Le nucléaire revient à la mode dans les discours, et cela inquiète ses opposants

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Le nucléaire revient à la mode dans les discours, et cela inquiète ses opposants

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Des manifestants anti-nucléaire dans une manifestation en mars 2021
Des manifestants anti-nucléaire dans une manifestation en mars 2021
© AFP - Estelle Ruiz / Hans Lucas

À quelques mois de l'élection présidentielle, rares sont les candidats à s'opposer au nucléaire en France. La tendance est même inverse : beaucoup, Emmanuel Macron en tête, ont une posture pro-nucléaire en pleine crise du coût de l'énergie et du réchauffement climatique. Caricatural, pour les anti-nucléaires.

Emmanuel Macron doit dévoiler ce mardi les grands investissements d'avenir pour relancer (et décarboner) l'économie française. Parmi ces annonces, des financements supplémentaires pour l'innovation dans les énergies renouvelables... mais aussi pour la filière nucléaire. À six mois de l'élection présidentielle, et en pleine crise sur le coût de l'énergie, Emmanuel Macron n'hésite pas à assumer une position pro-nucléaire, comme d'ailleurs beaucoup de candidats déclarés (Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon font figure d'exceptions sur cette question).

Le nucléaire vu sous un seul angle

Tous expliquent que le nucléaire est une énergie bas carbone, bonne pour le climat et qu'en pleine crise sur le coût de l'énergie, c'est un pilier de la souveraineté énergétique de la France.

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Ces arguments des défenseurs de l'atome ne sont pas nouveaux, mais il sont martelés en ce moment. Un raisonnement unidimensionnel, d'après Yves Marignac, expert en énergie et porte-parole de l'association Negawatt (qui défend un scénario 100%  énergies renouvelables pour la France).

"L'argument climatique et le débat sur cette urgence ont réduit toute la question nucléaire à cette capacité de produire sans carbone... En occultant complètement d'autres dimensions, tels que les risques et les déchets", explique-t-il à France Inter. Il y voit aussi "un vieux réflexe, hérité de la période gaullienne, de rapport entre ce recours au nucléaire et une forme de souveraineté".

Le contre-exemple de l'EPR

Plus catégorique, Charlotte Mijeon, de l'association "Sortir du nucléaire", estime que ceux qui défendent l'industrie de l'atome comme une filière d'excellence ont la mémoire courte : "Il y a une surenchère de la part de quasiment tous les candidats... Comme s'il y avait une amnésie collective, un aveuglement sur le fiasco que constitue actuellement le chantier de l'EPR, avec ses 11 ans de retard et ses coûts multipliés par quatre."

D'après l'association "Sortir du nucléaire", pour réduire à court terme les émissions de CO2, il faut miser sur les énergies renouvelables, et pas sur de nouveaux EPR ou mini réacteurs, dont la construction pourrait prendre des années.