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Le ministre de l'Education nationale promet 2000 euros net par mois pour les enseignants débutants en 2023

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Le ministre Pap Ndiaye, après un conseil des ministres, le 14 juin 2022.
Le ministre Pap Ndiaye, après un conseil des ministres, le 14 juin 2022.
© AFP - Xose Bouzas

Dans un entretien au Parisien, le ministre de l’Éducation nationale affirme que les professeurs en tout début de carrière gagneront au moins 2000 euros net mensuels. La mesure entrera en vigueur l’an prochain.

Le Président Emmanuel Macron et l’ancien ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer en avait fait une promesse. Le salaire des enseignants débutants va augmenter à partir de 2023, pour rendre le métier plus attractif. Le nouveau ministre Pap Ndiaye l’annonce dans une interview au journal Le Parisien. Les professeurs débutants gagneront au minimum 2.000 euros net par mois.

"La hausse de rémunération sera composée de deux parts. La première sera non conditionnée et s’appliquera à tous les enseignants. Ce qui implique de passer le salaire de départ des jeunes au-dessus des 2000 euros net", à partir de 2023 explique le locataire de la rue de Grenelle. "Par ailleurs, nous mettrons en place une part salariale conditionnée à des tâches nouvelles. Il s’agit de mieux rémunérer les enseignants, et d’ajouter un bonus pour ceux qui voudront aller plus loin." En revanche, il ne donne pas de précision supplémentaire concernant les tâches évoquées.

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1.640 euros par mois pour une première année titulaire

Le salaire d’un tout jeune enseignant ne dépasse pas les 1.500 euros. Pour sa première année de titularisation, le bulletin de paie monte à 1.640 euros d'après le site de l'Education nationale. En France, les conditions de rémunération des enseignants en début de carrière font partie des plus faibles en Europe. Dans son rapport "Crise d'attractivité du métier d'enseignant : quelles réponses des pays européens ?", le sénateur Gérard Longuet affirme que le pays propose une rémunération "largement en deçà de la moyenne de l’OCDE et de la plupart de ses voisins". Dans une étude parue en septembre 2021, l’OCDE constatait que les salaires des enseignants en milieu de carrière avaient stagné en France entre 2010 et 2020.

Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale su Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, cette annonce va "dans le bon sens pour les débutants". "Mais comme il ne donne pas de précisions pour les suites de la carrière, ça donne l'impression un peu qu'il construit un escalier en s'arrêtant à la première marche", estime-t-elle à l'AFP. Stéphane Crochet, du SE-Unsa salue "un bon changement de cap quand on voit les données de l'équation", dans "un état de forte crispation dans l'Education nationale et dans une situation politique plus qu'incertaine" mais regrette qu'il "n'en dit pas assez" sur les rémunérations.

Interrogé sur France Inter quelques jours avant le second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron avait promis une revalorisation "autour de 10%" en 2023 et sans condition du salaire des enseignants. Il souhaitait notamment "augmenter beaucoup plus substantiellement" les rémunérations des enseignants "qui s'engagent, qui adhèrent à ce pacte que j'évoquais". Dans son programme de candidat, Emmanuel Macron comptait proposer des rémunérations conditionnées à l'acceptation de "nouvelles missions". Par ailleurs, au Parisien, le ministre de l’Education nationale promet également qu’il "y aura un prof devant chaque classe à la rentrée".