Le gouvernement lance la réquisition des grévistes pour débloquer les dépôts de carburant chez ExxonMobil

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Le gouvernement lance la réquisition des grévistes pour débloquer les dépôts de carburant chez ExxonMobil

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Les grévistes de la raffinerie normande d'Esso-ExxonMobil ont reconduit leur mobilisation ce mardi matin
Les grévistes de la raffinerie normande d'Esso-ExxonMobil ont reconduit leur mobilisation ce mardi matin
© AFP - Lou BENOIST

Après l'annonce d'Elisabeth Borne ce mardi à l'Assemblée nationale, les réquisitions seront effectives ce mercredi après-midi au dépôt ExxonMobil de Port-Jérôme en Seine-Maritime, indique la préfecture.

La préfecture de Seine-Maritime va signer l'arrêté de réquisition des personnels indispensables au fonctionnement du dépôt d'ExxonMobil à Port-Jérôme (Seine-Maritime), ce mercredi après-midi, a-t-elle indiqué à France Bleu Normandie. S'il est notifié aux salariés en question dans la journée, il pourra éventuellement prendre effet dès ce mercredi.

Les grévistes utiles au fonctionnement des cuves de carburant seront donc contraints de travailler, sous peine de sanctions pénales. Techniquement, le redémarrage devrait être immédiat car assez simple, puisqu'il suffira d'ouvrir les vannes pour les camions. Cette réquisition ne concerne pas les opérations de la raffinerie et donc la production de carburant.

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Le porte parole du gouvernement a indiqué que "d'autres réquisitions n'étaient pas à exclure" si les blocages se poursuivaient, notamment au centre de dépôt Flandres (Nord), de TotalEnergies, près de Dunkerque. Le secrétaire fédéral à la Fédéchimie FO Jean-François Vapillon, a indiqué que son syndicat "déposera des plaintes partout où il y aura des réquisitions". FO rejoint d'ailleurs le mouvement de grève. L'organisation syndicale non représentative au niveau du groupe mais quatrième force dans la branche raffinage-pétrochimie, déplore notamment la décision du gouvernement de procéder à des réquisitions de grévistes.

La grève se poursuit

Avant l'aube mercredi, à la raffinerie Esso-ExxonMobil de Gravenchon, une cinquantaine de salariés grévistes ont voté à main levée la poursuite de la grève, au pied de l'usine, où des palettes brûlent et sans présence policière alentour, a constaté l'AFP. La grève se poursuit aussi à la raffinerie Esso de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), a constaté l'AFP, mais aucune réquisition n'a été reçue. Aucun carburant n'est sorti d'ici depuis le 21 septembre.

Au total, six des sept raffineries de France sont en grève mercredi pour réclamer une hausse de salaires. Il s'agit des quatre de TotalEnergies et les deux d'Esso-ExxonMobil. Seule celle de Lavéra (groupe Petroineos) n'est pas bloquée. La CGT de TotalEnergies réclame 10% d'augmentation sur les salaires pour 2022, contre les 3,5% obtenus en début d'année.

Faute d'approvisionnement, près de 30% des stations-service étaient à sec en France, mardi soir. Le ministère a indiqué qu'un autre arrêté de réquisition serait activé pour le dépôt de carburant TotalEnergies près de Dunkerque, si la grève s'y poursuivait.