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Le gouvernement va redémarrer la centrale à charbon de Saint-Avold en Moselle

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Une photo aérienne de la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle).
Une photo aérienne de la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle).
© AFP - Thierry Grun

Le ministère de la Transition énergétique le confirme, la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle) sera relancée l'hiver prochain "à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne" et contraint par la faiblesse du réseau électrique.

Redémarrer une centrale à charbon pour pallier une possible pénurie n’est plus seulement une piste de réflexion. Le gouvernement a acté la reprise du service de la centrale mosellane de Saint-Avold, fermée le 31 mars dernier après 71 ans d’activité. Elle devrait rouvrir "à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne". Les anciens salariés vont tous être rappelés.

Près de la moitié des centrales nucléaires à l'arrêt

"Nous nous gardons la possibilité de pouvoir faire fonctionner la centrale de Saint-Avold quelques heures de plus si nous en avons besoin l'hiver prochain" peut-on lire dans le communiqué du ministère de la Transition énergétique.

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Le gouvernement avait émis la possibilité de redémarrer ponctuellement la centrale en cas de besoin en électricité, lié à la guerre en Ukraine et aux difficultés du parc nucléaire d’EDF, près de la moitié des centrales sont à l’arrêt. Cette reprise sera temporaire assure le gouvernement, qui rappelle qu’il ne s’agit pas d’une remise en cause de l'engagement d'Emmanuel Macron de fermer l'ensemble des centrales à charbon françaises.

Une centaine d'employés à rappeler

Un décret sera mis en consultation pour organiser la reprise d’activité. Le ministère de la Transition énergétique évoque des "contreparties environnementales" car ce redémarrage doit être neutre pour l'environnement, l'exploitant s'engageant sur "des projets de reforestation par exemple", selon le ministère. Cette réouverture entre dans l’article 13 du futur projet de loi pouvoir d’achat. Le texte doit être présenté début juillet en conseil des ministres.

87 salariés de la centrale à charbon travaillaient sur le site quand elle a fermé en mars dernier. Pour la rouvrir, d’anciens salariés pourraient être réembauchés, des retraités et des sous-traitants. Ils reviendront en CDD. Il faut environ 70 employés pour faire tourner la centrale. "Certains vont revenir sans problème, d'autres vont regarder les conditions d'organisation, comment le travail est reparti" explique Jean-Pierre Damm, syndicaliste chez Force Ouvrière, joint par France Inter. Le retour de ses salariés se fera bien à la rentrée, le temps de vérifier les installations et mener des opérations de maintenance.

Relancer et tester les machines

David George, l'un des cadres de l'entreprise, ajoute à France Inter : "On va devoir rattraper tout le retard depuis deux ou trois ans, car on se disait avant la fermeture qu'on n'allait pas tout réparer" sachant bien que la fermeture de la centrale était prévue pour le 1er avril 2022. "On nous demande au mois de juin d'être présent avant le prochain épisode, alors que ce sont des révisions qui se préparent 18 mois à l'avance" regrette cet ancien salarié.

En mars dernier, "on a arrêté l'installation avec une mise en sécurité, il n'y a pas eu de démantèlement, on la conserve en plein état fonctionnel si besoin", explique de son côté à l'AFP Thomas About, qui travaillait à la centrale de Saint-Avold depuis 2009 et est actuellement en congé de reclassement.

1% de l'électricité produite en France

"Nous allons par mesure de précaution être en capacité d'utiliser ces centrales à charbon si nous devons faire face à un pic", avait prévenu jeudi la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Elle précisé que le charbon représente moins de 1% de l’électricité produite en France.

Les centrales à charbon sont très polluantes à cause des émissions de C02. Selon le GIEC , elles émettent 68 fois plus de CO2 que les centrales nucléaires pour produire de l'électricité. "Cela révèle un manque d'anticipation globale de la politique énergétique française"  clame Zélie Victor, responsable "transition énergétique" au Réseau Action Climat.. "On a déjà dû faire appel un peu plus à du charbon cette année. On aurait du anticiper et activer d'autres leviers comme avec les énergies renouvelables et les rénovations de bâtiments." Aujourd'hui, une seule centrale fonctionne dans l’Hexagone, à Cordemais, en Loire-Atlantique.