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"Le peuple loup", un film "beau comme une légende celte dont la philosophie resterait terriblement actuelle"

Le peuple loup
Le peuple loup
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Chaque vendredi, la bande de "Grand bien vous fasse" partage ses coups de cœur. Mathieu Bisson nous conseille cette semaine un film d'animation à voir en famille, actuellement en salle : "Le peuple loup".

"Bienvenue à Kilkenny, en Irlande, en 1650, où vient d'arriver avec son père, la jeune Robyn Goodfellow. Elle a 11 ans, les cheveux blonds et le caractère bien trempé. Mais ce dont rêve cette Robyn des bois d'un autre genre, c'est de pouvoir imiter son chasseur de père, de lui prouver sa valeur en tirant les loups avec son arbalète et son faucon Merlin. 

Lorsqu'elle se fait prendre dans un piège et qu'une de ces louves vient justement la libérer en mordant la corde, Robyn va découvrir l'existence des "wolf walkers", des êtres capables de se changer en loup durant leur sommeil. La morsure accidentelle qu'elle reçoit de cette louve va la transformer elle-même en "wolf walker", pourchassée par les habitants du village - et par son père en particulier.

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Le peuple loup, c'est l'un de ces films d'animation qu'on a envie de voir et revoir sans jamais se lasser.

Une espèce d'aventure enchanteresse, mâtinée de fantaisie, dont l'allure graphique rappelle d'ailleurs autant les gravures de Klimt que les productions de Miyazaki, Princesse Mononoké en particulier. 

C'est beau comme une légende celte tirée du fond des âges, mais une légende celte dont la philosophie resterait terriblement actuelle.

Parce que, comme bien souvent, les fauves ne sont pas vraiment ceux que l'on croit. Et le loup n'est ici rien d'autre que l'instrument du pouvoir pour désigner l'ennemi et justifier sa férule. Aux aplats anguleux de la ville répond la rondeur et la profondeur de cette forêt qu'on cherche à détruire. À défaut de pouvoir la soumettre. 

C'est un film qui parle de la chasse quand elle prend le goût du sang, la chasse quand elle ne régule rien d'autre que l'envie de tuer des hommes. Et au moment où la forêt brûle, il n'y a bien que les loups pour s'en préoccuper.

On loue généralement et souvent à raison, jusque dans cette émission, les grands films d'animation américains ou japonais. Mais "Le peuple loup" vient nous rappeler aussi l'extraordinaire qualité des studios européens. Ce film est une coproduction entre l'Irlande, la France et le Luxembourg. 

Alors je vous propose de profiter de l'automne, de plonger dans la forêt - mais ne succombez pas à la peur du grand méchant loup."

La place de l'homme dans la nature

Le Peuple loup est le troisième long-métrage de Tomm Moore. C'est aussi le dernier volet, avec Brendan et le secret de Kells et Le Chant de la mer, d'un triptyque sur le folklore irlandais mais aussi sur les liens entre l'homme et son environnement : 

Il peut être bon de prendre conscience [que la nature] n’est pas juste cette chose bienveillante et douce, mais aussi une force impressionnante, puissante et sauvage. Elle est capable de bien des choses que beaucoup ignorent.

Tomm Moore a co-signé ce film avec un autre réalisateur : Ross Stewart. Ce dernier travaille dans l’animation depuis plus de vingt ans en tant que peintre, illustrateur et concepteur. Il a été directeur artistique et artiste concepteur sur les deux précédents opus du triptyque.