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Le gouvernement "inutile" dans la campagne des législatives

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A Matignon et dans les ministères, le gouvernement est soumis à une période de réserve
A Matignon et dans les ministères, le gouvernement est soumis à une période de réserve
© AFP - Martin Bertrand / Hans Lucas

Le gouvernement, à peine nommé, déjà muet. Les ministres doivent, depuis lundi, respecter la période de réserve, trois semaines avant le premier tour des législatives. Pour l'instant, l'exécutif apporte peu de choses aux candidats de la majorité.

Pas question de profiter de son statut pour faire campagne. Les ministres doivent respecter, du 23 mai au 19 juin, un devoir de réserve, ne rien annoncer et ne se déplacer qu'en cas d'évènement dans leur secteur (faillite d'entreprise, attentat, incident climatique) ou de rendez-vous immuable, comme le Festival de Cannes pour la ministre de la Culture.

Cette même règle s'est appliquée avant la présidentielle : du 18 mars au 24 avril dernier. Et entre deux, le gouvernement a géré les affaires courantes. Le Premier ministre a attendu, plusieurs jours, avec sa lettre de démission. Jean Castex a, enfin, pu quitter Matignon le lundi 16 mai.

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"On ne fait pas de vague"

Cela fait donc 3 mois, entre le 18 mars et le 19 juin, que le gouvernement se trouve dans l'incertitude, sans Parlement, sans liberté d'action, sans même un coup politique. La nomination d'Elisabeth Borne, puis de son gouvernement, est pour beaucoup passée inaperçue. Selon la dernière enquête Ipsos Sopra Steria pour Le Monde, 38% des Français se disent "indifférents" devant cette nomination.

"Ça n’a eu aucun effet sur le terrain, ni dans un sens, ni dans un autre", admet un député de la majorité, en campagne en Normandie. "A Paris, on ne fait pas de vague, c’est une stratégie qui s’entend", estime une candidate des Hauts-de-France. "Là, faut taper Mélenchon ! Rien ne se passe, pour l'instant, c'est un gouvernement inutile pendant que lui imprime", peste un vieux routier de l’Assemblée, qui ajoute : "On a du bol : à un mois près, on va échapper à la crise du pouvoir d’achat".

Abad "nous a pourri la vie pendant cinq ans, personne ne veut le sauver"

La porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a beau répéter que "le gouvernement est au travail" en pleine préparation du projet de loi pouvoir d'achat. Dans les ministères, on reconnaît, hors micro, que "c'est le temps de la prise de poste, que la période de réserve complique la donne". Le 7 mai, Emmanuel Macron a promis lors de son investiture "un mandat nouveau" et "un président nouveau". "Au final, il reprend la moitié de ses ministres, il n'y aucun effet waouh", se désole un conseiller ministériel. "Même Pap Ndiaye à l'Education, ça n'a pas eu l'écho escompté".

"Et le pire, c'est que maintenant on ne parle du gouvernement que pour évoquer le cas Abad", s'agace un pilier de la majorité. "Faut qu’après le pont de l’Ascension, il soit dehors, surtout qu'il nous a pourri la vie pendant cinq ans à l’Assemblée, personne ne veut le sauver".

Nombreux sont ceux qui attendent, dans la dernière ligne droite, à son retour de Brégançon, une sortie d’Emmanuel Macron sur son plan anti-inflation. Conscients que cette campagne des législatives ne peut être 100% locale, et qu'il est le seul, sans contrainte, dont la parole porte.