donc en vigueur lundi. En revanche, les Sages ont censuré la possibilité pour les organisateurs de meetings politiques de demander un pass sanitaire aux participants.

Le gouvernement attendait sa décision. Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la plupart des dispositions du projet de loi instaurant le pass vaccinal, y compris les possibles vérifications d'identité par cafetiers ou restaurateurs, au nom de l'objectif de "protection de la santé" face à l'épidémie de Covid-19. Le projet de loi, adopté définitivement dimanche par le Parlement, va être promulgué et "permettra le plein déploiement du passe vaccinal dès ce lundi 24 janvier comme annoncé par le Premier ministre", a de son côté salué Matignon. 

Il faudra alors pouvoir justifier pour les plus de 16 ans d'un statut vaccinal complet pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé. Une soixantaine de députés de tous bords emmenés par le groupe France insoumise, ainsi que les sénateurs socialistes, avaient saisi le Conseil constitutionnel en dénonçant un dispositif portant atteinte aux libertés fondamentales.

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Les dispositions sur le pass vaccinal "ne sauraient être regardées"

Les Sages notent que les dispositions sur le pass vaccinal "ne sauraient être regardées, eu égard à la nature des lieux et des activités qui y sont exercées, comme instaurant une obligation de vaccination".  Les mesures concernant le pass "doivent être strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus" et "il y est mis fin sans délai lorsqu'elles ne sont plus nécessaires", remarquent-ils aussi, le projet de loi prévoyant une application possible jusqu'au 31 juillet.  

Concernant les vérifications d'identité par les cafetiers, restaurateurs, dans les cinémas ou encore les théâtres en cas de doute sur le détenteur d'un pass, le Conseil estime qu'il ne s'agit pas d'un contrôle de police administrative. "Le refus de la personne de produire" un document officiel comportant sa photo "ne peut avoir pour autre conséquence que l'impossibilité pour elle d'accéder à ce lieu", appuie-t-il. Cette vérification d'identité était particulièrement critiquée par les sénateurs socialistes dans leur saisine. Mais le Conseil constitutionnel émet "une réserve d'interprétation" : la vérification ne pourra se fonder que "sur des critères excluant toute discrimination de quelque nature que ce soit entre les personnes".

Pas de pass sanitaire pour les meetings politiques 

Les Sages, qui avaient été saisis par les oppositions, ont toutefois censuré la possibilité pour les organisateurs de meetings politiques de demander un pass sanitaire aux participants. Les organisateurs pourront cependant prendre "toutes mesures de précaution sanitaire utiles, telles que la limitation du nombre de participants, la distribution de masques ou l'aération des salles", selon un communiqué.

Pour justifier cette censure partielle, le Conseil constitutionnel a relevé que les parlementaires n'ont pas conditionné le pass dans les meetings à la "situation sanitaire". La mesure avait été introduite via un amendement LR en commission à l'Assemblée le 29 décembre dernier, avec le soutien de la majorité.

"La France est officiellement une tyrannie"

Peu de temps après cette validation du pass vaccinal par le Conseil constitutionnel, plusieurs candidats à la présidentielle ont réagi sur les réseaux sociaux. "Élue présidente, je supprimerai le pass vaccinal", réitère ce vendredi après-midi sur Twitter la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen. "Rien ne justifie, sur le plan sanitaire, un dispositif qui porte une telle atteinte aux libertés des Français."   

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"Ce gouvernement ne craint pas la contradiction. Il lève les restrictions sanitaires et au même moment, fait voter le passe vaccinal. Où est la cohérence ?", s'interroge de son côté le candidat écologiste Yannick Jadot.  Enfin, le président des Patriotes, Florian Philippot clame sur Twitter que "La France est officiellement une tyrannie ! Ce Conseil doit disparaître au plus vite pour haute trahison !". Il appelle également à manifester de nouveau ce samedi à 14h à Paris.

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