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Le nombre de morts liés à la pollution de l'air a baissé en France grâce au premier confinement

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Selon Santé Publique France, la pollution continue d'être un problème de santé publique en France.
Selon Santé Publique France, la pollution continue d'être un problème de santé publique en France.
© Maxppp - IP3 PRESS/MAXPPP

Lors du premier confinement en 2020, la pollution de l'air a baissé en France, selon Santé Publique France qui publie ce mercredi une nouvelle étude. Une baisse qui a eu un impact sur le nombre de morts liés à la pollution atmosphérique : -2 300 décès liés aux particules ambiantes et -1 200 liés au dioxyde d'azote.

Le confinement au printemps 2020 a permis d'éviter 2 300 décès liés aux particules ambiantes (qui regroupent les particules fines mais pas seulement) et 1 200 décès liés au dioxyde d'azote (dû principalement au trafic routier). C'est ce que révèle ce mercredi une étude de Santé Publique France.

Du 16 mars au 11 mai 2020, l'interruption massive des activités humaines a donc eu des conséquences positives sur la santé des Français. Elle a notamment montré que quand la pollution de l'air diminue, le nombre de morts baisse aussi. Des estimations qui confirment - selon Santé Publique France - l'importance de poursuivre les efforts pour réduire la pollution atmosphérique.

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Une baisse de la pollution atmosphérique principalement constatée dans les grandes agglomérations.
Une baisse de la pollution atmosphérique principalement constatée dans les grandes agglomérations.
© Radio France - Santé Publique France

Cette baisse de la pollution atmosphérique est surtout visible dans les grandes agglomérations françaises. Dans ces zones, le dioxyde d'azote a chuté de moitié (-50%) pendant le premier confinement. Pour les particules ambiantes c'est un peu moins :- 15%, explique Sylvia Medina, coordinatrice du programme de surveillance air et santé à Santé Publique France. "Certes, il y a eu des réductions d'émissions industrielles et du trafic qui affectent les particules mais comme d'autres sources de particules - que sont le chauffage  résidentiel ou le chauffage au bois au début de l'épidémie et puis les épandages agricoles au printemps - ont été émises, on a donc observé des baisses plus modérées pour ces polluants par rapport au dioxyde d'azote, de l'ordre de 15% dans les grandes agglomérations."

Pour Sébastien Denys, directeur santé, environnement, travail à Santé Publique France, les résultats obtenus pendant le premier confinement doivent être une source de réflexion pour la suite. "Évidemment, les conditions de confinement ne sont pas des conditions souhaitables pour améliorer cette qualité de l'air mais il est nécessaire d'utiliser ces résultats pour pousser la réflexion sur les modalités qui permettent d'arriver à des diminutions durables sur la qualité de l'air, comme par exemple les émissions industrielles et le trafic automobile." 

Car pour Santé Publique France, la pollution continue d'être un problème de santé publique en France. Les mesures prises pendant premier confinement montrent que le contrôle des facteurs environnementaux peut avoir un impact significatif en terme de préservation de la santé de la population française. 

Moins de morts en France liés à la pollution atmosphérique entre 2007 et 2019

En 2016, dans une précédente étude qui portait sur la période 2007-2008, Santé Publique France parlait de 48 000 morts par an. Aujourd'hui, dans sa nouvelle étude qui porte sur la période 2016-2019, elle déplore  40 000 morts. Soit, d'après les estimations, 8 000 morts de moins. Une bonne nouvelle mais ce n'est pas suffisant, aux yeux de Sylvia Medina. "Cette baisse peut s'expliquer d'abord parce qu'entre 2007 et 2019 il y a eu une certaine baisse des concentrations de polluants de l'air et nous nous en félicitons. Il n'empêche que les concentrations actuelles ont tout de même un impact significatif sur la santé. 40 000 décès, c'est 40 000 décès.

Et Sylvia Medina de poursuivre : "La différence vient aussi et peut-être surtout du fait que les modèles utilisés pour estimer l'exposition des populations étaient moins perfectionnés à l'époque qu'aujourd'hui. On va dans le bon sens mais les résultats montrent qu'il y a encore un problème de santé publique aujourd'hui en France lié à la pollution__."