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"Le mot récidive, personne n’a envie de l’entendre" : un taux important de rechute après un cancer du sein

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Tous les spécialistes du cancer du sein recommandent des examens réguliers après un premier cancer [photo d'illustration].
Tous les spécialistes du cancer du sein recommandent des examens réguliers après un premier cancer [photo d'illustration].
© Getty

Octobre rose, la grande campagne de sensibilisation et de dépistage du cancer du sein, débute samedi. En France, 60.000 femmes sont frappées par cette maladie chaque année. Dans 15 à 20% des cas, elles vont faire une rechute dans les dix ans après l’apparition de leur cancer.

Marie a eu un cancer du sein dit triple négatif, l’un des plus agressifs, il y a un an et demi. Un choc pour cette femme de 35 ans. Mais au bout de huit mois de chimiothérapie, d’une mastectomie du sein gauche, elle a pu toucher du doigt la guérison. Elle a passé plusieurs scanners qui confirmaient cette bonne tendance. Mais quelques mois plus tard, elle fait une rechute.

"Je me suis dit : 'c’est bon, mon cancer est derrière moi'. Dans ma tête, je suis guérie, c’est bon. Je serai certes surveillée régulièrement mais ce n’est que de la routine et voilà, c’est derrière moi, tout va bien", explique cette mère de deux enfants. "Le mot récidive, personne n’a envie de l’entendre", poursuit-elle. "Si déjà avec tout ce que j’ai eu, les chimiothérapies, la radiothérapie, l’opération, on me dit qu’il y a une récidive parce que ça circule encore dans mon corps, je me dis que ce n’est pas possible. Qu’est-ce qui va faire que je vais encore rester sur cette terre ?"

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"Il faut savoir se battre, il faut se relever"

Dans le déni total, Marie n’arrivait pas à croire son médecin. "Et puis, au bout de deux, trois jours, j’ai réussi à prendre conscience et je me suis dit : 'il faut repartir, alors on repart !' Il faut vraiment que le mental suive et être bien entourée aussi. J’ai deux enfants petits encore, c’est aussi pour leur montrer que même s'il peut vous arriver la pire chose au monde, il faut savoir se battre, il faut se relever. Je suis encore là, je suis pleine d’espoir. Je sais que ça va aller."

Un bon diagnostic initial permet d’éviter les récidives

Depuis plusieurs années, de nombreux médecins et chercheurs étudient ces phénomènes de rechute à l’Institut Curie, à Paris. Justement, comment expliquer ces récidives ? Ce sont en fait quelques cellules cancéreuses qu’on ne peut pas déceler et qui vont se faire oublier. Cette phase est appelée la dormance cellulaire. Ces cellules vont rester là pendant un certain temps avant de se réveiller ou de réapparaître dans un autre organe.

"La meilleure prévention, c’est le bon traitement", assure Paul Cottu, oncologue médical à l’Institut Curie. "C’est la bonne évaluation du diagnostic initial et l’adaptation des traitements, que ce soit la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie, à la situation du diagnostic initial. Et c’est vraiment ça qui fait la bonne prévention de la rechute."

Tous les spécialistes du cancer du sein soulignent aussi l’importance de la surveillance et du suivi : une mammographie annuelle et des examens cliniques réguliers. Il existe enfin un seul comportement dont l’efficacité a été démontrée par des chercheurs pour prévenir ces récidives : l’activité physique régulière.