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"Le manque fait savourer" - Le Best-of de Boomerang

"Le manque fait savourer" - L'écrivaine Claudie Gallay dans Boomerang
"Le manque fait savourer" - L'écrivaine Claudie Gallay dans Boomerang
© Getty - Indiapicture

Ne manquez pas de réécouter les plus beaux moments des entretiens d'Augustin Trapenard cette semaine : le philosophe et physicien Etienne Klein, la chanteuse Hoshi, le politologue et historien Patrick Weil, l'humoriste Élodie Poux et l'écrivaine Claudie Gallay étaient au micro de Boomerang.

Voici le mix du Best-of de Boomerang que Anouk Roche a réalisé rien que pour vous : 

Le best-of de Boomerang du vendredi 30 avril 2021

14 min

Etienne Klein

Le physicien vient de faire paraître Idées de génie et La physique selon Etienne Klein chez Flammarion. Retrouvez l'entretien de Etienne Klein dans Boomerang :

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"C'est cette tension entre la liberté et la contrainte que je trouve féconde d'un point de vue existentiel. C'est un peu comme pour la montagne, qui est aussi un monde de contraintes. On ne fait pas ce qu'on veut en montagne et, en même temps, on se sent libre [...]

Le paradoxe, c'est quand même le combustible de la pensée. C'est ce qui fait que l'on l'accepte parce qu'on est obligé de réfléchir, de remettre en cause ce qu'on pense et remettre en cause ce qu'on pense, c'est très exactement penser !

La Terre est bien la seule planète qui soit là où nous sommes, ce qui fait d'elle notre archi-foyer

Nous avons une mauvaise connaissance de nos connaissances. Nous ne savons pas dire comment ces connaissances sont devenues des connaissances dans l'histoire des idées. Par exemple, tout le monde sait que la terre est ronde, mais peu savent dire comment on a su qu'elle était ronde, qui l'a su, avec quels arguments, quand ? quels étaient les arguments de ceux qui pensaient qu'elle était plate ? etc. Comme nous ne savons pas d'où elles viennent, comment elles ont été établies, nous les considérons un peu comme des croyances qui peuvent être contestées par d'autres croyances [...]

Un des problèmes que la pandémie a montré de façon très claire, mais qui existait avant, c'est que dans les mêmes canaux de communication, circulent des connaissances scientifiques, ou autres croyances, des commentaires, des opinions, des bobards et leurs statuts respectifs qui sont très différents, se contaminent. 

Quand on a affaire à une connaissance, on se demande si ce n'est pas la croyance d'une communauté particulière. Quand on a affaire à une croyance, on se demande si ce n'est pas une connaissance qui aurait été abusivement méprisée. Il y a certaines opinions qui font autorité, d'autres non. Je pense que ça crée une confusion générale dont j'espère que nous apprendrons collectivement à sortir".

CARTE BLANCHE - Etienne Klein : "Notre Terre qui êtes ici…"

Hoshi

La chanteuse va sortir en juin Etoile Flippante, une réédition augmentée de son deuxième album Sommeil levant. Retrouvez son entretient au micro d'Augustin Trapenard : 

Hoshi : "Sur scène, c'est l'endroit où je me sens le mieux. Je me sens en sécurité parce que je vois mon public, ce sont des gens sains. Il y a une espèce d'osmose qui se crée et j'avoue que je me sens vraiment bien !

J'ai des chansons comme Amour censure qui prônent l'amour pour tous. Et du coup, je pense que ça attire forcément des gens qui sont aussi pour cet amour pour tous. 

J'ai encore un vertige, je prend plaisir, mais je m'y ferais jamais. J'adore mais du coup, ça me dépasse complètement. Sur scène, je n'ai pas peur des gens, je n'ai pas le trac. Mais ça m'arrive de me dire qu'il y a un truc qui se passe. C'est beau et c'est la connexion avec le public qui fait que je réalise que je suis sur scène. Au moment où je vois les gens". 

J'ai besoin de voir les gens, c'est un besoin vital. Je regarde les yeux des gens 

CARTE BLANCHE - Quand Hoshi reprend "Respire", le titre de Mickey 3D

Patrick Weil

L'historien spécialiste des question d'immigration, de citoyenneté et d'identité vient de sortir son livre De la laïcité en France. Réécoutez son entretien dans Boomerang :

"Le principe de laïcité a remplacé le principe de catholicité. C'est la loi de 1905. C'est une loi de liberté. D'abord, liberté de l'individu, de croire ou de ne pas croire sans pression, ou de manifester sa foi s'il est autorisé à le faire également sans pression. C'est aussi la possibilité, pour les religions, de s'organiser et de le faire, là aussi, sans pression, mais sans faire elle-même pression sur les citoyens qui ne partagent pas la foi. C'est une loi de liberté. Et quand je rajoute sans pression, c'est que chacune des libertés est garantie par des dispositions pénales. Si la pression s'exerce, elle se traduit par des poursuites judiciaires et des condamnations. Et c'est cette dimension-là, pénale de la loi, qui est la garantie de chaque liberté, qui a été totalement zappée par ceux qui parlent de laïcité jusqu'à aujourd'hui…

Je pense que le travail d'histoire n'a pas été suffisamment bien fait sur ce qui a amené la transformation du pays dans l'après-guerre

Il y a des Français qui se disent aujourd'hui ne pas reconnaître le pays dans lequel ils sont nés. Il y a d'autres Français qui se disent "Je suis Français, mais on ne me reconnait pas comme tel, on me désigne autrement. Il faut mettre ces gens ensemble, il faut partager les histoires de Français.e.s. Il faut faire que les anciens confrontent leurs mémoires avec le travail des historiens. 

C'est le travail de l'historien qui manque

CARTE BLANCHE - Patrick Weil de Bibliothèques sans frontières : "Le livre papier garantit mieux la liberté"

Élodie Poux

Prochainement sur scène pour son spectacle Le syndrome du Papillon l'humoriste nous fait patienter avec son livre Les minutes non éducatives d’Elodie Poux. Elle s'est confiée au micro d'Augustin Trapenard

"Même si je suis très très heureuse d'être ici, de faire des blagues dans la TSF, jouer sur scène me manque énormément ! Ça me manque tellement que, des fois, je joue dans ma salle de bains sans le public, où personne ne rigole et il y a de l'écho ! Ça me rappelle quand je jouais pour les comités d'entreprises, où tout le monde est bourré, que personne n'écoute, que le repas c'est un plateau de crudités qui n'a pas fini de décongeler, et le régisseur, un employé municipal qui s'y connaît autant en spectacle que moi en physique quantique. Même ça, ça me manque…

L'humour, c'est un truc dans l'esprit qui fait que, au bout d'un moment, on vrille et on n'est plus du tout soi-même

On est cette personne-là et alors il peut se passer n'importe quoi, on peut te poser n'importe quelle question, tu répondras au travers de cette personne-là parce que tu n'es plus toi-même. Ce sont des mélanges de plein de personnes. Par exemple, si j'imite une maman, eh bien j'imite en réalité 24 mamans dans la même personne, avec la tronche de l'une, les mimiques de l'autre, les expressions d'une troisième".

CARTE BLANCHE - "La scène me manque tellement que je joue dans ma salle de bain"

Claudie Gallay

L'écrivaine fait paraître son tout nouveau livre Avant l’été. Voici son entretien dans Boomerang :

"Le manque, c'est l'envie et, là, je manque de tout…

Le manque fait savourer

Je manque d'embrasser les gens. Je manque de boire un café en terrasse et je manque de mouvement. Je manque d'aller voir. J'ai des rêves et les rêves, ils sont exacerbés parce que, justement, je ne peux pas faire… 

Quand je pense au mot "contrainte", moi, ce qui me vient, c'est la contrainte du sujet. Je voudrais me libérer de ça, être capable d'écrire sans me dire au départ quel sujet je choisis, sur quoi j'écris, sur quoi je pars. Je me sens toujours avec des semelles de plomb, et me demande ce que je vais raconter. 

C'est la liberté qui me contraint 

J'aime bien les failles. Les gens heureux m'intéressent pas tant que ça. J'aime les fragilités chez les gens.

Un écrivain, c'est quelqu'un, peut-être, qui fait un pas de côté, qui a besoin de plus. Il n'est peut être pas suffisamment à l'aise dans la vraie vie, alors il s'en rajoute un peu et un peu. Peut-être aussi que le temps passe vite. On a très peu de temps, pour vivre et l'écriture ça vous met une sacrée épaisseur. Vous vous en inventez une couche et une encore une autre couche ! Et, finalement, ces années de vie, elles prennent une autre dimension. C'est peut-être pour ça qu'on écrit".

Aller plus loin

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